foudre
nom, /fudʁə/
Définitions
Décharge électrique brusque et lumineuse qui se produit pendant un orage.
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Fig. Sentiment amoureux soudain et intense éprouvé dès la première rencontre.
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Grand tonneau utilisé pour l'élevage ou le stockage du vin.
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Au pluriel, condamnation sévère prononcée par une autorité religieuse ou morale.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. m. et f.
Sorte de trait enflammé qui vient le plus souvent des nuées, que l'on croyait venir du ciel, et qu'accompagne une violente détonation. Être frappé de la foudre. L'éclat de la foudre. Que la foudre m'écrase, sorte d'imprécation par laquelle on affirme ou nie. Foudre, au propre, est, dans le langage ordinaire, du féminin, mais le langage élevé et la poésie peuvent le faire masculin. On le craint, il est craint comme la foudre, se dit d'un homme très redouté. Comme la foudre, avec la rapidité de la foudre, avec une violence, une rapidité irrésistible. S'élancer avec la rapidité de la foudre. Ce cheval va comme la foudre. On dit dans le même sens : aussi prompt, aussi rapide que la foudre. Au masculin, en ce sens, dans la poésie et le style élevé.
La foudre peut brûler les habits et les cheveux d'une personne sans lui faire aucun mal — ROHAULT
J'entends gronder la foudre, et sens trembler la terre — Jean Racine (1639-1699)
Aujourd'hui, ensemble des phénomènes que produit l'électricité atmosphérique lorsqu'elle se combine par étincelle avec celle de la terre ou d'un autre nuage ; écoulement subit à travers l'air, sous la forme d'un grand sillon lumineux, de l'électricité dont un nuage est chargé. Foudre descendante, celle qui, partant du nuage, va frapper la terre. Foudre ascendante, celle qui s'élève du sein de la terre.
La foudre est tombée, expression qui a été formée dans un temps où l'on supposait que la foudre frappait toujours de haut en bas, tandis qu'elle agit en tout sens, absolument comme l'étincelle électrique, dont elle ne diffère que par sa masse, — Benjamin Legoarant (1792-1863)
Coup de foudre, atteinte infligée par la foudre. Fig. Événement désastreux qui atterre, qui déconcerte, qui cause une peine extrême. Fig. condamnation infligée par une autorité supérieure.
Ce philosophe comme frappé d'un coup de foudre. — Fénelon (1651-1715)
Ce propos fut à la pauvre Constance Un coup de foudre.... — La Fontaine (1621-1695)
Pierre de foudre ou carreau, pierre qui passait dans l'opinion vulgaire pour être tombée du ciel avec la foudre ; c'est un aérolithe.
Et quand il [le lingot d'argent doré] est bien net, on le brunit avec une pierre de foudre montée au milieu d'un morceau de bois...
Sorte de dard enflammé qui, suivant les idées religieuses des Grecs et des Latins, était l'arme de Jupiter ; suivant Virgile, il était formé de trois rayons de grêle, trois de pluie, trois de feu et trois de vent. Terme de peinture et de sculpture. Représentation de la foudre qu'on donne pour attribut à Jupiter, et qui consiste en une sorte de grand fuseau, du milieu duquel sortent plusieurs dards en zigzag. Un aigle tenant un foudre dans ses serres. Un foudre ailé. En ces deux sens, foudre est toujours masculin.
Trois fois le roi des dieux lui lança un triple foudre de grêle, d'eau et de feu — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de blason. Meuble de l'écu fait en manière de faisceau de flammes montantes et descendantes, avec quatre dards en sautoir.
La colère, la vengeance divine. Au masculin. Il se dit, en un sens analogue, du courroux des souverains. Le prince est en colère, la foudre est près de tomber.
Les prières ferventes apaisent Dieu et lui font tomber la foudre des mains
Il devrait lancer des foudres pour venger sa gloire — Massillon (1663-1742)
Poétiquement et au masculin. Catastrophe, destruction. Il se dit aussi en ce sens au féminin.
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux Fasse pleuvoir sur elle [Rome] un déluge de feux ! Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Ah ! mon prince, ah ! madame, il vaut mieux vous résoudre Par un heureux hymen à dissiper ce foudre — Pierre Corneille (1606-1684)
Au fém. et au masc. Les foudres de l'Église, les foudres de Rome, les foudres du Vatican, les foudres de l'excommunication, les foudres des censures ecclésiastiques, les sentences d'excommunication.
