four

four

nom, masculin, /fuʁ/

Définitions

  1. Appareil ou compartiment clos destiné à cuire les aliments par une chaleur concentrée.

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  2. Installation industrielle destinée à chauffer des matériaux à très haute température.

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  3. Fig. Fam. Échec total d'un spectacle ou d'une entreprise.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (9 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Anciennement, nom, à Paris, de lieux servant à enfermer les gens sans aveu qui battaient le pavé et qui, une fois enfermés, étaient enrôlés de force : ces fours, de l'invention de M. d'Argenson, étaient en très grand nombre.

    Je me donne au diable, il me prend envie de faire un four de notre appartement ; autant de gens qu'il y viendra, je vous les enrôle — Dancourt (1661-1725)

Étymologie : Four est ici l'analogue de four dans Four-l'Évêque, Four-aux-Dames. Ces fours étaient des prisons annexées à certains tribunaux ; le nom en vient de forum, tribunal.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Ouvrage de maçonnerie rond et voûté, où l'on fait cuire le pain. Chauffer le four. Four banal, four auquel les habitants d'une certaine circonscription étaient obligés d'envoyer cuire leur pain sans pouvoir le faire cuire chez eux. Donner le four trop chaud à du pain, à de la pâtisserie, mettre cuire le pain ou la pâtisserie dans un four trop chauffé. Four de campagne, four portatif. En un autre sens. Four de campagne, ustensile de ménage, espèce de couvercle en tôle, à double rebord, dont l'un, plus creux, emboîte le plat, et dont l'autre reçoit des charbons allumés ; ce couvercle se met sur les casseroles ou plats de cuivre pour les envelopper de chaleur comme dans un four. Pièce de four, gâteau et autre pièce de pâtisserie cuite au four. Petits fours, sorte de petite pâtisserie légère pour desserts, pour soirées, etc. Familièrement. Il y fait chaud comme dans un four, et, absolument, c'est un véritable four, se dit d'un endroit où il fait une très grande chaleur. Il y fait noir comme dans un four, on y voit comme dans un four, se dit d'un lieu très obscur. Elle est grande comme un four, se dit d'une bouche très fendue.

    Chaque jour il allait visiter les fours, goûter le pain, et s'assurer de la régularité de toutes les distributions — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

    Du laitage, quelque pièce de four — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. L'endroit où est le four. Aller au four.

  3. Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, etc. Four à poulet, endroit clos où l'on entretient une température constante, suffisante pour faire éclore les œufs.

    J'ai vu les pyramides et n'en ai point été émerveillé ; j'aime mieux les fours à poulets, dont l'invention est, dit-on, aussi ancienne que les pyramides — Voltaire (1694-1778)

  4. Coffre en tôle fermé par une porte, placé au-dessus du foyer d'un poêle.

  5. Cul de four, espèce de voûte cintrée en élévation dont le plan est ovale ou circulaire.

  6. Fours à cristaux, cavités tapissées de cristal de roche, dans les Alpes.

  7. Ancien terme de marine.

    Petit retranchement fait en arrière de la soute aux poudres, et justement dans les façons qui sont formées par les fourcats, — Auguste Jal (1795-1873)

  8. Terme de théâtre. Faire four, se disait des comédiens qui refusaient de jouer et renvoyaient les spectateurs quand la recette ne couvrait pas les frais. Aujourd'hui, se dit d'un comédien ou de tout autre qui échoue, d'un livre, d'une entreprise qui ne réussit pas. On dit dans le même sens : C'est un four ; on ne s'attendait pas à un four aussi complet.

  9. Four s'est dit aussi des loges du cintre d'un théâtre, qui ont en effet la forme d'un four.

Étymologie : Bourguign. for ; normand, foui (Orne) ; provenç. forn ; espagn. horno ; ital. forno ; du latin furnus, que les étymologistes rapprochent de formus, chaud, du grec θερμὸς, et du sanscrit gharma.

Historique : XIe s. Les treis enfanz tout en un forn ardent XIIIe s. Fours, quant il vient en pris, doit estre prisiés en le [la] maniere que nos deismes dessus des edefices ; car c'est edefices XIVe s. [Il] Mina moult fierement le mur anciseour [ancien], Qu'un trou y fist plus grant que la gueule d'un four Le four du cors [clibanus corporis], c'est l'estomac XVe s. Et descendoit si grant chaleur du ciel, que proprement il estoit avis à ceux qui estoient en leurs armures, qu'ils fussent en un four Au four et au moulin oyt l'en les nouvelles J'ai veu qu'il pleuvoit et gresloit et faisoit noir comme en ung f…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture par-devant, et dans lequel on fait cuire, grâce à la chaleur concentrée, le pain, la pâtisserie, etc. Le four d’un boulanger, d’un pâtissier. La bouche, la gueule du four. Mettre le pain au four. Chauffer le four. Faire sécher des fruits au four. Des raisins cuits au four.

  2. Il sert aussi à désigner la Partie d’un fourneau autour de laquelle circule la flamme du foyer et où l’on fait cuire les viandes, les pâtisseries.

  3. Pièce de four, Gâteau ou autre pièce de pâtisserie qui se cuit au four.

  4. Petits fours, Sorte de pâtisserie légère qu’on sert soit à la fin d’un repas, soit au cours d’une matinée, d’une soirée, etc.

  5. Four de campagne, Espèce de four portatif, fait ordinairement de cuivre rouge.

  6. Four électrique, Appareil employé dans les laboratoires pour chauffer à haute température par un courant électrique. On le dit aussi d’un Appareil analogue utilisé pour la cuisine.

  7. Four crématoire. Voyez

  8. CRÉMATOIRE.

  9. Fam., Il y fait chaud comme dans un four, se dit d’un Lieu où il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un four, se dit d’un Lieu très obscur.

  10. Fig. et fam., Ce n’est pas pour vous que le four chauffe, Ce n’est pas pour vous que telle chose est préparée.

  11. Il se prenait aussi pour le Lieu où était le four et où se rendaient ceux qui voulaient cuire. Aller au four. Revenir du four.

  12. Il se dit également des Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l’on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc. Four à chaux, à plâtre, à brique. Four de verrerie.

  13. Fam., Faire four, se dit d’une Pièce de théâtre, d’un livre qui n’obtient aucun succès; d’une Entreprise qui échoue et aussi d’une Personne qui ne réussit pas. Sa pièce fit four; elle fit un four complet. C’est un four noir. Cet auteur a plusieurs fours à son actif. Il est familier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • fours — pluriel — /fuʁ/
  • four — singulier — /fuʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée four#28059.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.