s. m.
Sorte d'étoffe faite avec de la laine ou du poil, dont les filaments, par suite du foulage et des ingrédients employés, sont tellement agglutinés qu'ils forment ensemble un corps presque imperméable. C'est un chapeau de feutre ; il ne craint pas la pluie.
Les mirza, appelés par Plancarpin les barons, font asseoir leurs majestés par terre sur un grand feutre, en leur disant : Si tu n'écoutes pas conseil, si tu gouvernes mal, il ne te restera pas même ce feutre sur lequel tu t'assieds — Voltaire (1694-1778)
Il se dit, par la métonymie de la matière pour la chose qui en est faite, d'un chapeau de feutre, et même, par dérision, de tout chapeau, surtout d'un vieux chapeau mal retapé. Dresser le feutre, le mettre sur une forme pour lui donner la figure d'un chapeau. Feutre verni, feutre pénétré d'huile siccative, et servant surtout à la confection des visières des casquettes.
Et son feutre à grands poils ombragé d'un panache — Boileau (1636-1711)
Le petit Espagnol vous a diverti avec sa mine étique et son feutre à grand poil — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Bourre dont se servent les selliers pour rembourrer une selle.
Il se dit aussi d'espèces de bottines en feutre qu'on met dans l'appartement.
Étoffes de laine sans coutures, sur lesquelles on couche les feuilles de papier au sortir du moule.
Nom donné, chez les mammifères du Nord et des Alpes, à des poils doux et plus ou moins épais qui garnissent immédiatement la peau, et que d'autres poils longs traversent.
Au-dessous de ce premier long poil, il y a, comme dans les ours marins, une espèce de duvet ou de feutre qui est de couleur brune ou noire, comme l'extrémité des grands poils du corps — Buffon (1707-1788)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).