s. f.
Qualité d'un courage fier, intrépidité. Au plur.
Sa fierté l'abandonne, il tremble, il cède, il fuit — Boileau (1636-1711)
Ah ! si, non plus que vous, je n'ai point le cœur bas, Nos fiertés pour cela ne se ressemblent pas — Pierre Corneille (1606-1684)
État d'un esprit fier, qui s'enorgueillit de ses avantages réels ou supposés. Au plur. Fiertés, actes de fierté. La fierté d'un vœu, vœu ambitieux.
Et n'ayant rien de grand qu'une sotte fierté — Boileau (1636-1711)
Du nom de fierté noble on orna l'impudence — Boileau (1636-1711)
Qualité d'une âme fière, hauteur de courage. Fig. Il se dit des choses.
Leur retraite [des serviteurs de Dieu] en vrais biens se voit toujours féconde, Et trouve un plein repos dans la digne fierté Qui leur fait négliger le monde — Pierre Corneille (1606-1684)
Cette jeune beauté Garde en vain un secret que trahit sa fierté — Jean Racine (1639-1699)
Il se dit de l'état de l'âme d'une femme qui ne se rend pas à l'amour. Au plur.
Contre un amant qui plaît pourquoi tant de fierté ? — Jean Racine (1639-1699)
....Oui, je te le confesse, J'affectais à tes yeux une fausse fierté, De toi j'attends ma joie et ma félicité, De ma sanglante mort ta mort sera suivie — Jean Racine (1639-1699)
Terme de peinture. Fierté de touche, de coloris. Jules Romain donnait beaucoup de fierté à ses tableaux. Le dorique grec a de la fierté.
On a dit quelquefois la fierté du pinceau pour signifier des touches libres et hardies — Voltaire (1694-1778)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).