fève
nom, féminin, /fɛvə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Plante de la famille des légumineuses qui produit des semences alimentaires. Rogner des fèves, couper le sommet de la plante pour faire nouer et grossir les graines.
D'autres assurent qu'il [Pythagore poursuivi par les Crotoniates] rencontra dans son chemin un champ de fèves qu'il fallait traverser, que jamais Pythagore ne put s'y résoudre : Il vaut mieux mourir ici, dit-il, que de faire périr toutes ces pauvres fèves — Fénelon (1651-1715)
Les semences de cette plante. De grosses fèves. Écosser des fèves. La fève de marais, la grosse fève, celle qui se sert sur les tables, par opposition à la féverole qui ne se donne guère qu'aux bestiaux (toutes deux étant des variétés de la même espèce botanique et portant le nom de vicia faba, L.). La robe d'une fève, l'enveloppe que l'on ôte quand on veut la manger. Des fèves dérobées, des fèves dépouillées de cette enveloppe. Gâteau de la fève, gâteau dans lequel on met une fève le jour des Rois. Roi de la fève, celui à qui est échue la fève du gâteau qu'on partage à la fête des Rois. On dit aussi : la royauté de la fève. Fig. Trouver la fève au gâteau, faire une bonne trouvaille, ou trouver le nœud d'une affaire, d'une question. Donner un pois pour une fève, donner quelque chose, afin d'obtenir davantage. Rendre fève pour pois, ou bien, s'il me donne des pois, je lui rendrai des fèves, c'est-à-dire rendre la pareille à qui nous a fait du mal.
Grâce à la fève, je suis roi ; Nous le voulons, versez à boire ! — Béranger (1780-1857)
Pensant avoir trouvé la fève du gâteau — Mathurin Régnier (1573-1613)
Les Grecs se servaient de fèves pour les suffrages du peuple. La fève blanche signifiait absolution ; la noire, condamnation.
Par extension, semences de certaines autres plantes. Fève de haricot, le haricot (en plusieurs provinces, Normandie, Lorraine, etc. la fève désigne le haricot). Fève à cochon, la jusquiame. Fève du Bengale, nom sous lequel on a désigné le myrobolan citrin, qui est le fruit du terminalier citrin (Indes orientales) de Roxburgh. Fève de Calabar, légumineuse du Calabar, pays d'Afrique, laquelle est un poison, et est aussi l'antidote de la beiladone. Fève d'Égypte nom du fruit du lotos sacré, nelumbium speciosum, Willdenow, nelumbo nucifera, Gaertner, nymphaea nelumbo, Linné, plante qui a disparu du Nil, mais se retrouve dans l'Inde et aux Moluques. Fève de Saint Ignace, semence de l'ignatia amara, Linné fils, plante sarmenteuse des Philippines ; elle contient de la strychnine. Fève tonka, semence du coumarouna odorata, plante de la Guyane, d'une odeur forte et assez agréable, dont on se sert souvent pour aromatiser le tabac. Tabac à la fève, tabac ainsi aromatisé.
Dans le langage vulgaire, nom donné à la chrysalide des insectes.
Nous [vers à soie] nous transformons en fève, mais en fève qui sent, qui se meut — Fénelon (1651-1715)
Nous devenons comme elle [la chrysalide] pendant neuf mois une vraie chrysalide que les paysans appellent fève — Voltaire (1694-1778)
Terme de vétérinaire. Fève ou lampas, dénomination vulgaire donnée au gonflement du palais du cheval. Germe de fève, marque noire qui vient au creux des coins chez le cheval, vers l'âge de cinq ans, et qui, durant jusqu'à sept ou huit ans, sert à faire connaître son âge. Les fèves sont en fleur, les fous en vigueur, se dit pour reprocher à quelqu'un une folie ou une faiblesse. On dit dans le même sens : Il a passé par un champ de fèves en fleurs. Ces locutions viennent de ce qu'on attribuait à la fève la propriété d'hébéter l'esprit.
Étymologie : Normand, feuve ; provenç. fava ; espagn. haba ; portug. et ital. fava ; du latin faba.
Historique : XIIIe s. Et furent cil dedens si à poi de viandes, que on n'i avoit mais de douze feves de livrison le jour Glorieux flum, glorieuse eve, Qui lavas ce qu'Adam et Eve Ont par leur pechié ordoié [souillé], Tu trovas au gastel la feve XIVe s. Au sixieme an [du cheval] viennent les crochès dont le fons est creux, et est la teve ou [au] fons du creux ; au septieme an les bors du creux des crochés si usent, et n'y a mais point de creux ne de feve, et devient tout plat et tout aouni, et de là en avant on n'y congnoist aage L'on cognoist les feves des marais à ce qu'elles sont plates, et les feves des…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Plante de la famille des Légumineuses, dont les semences se forment dans des gousses laineuses et servent d’aliments. Semer des fèves. Un champ de fèves. Quand les fèves sont en fleur.
Il se dit également des Semences de cette plante. écosser des fèves. Manger des fèves. Purée de fèves. Plat de fèves. On donne le nom de Fève de marais à La plus grosse espèce, qui se cultive dans les marais.
Roi de la fève, Celui à qui est échue la fève du gâteau qu’on partage, en famille ou entre amis, la veille ou le jour des Rois.
FÈVE se dit, par extension, de Certaines semences ou fruits qui n’appartiennent point à des plantes légumineuses telles que les grains de café; et même de Certaines choses qui n’ont de rapport avec la fève que par la forme, comme les nymphes de vers à soie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fèves — pluriel — /fɛvə/
- fève — singulier — /fɛvə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fève#28733.