Littré (1873)
s. f.
Usine dans laquelle la fonte de fer est transformée en métal. Un maître de forge.
Toute forge qui ne produirait pas trois cents milliers de fer par an, ne vaudrait pas la peine d'être établie ni maintenue — Buffon (1707-1788)
Les intérêts particuliers se réunirent pour représenter que les cent neuf forges qui travaillaient en Angleterre, sans y comprendre celles d'Écosse, produisaient annuellement dix-huit mille tonnes de fer, et occupaient un grand nombre d'ouvriers habiles — Raynal (1713-1796)
Fourneau, atelier où les métaux se travaillent au feu et au marteau. Forge de serrurier, d'orfévre. Il ronfle comme un soufflet de forge, il ronfle très fort. Terme de marine. Forge volante, petite forge de tôle, avec l'enclume, le soufflet, etc. qu'on prend à bord des grands bâtiments de guerre. Fig. Cet ouvrage sort de la forge, est encore tout chaud de la forge, il a été achevé tout récemment, il sort des mains de l'auteur.
De grosses mains faites pour souffler la forge — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Lorsqu'ils [les journalistes] s'imposent la loi de ne parler que des ouvrages encore tout chauds de la forge — Montesquieu (1689-1755)
Particulièrement. Atelier d'un maréchal ferrant. Mener un cheval à la forge. Forge de campagne, petite forge portative, avec les outils, qui sert aux maréchaux ferrants dans les armées en marche.
Fine forge, houille menue, mais grasse.
Pierre de liais sur laquelle on bat le plomb à froid.
Étymologie : Wallon, fôge ; provenç. et catal. farga ; espagn. forja, fraga ; portug. forja ; piémontais, forgia ; du latin fábrica, avec l'accent sur fá (voy. FABRIQUE). L'a s'est conservé dans quelques formes romanes, et, chez nous, dans le nom propre, la Farge, qui équivaut à la Forge. Ce qui achève de démontrer cette étymologie, c'est que Forges, nom d'une localité en Normandie, est dit en latin Fabriciae ; que dans une charte de 1286 (Bibl. des chartes, 4e série, t. IV, p. 158) le carrefore des forges est en latin bivium fabricarum ; et que, dans un texte de 790, Forges, hameau de l'arrondissement de
Historique : XIIIe s. Nus orfevres ne puet ouvrir sa forge au jour d'apostele Nature, qui pensoit des choses Qui sont dessous le ciel encloses, Dedens sa forge entrée estoit, Où toute s'entente metoit à forgier singulieres pieces Por continuer les espieces Car Vulcanus si lais estoit, Et si charbonnés de sa forge Nous voulons que la forge de deiz [des dés] soit deffendue par tout nostre royaume XVe s. Je, Jean Froissart.... me suis de nouveau reveillé et entré dedans ma forge pour ouvrer et forger en la haute et noble matiere de laquelle du temps passé je me suis ensoigné Robes de nouvelle forge [façon] Ba…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).