flegme
nom, masculin, /flɛɡmə/
Voir aussi : variante phlegme
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Terme de médecine. L'une des quatre humeurs cardinales des anciens, dite aussi pituite ; elle est, suivant eux, froide et humide, et prédomine surtout en hiver. Aujourd'hui, synonyme peu employé de sérosité, d'humeur aqueuse. Dans ces deux sens on écrit aussi phlegme.
Le flegme humide et froid, s'élevant au cerveau, Y vient représenter des brouillards et de l'eau — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Qui n'ont que du flegme dans les veines — Pascal (1623-1662)
Matière pituiteuse qu'on rejette en toussant, en crachant, en vomissant. Il a jeté beaucoup de flegmes.
Flegme salé, nom que l'on donne en Espagne à une espèce de pellagre.
Dans l'ancienne chimie, la partie aqueuse, insipide et inodore que la distillation dégage des corps. Terme de distillerie. Les flegmes, produits aqueux de la première distillation des mélasses, des jus de betteraves ou de grains, et, en général, des sirops fermentés ; ils marquent de 40° à 50° environ à l'alcoolomètre, et contiennent, outre l'alcool, des huiles essentielles, des éthers, etc. C'est en rectifiant les flegmes que l'on obtient l'alcool à 95° et des huiles essentielles servant à l'éclairage.
Les sels, les flegmes, la tête morte ne s'enflamment point — Voltaire (1694-1778)
Le flegme est la substance qui est en plus grande quantité dans la composition des mixtes, et surtout dans celle des plantes et des animaux — CHARRAS
Fig. Caractère posé, patient et qui se possède.
La Baguenodière le regarda toujours d'un même flegme, capable de faire enrager tout le genre humain — Scarron (1610-1660)
Mais ce flegme, monsieur, qui raisonnez si bien, Ce flegme pourra-t-il ne s'échauffer de rien ? — Molière (1622-1673)
Étymologie : Norm. fleume ; Berry, flême, timidité, manque d'énergie ; génev. fleume, pituite ; peuple de Paris, flume, pituite ; provenç. flegma, flamma, flemma ; catal. fleuma ; espagn. flema ; ital. flemma ; de φλέγμα, pituite, proprement ce qui est brûlé, ce qui n'a plus de vertu, de φλέγειν, brûler. On voit par l'historique que fleume ou flume du peuple est non une faute, mais un archaïsme.
Historique : XIIIe s. Flemme qui est froide et moiste XIVe s. Et o [avec] tout ce genre à fistule est chancre, mort mal, fleugme sause, ulcere et leur semblable XVe s. Dieux scet que ma vieillesse endure De froit et reume, jour et nuit, De fleume, de toux et d'ordure
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Possession de soi-même, calme d’âme. C’est un homme qui a un grand flegme, qui est d’un grand flegme. Son flegme m’étonne. Le flegme de cet homme me met au désespoir. Dans ce sens, il ne se dit pas au pluriel.
Il signifiait autrefois, en termes de Médecine, Ce qu’on appelle aujourd’hui LYMPHE. Voyez ce mot.
Il se dit encore, en termes de Distillerie, des Produits aqueux de la première distillation des mélasses, des jus de betteraves ou de grains.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- flegmes — pluriel — /flɛɡmə/
- flegme — singulier — /flɛɡmə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée flegme#27546.