fougue
nom, féminin, /fuɡə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Terme de marine. Mât de fougue, le mât d'artimon. Vergue de fougue, vergue qui ne porte point de voiles et qui ne sert qu'à border et étendre par le bas la voile du perroquet d'artimon. Perroquet de fougue, hunier du mât d'artimon.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Mouvement impétueux, violent, ordinairement avec emportement et colère. Être en fougue. Entrer en fougue. Fig.
Croyez-moi, modérez vos fougues ordinaires, Ou vous risquez souvent de gâter vos affaires — David-Augustin de Brueys (1640-1723)
Le général [Lalli] s'était attiré, par ses fougues indiscrètes et par ses reproches injustes, une accusation si cruelle [de vol et de sacrilége] — Voltaire (1694-1778)
Il se dit aussi des animaux.
On le louait d'être vaillant pour avoir mis une fois son cheval en fougue — Guez de Balzac (1597-1654)
Leur fougue impétueuse [des coursiers] enfin se ralentit — Jean Racine (1639-1699)
Impétuosité naturelle. Un cheval qui a trop de fougue. Les fougues de la jeunesse, l'emportement avec lequel les jeunes gens se livrent aux plaisirs.
Il faut lui laisser passer sa fougue — David-Augustin de Brueys (1640-1723)
J'ai dompté la fougue impétueuse de ma jeunesse — Voltaire (1694-1778)
L'emportement propre aux artistes et qui leur fait faire des hardiesses et même des écarts.
Aussi je m'émerveille, au feu que tu [le poëte Bertaut] recèles, Qu'un esprit si rassis ait des fougues si belles — Mathurin Régnier (1573-1613)
Il avait certaines fougues d'esprit qui n'étaient pas mal plaisantes — Guez de Balzac (1597-1654)
Terme d'horticulture. Défaut d'un arbre qui pousse beaucoup de bois sans donner de fruits.
Étymologie : Ital. foga. Diez dit que ce mot fait penser au latin fuga, fuite, à cause qu'on peut considérer particulièrement, dans la fuite, la rapidité, et en tirer le sens de fougue ; mais il ajoute que le latin focus, feu, foyer, est plus voisin de l'idée de fougue. On peut ajouter que l'adjectif focoso, fougueux, donne de l'autorité à l'étymologie de focus ; mais, focus donnant en italien fuoco, il faudrait avoir fuoga. Resterait à supposer que fougue est un mot à forme provençale (voy. FOUGON), et est passé en Italie. On voit que l'étymologie de ce mot n'est pas tirée à clair. Garasse a dit fugue pou
Historique : XVIe s. [Dans un combat] vous engagez vostre valeur, et vostre fortune à celle de vostre cheval.... son effroy ou sa fougue vous rendent ou temeraire ou lasche
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Ardeur naturelle, d’une grande impétuosité. La fougue de la jeunesse. La fougue des passions. Rien ne saurait maîtriser, dompter la fougue de son caractère. Il est plein de fougue. Un cheval qui a trop de fougue.
Il se dit particulièrement d’un Poète, d’un orateur ou d’un artiste qui a de la hardiesse et du mouvement. S’abandonner à sa fougue, à la fougue de son imagination. On ne peut s’empêcher d’admirer la fougue de cet artiste.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fougues — pluriel — /fuɡə/
- fougue — singulier — /fuɡə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fougue#28028.