fermeté
nom, féminin, /fɛʁməte/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
s. f.
L'état de ce qui est fermement fixé. Ces pilotis ont peu de fermeté.
Qualité de ce qui ne cède pas ou cède peu à la pression. La fermeté des chairs. Un terrain marécageux sans fermeté.
Les bras et les mains sont, en divers endroits, divisés par plusieurs articulations qui, jointes à la fermeté des os, leur servent pour faciliter le mouvement et pour serrer les corps grands et petits — Bossuet (1627-1704)
Fermeté vient de ferme et signifie autre chose que solidité et dureté — Voltaire (1694-1778)
Vigueur, force. La fermeté des reins, du jarret.
Fermeté de la main, assurance de la main qui exécute quelque chose. Ce chirurgien a de la fermeté dans la main. Fig. Fermeté d'esprit, de jugement, esprit, jugement qui n'erre ni ne chancelle.
Terme d'art. Vigueur, hardiesse d'exécution. fermeté de pinceau, de burin. Fig. Fermeté de style. Qualité d'un style qui est serré et fort.
Il se dit de la contenance, de la voix, du regard qui ne se laisse pas troubler. Parler, répondre avec fermeté.
Il les étonna par la fermeté de son courage et de ses regards — Vaugelas (1585-1650)
Mais votre fermeté tient un peu du barbare — Pierre Corneille (1606-1684)
Force morale, qui s'exerce contre les obstacles, dans les périls, dans les souffrances, dans les revers. Fermeté de haine, haine qui reste fidèle à elle-même. Constance en amour.
Une fausse fermeté conseillée à Roboam par de jeunes gens sans expérience lui fit perdre dix tribus — Bossuet (1627-1704)
Joignant à la fermeté qu'elle tenait de la nature, celle que la piété lui avait acquise — Fléchier (1632-1710)
Étymologie : Provenç. fermetat ; du latin firmitatem, de firmus, ferme. Fermeté ou ferté a très fréquemment le sens de forteresse dans l'ancienne langue, qui avait aussi fermance pour dire ce que nous nommons aujourd'hui caractère ferme.
Historique : XIIe s. Le siege [il] a mis environ la ferté [forteresse] XIIIe s. Oïl, se Diex me saut ; nous n'avons chi [ci] autre fermeté [protection] ne autre estendart, fors Dieu tant seulement et vous XIVe s. En nulle chose quelconque qui regarde œuvres humaines, il n'a telle constance ne si grant fermeté comme elle est ès operacions qui sont selon vertu XVe s. Je, qui suis fortune nommée, Demande la raison pourquoy On me donne la renommée Qu'on ne se peult fier en moy, Et n'ay ne fermeté ne foy Et, ce fait, alerent à un ventail du dit vivier, et l'un d'eulx rompi la fermeté [la clôture] du dit ventail…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
état de ce qui est ferme, difficile à ébranler, de ce qui ne chancelle point. Ne marchez pas sur la glace, elle n’a pas encore assez de fermeté.
Il signifie aussi Qualité d’un corps solide, compact. Ce poisson a le goût et la fermeté de la sole. La fermeté des chairs.
Il signifie encore Vigueur, force. La fermeté des reins, du jarret. Il n’a point de fermeté dans le poignet.
Fermeté de la main, Sûreté, assurance de la main pour exécuter quelque chose. Ce chirurgien n’a pas assez de fermeté dans la main.
Fig., Fermeté d’esprit, de jugement, se dit de la Rectitude et de la solidité de l’esprit.
Il se dit également, en termes de Beaux- Arts, surtout dans les Arts du dessin et en Musique, d’une Exécution vigoureuse et hardie. La touche de ce peintre manque de fermeté. Fermeté de pinceau, de crayon. Le jeu de ce musicien a beaucoup de fermeté. La fermeté de son coup d’archet.
Il signifie au figuré Assurance, en parlant de la Manière d’agir ou de parler. La fermeté de sa contenance leur imposait. Parler, répondre avec fermeté. Mettre de la fermeté, beaucoup de fermeté dans ses réponses. La fermeté de son regard.
Il signifie encore Constance, énergie, force morale qui fait braver les obstacles, les périls, qui rend capable de supporter, sans se plaindre, les souffrances, les revers, etc. Cet homme n’a point de fermeté dans le caractère. Une politique sans fermeté. Rappelez maintenant toute votre fermeté. Fermeté de coeur. Fermeté d’âme. Sa fermeté ne s’est pas démentie un seul instant. Il montra une grande fermeté dans le péril.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fermetés — pluriel — /fɛʁməte/
- fermeté — singulier — /fɛʁməte/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fermeté#27066.