fleuve
nom, masculin · /flœvə/
Usage : fréquent (34 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Grand cours d'eau qui se jette dans la mer, formé par la réunion de plusieurs rivières.
Le fleuve se jette dans la mer après trois cents kilomètres.
« Ce n'est pas s'opposer à un fleuve que de faire des levées, que d'élever des quais sur ses rives, pour empêcher qu'il ne déborde et ne perde ses eaux dans la campagne »Bossuet (1627-1704)
« Il y a dans l'ancien continent environ quatre cent trente fleuves qui tombent immédiatement dans l'Océan ou dans la Méditerranée et la mer Noire »Buffon (1707-1788)
Déploiement continu et abondant d'un élément comparable à un cours d'eau, souvent utilisé au sens figuré pour évoquer une quantité ou une intensité remarquable.
Un fleuve de lave coulait sur le flanc du volcan.
« On ne jette point l'ancre dans le fleuve de la vie »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
« Je te plongerai dans un fleuve de délices »Fénelon (1651-1715)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : un long fleuve tranquille
Grammaire et formes (2)
- fleuves : pluriel · /flœvə/
- fleuve : singulier · /flœvə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m.
Grand cours d'eau auquel plusieurs rivières servent d'affluents et qui conserve ordinairement son nom jusqu'à la mer.
De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnuesBossuet (1627-1704)
Ce n'est pas s'opposer à un fleuve que de faire des levées, que d'élever des quais sur ses rives, pour empêcher qu'il ne déborde et ne perde ses eaux dans la campagneBossuet (1627-1704)
Il se dit quelquefois, en poésie, pour désigner une rivière quelconque, pourvu cependant que cette rivière soit donnée dans le moment comme grande.
Fig. Ce qui abonde et coule comme fait un fleuve. Un fleuve d'éloquence, de poésie, une éloquence, une poésie qui coule avec l'abondance et la grandeur d'un fleuve.
Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baignéPierre Corneille (1606-1684)
Je te plongerai dans un fleuve de délicesFénelon (1651-1715)
Poétiquement. Le fleuve de la vie, le cours de la vie. Le fleuve de l'éternité, le temps considéré dans son mouvement éternel.
On ne jette point l'ancre dans le fleuve de la vieBernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Il nous faut, dans son cours, Remonter flots à flots le long fleuve des joursLamartine (1790-1869)
Terme de mythologie. Divinité qui préside à un fleuve. Les attributs d'un fleuve. Familièrement. Ruisseler comme un fleuve, dégoutter d'eau, de pluie. Terme de sculpture, de peinture ou de théâtre. Personnage allégorique représentant la divinité d'un fleuve et revêtu d'un costume de convention, surtout dans les anciens ballets, dont les sujets étaient le plus souvent mythologiques.
Absente, quand le fleuve a reçu nos présents, Elle n'a point offert les vœux que notre zèle Adresse chaque jour à ses flots bienfaisantsCasimir Delavigne (1793-1843)
Dans des chaconnes et gavottes, J'ai vu des Fleuves sautillants ; J'ai vu danser deux Matelottes, Trois Jeux, six Plaisirs et deux VentsPANARD
Étymologie : Provenç. fluvi ; ital. fluvio ; du lat. fluvius, de fluere, couler. L'ancien français avait aussi flum qui représente le latin flumen.
Historique : XIIe s. De tote vertut fait à esgardeir li fluives del oevre, se il vient purs fors de la fontaine de la pense [pensée] XIIIe s. De l'autre part, ce m'est avis, Court uns flueves de pa radis, Qui Eufrates est apelés XVIe s. On dit en françois trois FFF mauvais voisins, fleuve, fort, frere
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. m.
Grand cours d’eau qui d’ordinaire porte ses eaux et conserve son nom jusqu’à la mer. Fleuve profond, rapide, impétueux. Fleuve navigable. Le bord, la rive d’un fleuve. Les eaux d’un fleuve. Le courant du fleuve. Le canal, le lit, le cours d’un fleuve. L’embouchure d’un fleuve. Traverser, passer un fleuve à gué.
Il se dit, en termes de Mythologie, des Divinités qui président aux fleuves, et qu’on représente ordinairement sous la figure de vieillards à longue barbe couchés sur des roseaux, appuyés sur une urne, la tête ceinte d’une couronne de joncs. Le peintre, le sculpteur a donné à ce fleuve des formes colossales. Les attributs d’un fleuve. Fig., Une barbe de fleuve, Une barbe longue et bien fournie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée fleuve#27579.