finesse
nom, féminin, /finɛsə/
Définitions
Qualité de ce qui est fin, délié, de faible épaisseur.
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Délicatesse et élégance des formes ou de l'exécution d'une œuvre.
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Aptitude à percevoir et à apprécier des nuances subtiles.
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Habileté discrète, parfois rusée, employée pour parvenir à ses fins.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
s. f.
Qualité de ce qui est fin, c'est-à-dire de ce qui a le caractère d'une élégante délicatesse. Il y a beaucoup de finesse dans cette plaisanterie. Réponse pleine de finesse. Finesse de vues, d'aperçus.
Jamais Lamotte n'aura ce style, disaient-ils ; quelle finesse et quelle grâce ! on reconnaît la Fontaine à chaque mot ; la fable était de Lamotte — Voltaire (1694-1778)
Il se dit de ce qui a une forme délicate et élégante. La finesse des contours dans une figure, dans un dessin. Terme de sculpture, de peinture et de gravure. Finesse de ciseau, de pinceau, de burin, manière délicate et gracieuse de sculpter, de peindre, de graver. Finesses de touche, finesses de ton, effets de touche, de ton, remarquables par leur grâce et leur délicatesse. Qualité de ce qui est svelte et élégant. La finesse de la taille.
La tête a aussi plus de finesse ; ce qui lui rend la physionomie agréable — Buffon (1707-1788)
C'était la belle Desfourniels qui, pour la régularité, la délicatesse des traits et leur finesse inimitable, était le désespoir des plus habiles peintres — Marmontel (1723-1799)
Qualité de ce qui est fin, délié, menu. Du linge d'une grande finesse. La finesse des cheveux, d'une dentelle.
Subtilité des sens. Il a l'ouïe d'une grande finesse.
Qualité qui fait que l'esprit, par la délicatesse, saisit et perçoit les choses fines. La finesse du jugement. La finesse du goût. La grâce et la finesse de la Fontaine. Absolument, finesse se dit pour finesse d'esprit. Sa physionomie exprime la finesse. Parole, action qui dénote de la finesse. Entendre finesse à quelque chose, y donner un sens fin et quelquefois malin, en tout cas ne pas la prendre dans le sens qui se présente. On dit de même : chercher finesse à une chose. Il ne faut pas chercher de finesse à ce que je vous dis. N'y pas savoir de finesse, ne pas vouloir tromper, faire illusion. Faire finesse d'une chose, ou, simplement, faire finesse, cacher, dissimuler ce qu'on ne devrait pas dissimuler.
Le mot de finesse ne saurait non plus l'avoir fâché en l'endroit où il est ; il ne signifie autre chose qu'adresse, que science, que subtilité — Guez de Balzac (1597-1654)
Le sage nous avertit que la vraie finesse est de bien connaître non la voie des autres, mais sa voie propre — Pierre Nicole (1625-1695)
Il se dit de la chose même qui est difficile à saisir, à sentir.
On m'a prêté un exemplaire des remarques de M. de Vaugelas avec des notes écrites de la main de feu M. Chapelain, à qui aucune finesse de notre langue n'était inconnue — Vaugelas (1585-1650)
Presque personne ne savait les finesses de la versification [avant Racine] — Voltaire (1694-1778)
Supercherie, ruse. Acte de finesse, de ruse. Des finesses cousues de fil blanc, des artifices grossiers, métaphore prise des tailleurs mal habiles qui font des coutures grossières et avec du fil blanc. Il est au bout de ses finesses, c'est-à-dire il est au bout de ses inventions pour tromper.
Enfin j'ai vu le monde et j'en sais les finesses — Molière (1622-1673)
Je vous ai soupçonnée de finesse ; je suis bien aise de m'être trompée — Mme de Maintenon (1635-1719)
Étymologie : Fin 2 ; provenç. fineza, pureté ; catal. finesa ; espagn. fineza ; ital. finezza.
Historique : XVe s. Jouer une finesse [jouer un mauvais tour] Leur administrer bastons ou armeures deffensables pour faire leurs finesses [leur mauvais coup] Et à qui que feisse finesse [courtoisie, service], Il ne m'aymoit que pour le myen XVIe s. Combattre de vertu, non de finesse [adresse] Je ne meslois à mes jeux ni tricotterie ni finesse [astuce] Quelqu'un proposoit contre Cleanthes des finesses dialectiques Il leur feit cognoistre que toutes leurs finesses n'estoient que jeux d'enfans Finesse est une parolle mitoyenne entre la prudence et la tromperie
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Qualité de ce qui est fin, délié, menu. Le degré de finesse d’une chose. Le fil de l’araignée est d’une extrême finesse. La finesse des cheveux. La finesse d’une toile, d’une étoffe.
Il se dit aussi en parlant de Ce qui a une forme délicate et agréable. La finesse des traits. La finesse des contours dans un dessin, dans une figure.
En termes de Peinture et de Gravure, Finesse de pinceau, de burin, de touche, Manière de peindre, de graver, de dessiner légère, délicate et gracieuse, ou Effet qui en résulte. Dans ce dernier sens il s’emploie souvent au pluriel. Finesses de touche. Finesses de ton, Effets de touche, de ton, remarquables par leur légèreté, leur grâce, leur délicatesse.
Il se dit en outre pour Délicatesse, en parlant des Sens. Il a l’ouïe d’une grande finesse. Les aveugles acquièrent en général une grande finesse de tact.
Il se dit figurément en parlant de l’Esprit, du goût, du jugement. Finesse de goût, de tact. Un esprit doué de beaucoup de finesse.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Choses faites pour être appréciées par le goût et par la pénétration d’esprit. Cela est dit, est exprimé avec finesse. Il ne sentit pas d’abord toute la finesse de cette réponse. La finesse de ses railleries. Des jugements pleins de finesse. Il y a beaucoup de finesse dans le jeu de cet acteur. Finesse de vues, d’aperçus. La distinction que vous faites est d’une extrême finesse.
Il se dit quelquefois de la Chose même qui est difficile à sentir, à saisir, à pénétrer. C’est une finesse de langage que peu d’étrangers sont capables de sentir. Savoir toutes les finesses d’une langue, d’un art.
Il se dit encore, absolument, pour désigner la Finesse d’esprit. Il y a beaucoup de finesse dans ses yeux, dans son regard, dans sa physionomie. Ses yeux expriment la douceur et la finesse. Pascal oppose l’esprit de finesse à l’esprit de géométrie.
Entendre finesse à quelque chose, Donner un sens malin et fin à quelque chose. Je ne sais pas quelle finesse vous entendez à cela. Je n’y entends pas finesse. C’est un homme qui entend finesse à tout.
Il signifie aussi Ruse, artifice. Finesse de renard. User de finesse. Par finesse. Suppléer à l’habileté par la finesse.
Il se dit également d’un Acte d’habileté, d’une ruse. Découvrir une finesse. Finesse grossière. Ses finesses ne trompent plus personne.
Fig. et fam., Des finesses cousues de fil blanc, Des finesses grossières et qu’il est aisé de reconnaître.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- finesses — pluriel — /finɛsə/
- finesse — singulier — /finɛsə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée finesse#27370.