s. f.
Jour consacré à des actes de religion ; cérémonies par lesquelles on célèbre ce jour. Chez les anciens païens, la fête de la Jeunesse, la fête des Marchands, la fête des Esclaves, etc. le jour où l'on faisait des cérémonies religieuses à l'intention de la jeunesse, des marchands, des esclaves, etc.
Les trois grandes fêtes de l'année, savoir celle des Azymes, celle des Semaines et celle des Tabernacles — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Sion, repaire affreux de reptiles impurs, Voit de son temple saint les pierres dispersées, Et du Dieu d'lsraël les fêtes sont cessées — Jean Racine (1639-1699)
Dans la religion catholique, célébration du service divin en commémoration de quelque mystère ou en l'honneur de quelque saint. Une grande fête. Une petite fête. Les dimanches et fêtes. Fêtes mobiles. Fêtes annuelles. Garder les jours de fête. Il est fête. Jour de fête, jour férié. Par extension. La fête des Morts, le 2 novembre, jour que l'Église consacre à la commémoration des morts. Fête double, celle où l'on double les antiennes. Fête-Dieu ou Fête du saint sacrement, la fête que l'on célèbre en l'honneur du saint sacrement (on met une majuscule à Fête). Fêtes fêtées, ou, plus souvent, fêtes chômées, celles où le travail est défendu et qui sont d'obligation, à la différence de celles qui se célèbrent seulement dans l'église et en quelques lieux particuliers, ou par quelques communautés. Familièrement. Fêtes carillonnées, les plus grandes fêtes. Populairement. Cela ne m'arrive qu'aux fêtes carillonnées, c'est-à-dire rarement. Fête de palais, les jours où les tribunaux sont fermés, quoiqu'il ne soit point fête chômée. Fig. Deviner les fêtes quand elles sont venues, dire des choses que tout le monde sait. Souhaiter les bonnes fêtes, se disait par compliment à l'approche des grandes fêtes de l'Église. Fête des Fous, fête des ânes, fêtes burlesques qui se célébraient durant le moyen âge.
À chaque grande fête augmente et renouvelle Et le bon exercice et ta prière aux saints, Et tiens, en l'attendant, ton âme entre tes mains, Comme prête à passer à la fête éternelle — Pierre Corneille (1606-1684)
Toutes ces pieuses observances avaient dans la reine l'effet bienheureux que l'Église même demande : elle se renouvelait dans toutes les fêtes — Bossuet (1627-1704)
Fête d'une personne, le jour de la fête du saint dont cette personne porte le nom comme nom de baptême. Je vous souhaite une bonne fête, formule de compliment pour souhaiter une fête. Payer sa fête, faire un festin à ses amis le jour de sa fête. La fête d'une compagnie, d'un corps de métier, le jour de la fête du saint, patron de cette compagnie, de ce corps de métier. Fête patronale, ou fête d'un lieu, d'un village, le jour de la fête du saint sous l'invocation duquel est placé ce lieu, ce village.
Commémoration d'un anniversaire. Fête de naissance.
Réjouissances publiques faites à des époques mémorables, à l'occasion de quelque événement, et aussi réjouissances données par un roi, un prince, un grand seigneur. Les fêtes données à l'occasion de la paix. Fig.
Quoique j'aie été voir depuis peu l'Escurial et l'Aranjuez, et que je me sois trouvé à des fêtes de taureaux — Voiture (1597-1648)
Balthasar fait une fête solennelle — Bossuet (1627-1704)
Réjouissances qui se font dans des assemblées de famille ou d'amis. Par extension. Par antiphrase. Les garçons de la fête, se dit, parmi le peuple, des jeunes garçons, parents ou amis des mariés, qui se parent pour faire les honneurs de la fête. Triste comme un lendemain de fête, très triste ; locution tirée du vide qui suit le fracas et l'éclat d'une fête. Fig. Se donner une fête, se divertir aux dépens de quelqu'un. Fig. et familièrement. Telle fête, pareille fête, se dit de circonstances qui ne sont pas habituelles en bien ou en mal. Faire fête, célébrer une fête. Faire fête à quelqu'un, lui faire un accueil empressé, le bien traiter. Par antiphrase. Faire fête à quelque chose, témoigner un grand désir de l'avoir ou beaucoup de plaisir à en jouir. Faire fête d'une chose à quelqu'un, la lui faire espérer. Faire fête de quelqu'un, l'annoncer comme homme capable de payer son écot par son esprit. Se faire une fête de quelque chose, s'en promettre beaucoup de plaisir. Se faire de fête, faire comme si on était d'une fête, s'entremettre de quelque affaire sans y avoir été appelé. Se faire de fête, se dit aussi pour se faire honneur. Troubler la fête, troubler la joie, les plaisirs d'une réunion publique ou particulière. Un trouble-fête, voy. TROUBLE-FÊTE. Il est à la fête, se dit de celui qui fait ou voit faire quelque chose qui lui est agréable.
Elle qui ne m'a vu qu'en mes habits de fête — Mathurin Régnier (1573-1613)
M. Martel vous donna une fête dans son vaisseau — Mme de Sévigné (1626-1696)
Divertissement de danse et de chant que l'on introduit dans un opéra ou un drame.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).