foi
nom, féminin, /fwa/
Définitions
Croyance en une religion, adhésion à ses dogmes.
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Confiance que l'on place en quelqu'un ou en quelque chose.
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Fidélité à un engagement ou à une parole donnée.
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Valeur de preuve reconnue à un document ou à un témoignage.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (17 sens)
Littré (1873)
s. f.
Fidélité, exactitude à remplir ses engagements ; et, par extension, assurance, serments, protestations de loyauté. La foi des traités, des engagements, du serment, des serments, etc. l'assurance que l'on donne de quelque chose par les traités, les engagements, etc. Fig. Sur la foi des traités, selon la confiance établie entre les honnêtes gens. Donner sa foi, faire une promesse solennelle. Jurer sa foi, affirmer par serment. Foi de Bohême, la foi que les voleurs se gardent entre eux. Foi de gentilhomme, foi d'honnête homme, etc. façons de parler dont on use pour attester plus fermement quelque chose. Foi de, sur ma foi, par ma foi, ma foi, locutions affirmatives de ce qu'on dit ou de ce qu'on avance.
Si j'en obtiens l'effet, je t'engage ma foi De ne respirer pas un moment après toi — Pierre Corneille (1606-1684)
Aucun de tes amis ne t'a manqué de foi — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de féodalité. Foi et hommage, serment de fidélité que le vassal prêtait entre les mains du suzerain. Homme de foi, le vassal qui doit foi et hommage. Terme de blason. Foi se dit de deux mains jointes en signe d'alliance. Terme de fauconnerie. Laisser aller un oiseau sur sa foi, lui donner plus de filière, pour le réclamer en liberté.
Foi conjugale, la promesse de fidélité que les deux époux se font au moment du mariage. Consentement au mariage, dans le langage de la poésie et de la prose élevée.
De te garder la foi du mariage — La Fontaine (1621-1695)
Je sais qu'ils [les sultans] se sont fait une superbe loi De ne point à l'hymen assujettir leur foi — Jean Racine (1639-1699)
Bonne foi, qualité de celui pour qui la foi est toujours sacrée, et, plus généralement, la sincérité, la franchise. Laisser quelqu'un sur sa bonne foi, le laisser maître de sa conduite, ne pas le surveiller. On laisse ce jeune homme sur sa bonne foi. On dit dans le même sens : être sur sa bonne foi, sur sa foi. Autrefois on a dit sous et non sur. Cet homme est fait à la bonne foi, ou il vit à la bonne foi, c'est-à-dire il est assez niais pour se fier aux apparences, ou pour croire tous ceux qui lui donnent des paroles. Être de bonne foi, être trop confiant. En jurisprudence, bonne foi, la conviction où l'on est que l'on exerce un droit légitimement, dans les conditions légales. Possesseur de bonne foi, celui qui possède en vertu d'un titre dont il ignore les vices. En bonne foi, de bonne foi, manière d'en appeler à la franchise, à la justice. De bonne foi, en bonne foi, sincèrement. On dit dans le même sens : de la meilleure foi du monde. Il vous assure cela de la meilleure foi du monde. Mauvaise foi, déloyauté, absence de franchise, de sincérité. La mauvaise foi de ce débiteur. Homme de mauvaise foi. La mauvaise foi d'un récit. Il se dit de même en jurisprudence. Possession de mauvaise foi. C'est à celui qui allègue la mauvaise foi à la prouver.
Rien n'est si dangereux que trop de bonne foi — Pierre Corneille (1606-1684)
Ne m'allez pas tromper, je vous prie ; il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez comme j'y vais à la bonne foi — Molière (1622-1673)
Valeur du témoignage rendu, véracité. Faire foi, prouver, témoigner. Acte qui fait foi en justice. Dans le langage des certificats. En foi de quoi j'ai signé le présent certificat, c'est-à-dire pour attester telle chose j'ai signé. Fig. réance que l'on accorde aux hommes ou aux choses. Ajouter foi, et, quelquefois, prêter foi, croire, donner créance. Avoir foi en soi-même, croire en soi, être plein de confiance dans son habileté, son succès, etc. En foi, en confiance.