Il a été frappé des foudres de l'Église — Olivier Patru (1604-1681)
Allez vaincre l'Espagne et songez qu'un grand homme Ne doit point redouter les vains foudres de Rome — Voltaire (1694-1778)
Au fém. et au masc. Les foudres de l'éloquence, les grands mouvements par lesquels l'orateur confond ses adversaires. Un foudre d'éloquence, un grand orateur, un orateur qui subjugue son auditoire.
[La journée] Où le prophète Desmarets Armé de cette même foudre Qui mit le Port-royal en poudre, Va me percer de mille traits — Boileau (1636-1711)
Au masc. et au fém. L'artillerie, les canons, les mines. Les foudres de la guerre, les canons, l'artillerie. Au masculin. La guerre, son appareil. Foudre de guerre, grand foudre de guerre, un conquérant, un grand général, un guerrier qui fait trembler ses ennemis, un homme vaillant. Absolument.
Ce corps pâle et sanglant auprès duquel fume encore la foudre qui l'a frappé — Fléchier (1632-1710)
Vauban, sur un rempart, un compas à la main, Rit du bruit impuissant de cent foudres d'airain — Voltaire (1694-1778)
Au mascul. Coquille du genre volute.
Étymologie : Provenç. foldre, folzer ; ital. fólgore ; du lat. fulgur, la foudre, du même radical que fulgere, briller, sanscr. bhraj, briller, brûler.
Historique : XIe s. Chéent i fuldres et menut et souvent XIIe s. Ses darz ad trait, e departid ad les bons des mals ; fuildre mustrad XIIIe s. Descendi uns orages de devers Ocident, En l'ost aus Sarasins cheï hidousement ; Moult en furent li nos [les nôtres] en grant effréement, Et li Sarrasin plus où li fodres descent [Le feu grégeois] faisoit tel bruit qu'il sembloit que ce fust fouldre qui cheust du ciel XVe s. Si je n'eusse esté si hastif De mettre le feu en la pouldre, J'eusse destruit et mis en foudre Tant quanque avoit de damoiselles XVIe s. Il tonnoit, il esclairoit en harenguant, et il portoit sur…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Grand tonneau contenant plusieurs muids de liquide. Un foudre de vin.
Étymologie : Allem. Fuder, tonneau.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Fluide électrique qui, en s’échappant des nuages formés par la condensation de la vapeur d’eau, produit une vive lumière et une violente détonation. La foudre sillonne les nues, brille dans les airs. Un coup de foudre. être atteint, frappé de la foudre, touché de la foudre. L’éclat de la foudre. La foudre est tombée. Les paratonnerres préservent les édifices de la foudre.
On le craint, il est craint comme la foudre, se dit surtout ironiquement d’un Homme qui est fort redouté.
Par exagération, Comme la foudre, avec la rapidité de la foudre, Avec une grande rapidité, avec une extrême impétuosité. Aussi prompt, aussi rapide, plus prompt, plus rapide que la foudre.
Fig., Coup de foudre. Voyez
COUP.
Fig., Les foudres de l’excommunication, L’excommunication. On dit de même : Les foudres de l’église. Les foudres du Vatican.
Les foudres de l’éloquence, Les raisonnements, les arguments victorieux par lesquels un orateur confond ses adversaires. On dit de même ironiquement Lancer ses foudres contre quelqu’un. Affronter les foudres de la colère de quelqu’un.
FOUDRE est du genre masculin dans les expressions figurées : Un foudre de guerre, Général qui a remporté des victoires éclatantes et rapides. Un foudre d’éloquence, Orateur qui frappe ses auditeurs par l’éclat de son éloquence. Il s’emploie surtout ironiquement.
Il est aussi nom masculin quand il désigne la Représentation de la foudre que les artistes donnent ordinairement pour attribut à Jupiter, et que les héraldistes emploient fréquemment. Un foudre ailé, une aigle tenant un foudre dans ses serres.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- foudres — pluriel — /fudʁə/
- foudre — singulier — /fudʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée foudre#28008.