Certainement nous ferions difficulté de croire ces choses sur la foi d'autrui — Guez de Balzac (1597-1654)
Ordinairement ils [les catholiques] négligent trop les livres de controverse ; appuyés sur la foi de l'Église, ils ne sont pas assez soigneux de s'instruire dans les ouvrages où leur foi serait confirmée, et où ils trouveraient les moyens de ramener les errants — Bossuet (1627-1704)
Croyance aux dogmes de la religion. Les premiers disciples de la foi. La propagation de la foi. Fig. Planter la foi dans un pays, y introduire la religion chrétienne. Avoir la foi, être convaincu de la vérité d'une religion, et, en particulier, de la religion chrétienne. Foi divine, celle qui est fondée sur la révélation ; foi humaine, celle qui est fondée sur le témoignage des hommes. Foi de saint Thomas, celle qui ne s'accorde que quand on a vu et touché, ou reconnu vrai par quelque épreuve, par allusion à Thomas, qui dans l'Évangile ne veut croire à Jésus ressuscité que quand il l'a touché. La foi, avec l'espérance et la charité, est une des trois vertus théologales. Le mérite de la foi, le mérite qu'il y a à croire les mystères de la religion, sans y employer la raison ou la science. La foi du charbonnier, foi ferme, mais sans science. On tire ce proverbe d'un conte : un charbonnier, étant enquis par le diable de ce qu'il croyait, lui répondit toujours : je crois ce que l'Église croit. Familièrement. N'avoir ni foi ni loi, n'avoir ni religion ni morale.
Qui fuit croit lâchement et n'a qu'une foi morte — Pierre Corneille (1606-1684)
Il est impossible de plaire à Dieu sans la foi ; car, pour s'approcher de Dieu, il faut croire premièrement qu'il y a un Dieu — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
L'objet de la foi, les dogmes d'une religion, cette religion même. Profession de foi, exposition des dogmes ou principes que l'on tient pour orthodoxes. Profession de foi a passé dans le langage général, où il signifie toute déclaration de principes auxquels on adhère, et, particulièrement, la déclaration qu'un candidat fait de ses opinions, de ses principes. Il a envoyé aux électeurs sa profession de foi. Règle de foi, s'est dit quelquefois, dans le langage ecclésiastique, pour profession de foi. On a dit aussi confession de foi. Articles de foi, les différentes parties d'un symbole, d'une profession de foi. Familièrement. Croire une chose comme un article de foi, la croire fermement. Croire tout comme article de foi, être fort crédule. Fig. Ce n'est pas article de foi, se dit d'une chose indigne de croyance.
Ses aumônes se répandaient de toutes parts jusqu'aux dernières extrémités de ses trois royaumes ; et, s'étendant, par leur abondance, même sur les ennemis de la foi, elles adoucissaient leur aigreur et les ramenaient à l'Église — Bossuet (1627-1704)
Nous croyons, dit l'apôtre, et nous confessons l'amour que Dieu a pour nous ; c'est là toute la foi des chrétiens ; c'est la cause et l'abrégé de tout le symbole — Bossuet (1627-1704)
Armée de la foi, bandes espagnoles qui se formèrent en 1820 pour renverser la constitution de 1812, et défendre le roi et la foi.
M. le maire est le télégraphe de notre commune ; en le voyant on sait tous les événements ; lorsqu'il nous salue, c'est que l'armée de la foi a reçu quelque échec — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Ancien terme d'optique. Ligne de foi, la ligne, qui, partant du centre de l'objet, tombe perpendiculairement sur le centre du verre de la lunette avec laquelle on le regarde. Terme d'horlogerie. La ligne de l'alidade qui passe toujours par le centre de la graduation (voy. LIGNE n° 15).
Étymologie : Berry, foué ; pic. et lorrain, fi ; franc-comt. fay ; provenç. espagn. et portug. fe ; ital. fede ; du latin fides, de même radical que le grec πείθ-ειν, persuader.
Historique : XIe s. Serai ses hom par amor et par feid Que l'uns à l'autre la sue feit plevist [engageât] XIIe s. Par foi [par ma foi] Par ma foi, Guenes, vous avez blasme grant Il boissa [trompa] le roi Charle et sa foi lui menti Onques [je] ne chantai faintement ; Ma bone foi m'en a gardé Se vostre home vous veulent par droite foi aidier L'arcevesque respunt senz ire e senz desrei ; Richarz, tu es mis huem : si me deis porter fei XIIIe s. Cil jurerent seur sains le message à tenir en bonne foi Je vous pri sur la foy que vous m'avez jurée De foy et de creance enterine et meüre Dame, foy que je doi au cors…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Croyance aux vérités de la religion. La foi est la première des trois vertus théologales. La foi, l’espérance et la charité. Foi pure, ardente, ferme, inébranlable. Foi languissante. Foi chancelante. Acte de foi. Avoir la foi. La foi d’un chrétien. être ferme dans la foi, dans sa foi. Manquer de foi. Pécher contre la foi. Homme de peu de foi.
Prov., La foi du charbonnier, La foi d’un homme simple, qui croit sans aucun examen tout ce que l’église enseigne.
Il signifie aussi Objet de la foi, dogmes qu’une religion propose à croire comme révélés de Dieu, et souvent Cette religion même. Un article de foi. Cela est de foi. C’est une question de foi. Le symbole de la foi. C’est un article de foi. Mourir pour la foi. Les confesseurs de la foi. La foi de JÉSUS-CHRIST. La propagation de la foi. Renier la foi de ses pères. Renoncer à sa foi. Changer de foi.
N’avoir ni foi ni loi, être sans religion et sans morale.
Fig., Croire une chose comme un article de foi, La croire fermement. Croire tout comme article de foi, être fort crédule. Ce n’est pas article de foi se dit d’une Chose qui ne mérite pas ou qui ne paraît pas mériter de créance.
Profession de foi, Déclaration publique de sa foi et des sentiments qu’on tient pour orthodoxes. Il se dit, par extension, de Toute déclaration de principes. Faire sa profession de foi politique.
Ma foi, par ma foi, Façons de parler familières, dont on se sert lorsqu’on affirme, ou lorsqu’on reconnaît, lorsqu’on avoue quelque chose. Ma foi, je n’en sais rien. Il a, ma foi, raison. Par ma foi, le tour est plaisant. Ma foi oui! Ma foi non!
Il signifie encore Fidélité, exactitude à tenir sa parole, à remplir ses promesses, ses engagements; ou Assurance donnée de garder sa parole, sa promesse. C’est un homme de peu de foi. Homme sans foi. S’en remettre à la foi de quelqu’un. Donner un gage de sa foi. Manquer de foi. Engager sa foi. Garder sa foi. Violer, trahir sa foi. La foi que deux époux se sont jurée. être prisonnier sur sa foi.
Bonne foi, La qualité ou la conduite de celui qui agit, qui parle selon sa conscience, avec franchise, avec une intention droite. Il a mis une parfaite bonne foi dans toute cette affaire. Allons, soyez de bonne foi. Tout homme de bonne foi conviendra que... C’est de la meilleure foi du monde qu’il soutient cette erreur. Je men remets à votre bonne foi. Abuser de la bonne foi de quelqu’un. On dit dans le sens contraire Mauvaise foi. être de mauvaise foi. Une histoire altérée par l’ignorance ou la mauvaise foi. C’est mauvaise foi de votre part. Il est d’une insigne mauvaise foi.
Bonne foi se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de la Conviction où est une personne qu’elle agit, qu’elle contracte légalement, ou qu’elle acquiert, qu’elle possède légitimement. On dit également dans le sens contraire Mauvaise foi. Le mariage a été contracté de bonne foi par l’un des époux. Acquérir, posséder de bonne foi. Possesseur de bonne, de mauvaise foi. La bonne foi est toujours présumée en ce cas. C’est à celui qui allègue la mauvaise foi à la prouver.
En bonne foi, et plus souvent De bonne foi, Façons de parler familières dont on se sert pour engager une personne à répondre, à s’exprimer franchement, ou à ne juger d’une chose que selon le bon sens, la conscience, etc. En bonne foi, le feriez-vous? De bonne foi, je ne pouvais accepter une pareille proposition.
Foi conjugale, La promesse de fidélité que le mari et la femme se font mutuellement en s’épousant. Il a violé la foi conjugale.
La foi jurée, la foi des traités, des engagements, du serment, des serments, etc., L’obligation que l’on contracte, l’assurance que l’on donne de quelque chose par les traités, par les serments, etc. être fidèle à la foi jurée. Faire quelque chose contre la foi des traités. Il se reposait sur la foi des engagements, des serments. Promettre une chose sous la foi du serment.
Par extension, Sur la foi de, En se confiant, en croyant à. Oseriez-vous le condamner sur la foi de telles gens? Sur la foi d’une tradition incertaine.
Foi de gentilhomme, foi d’honnête homme, Façons de parler dont on se sert pour mieux assurer ou attester quelque chose. Je vous déclare, foi d’honnête homme, que je n’en savais rien.
FOI signifie aussi Croyance, confiance. Ajouter foi, avoir foi à quelque chose, à quelqu’un, aux paroles, dans les paroles de quelqu’un. C’est un homme digne de foi. Accorder une foi pleine et entière à quelqu’un, à quelque chose.
Il signifie également Témoignage, assurance, preuve. Ce qui est arrivé depuis peu en fait foi. Faire foi d’une chose. Cette lettre fait foi qu’il est arrivé. Leur acte fait pleine foi de cette convention. Ces papiers ne peuvent faire foi contre lui. En foi de quoi j’ai signé les présentes. Cet acte fait foi en justice.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fois — pluriel — /fwa/
- foi — singulier — /fwa/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée foi#27739.