fausseté

fausseté

nom, féminin, /fosəte/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Qualité de ce qui est faux.

    Et je connais peu de vrais biens Dont on puisse jamais attendre Le plaisir que me fit la fausseté des miens — Chaulieu (1639-1720)

    Bientôt après on eut des lettres du consul, qui montrèrent la fausseté de ce bruit — Rollin (1661-1741)

  2. Chose fausse.

    C'est à des faussetés sans besoin recourir — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je vous écrivis avant-hier, croyant que ce qui était répandu du retour du prince de Conti à Versailles fût une vérité ; mais j'ai su que j'ai mandé une fausseté, qui est la chose du monde que je hais le plus — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Duplicité, hypocrisie.

    Ce matin encore, elle lui renouvelait en ma présence toutes ces protestations ; quelle fausseté ! — Mme de Genlis (1746-1830)

  4. Terme féodal. Fausseté de jugement, accusation que l'on portait contre le juge, d'avoir menti à sa foi.

Étymologie : Wallon, fâseté ; provenç. falsetat, falsedat ; espagn. falsedad ; portug. falsidade ; ital. falsità ; du latin falsitatem, de falsus, faux 1. Au XIVe siècle et au XVIe on refit le mot sur le latin, disant falsité qui n'est pas resté.

Historique : XIIe s. Vous dites faussetez Je vous pardoin sans nule fauseté XIIIe s. Ge vodroie morir ainçois Qu'amors m'eüst de fausceté Ne de traïson areté [accusé] Mais faussetez, qui partout vole, Qui crestiens tient à escole E despire [mépriser] la vanité Du mund, ki n'est fors fausseé N'est pas fauseté ne mensunge Cil qui fait aucune fauseté en amistié est deux tens pires que cil qui fause or ou argent Jehan Bretel, vos faussetés vous fait çou [cela] dire, bien le sai XIVe s. Or disons après de ceulx qui monstrent verité et de ceulx qui dient ou monstrent falsité en conversation humaine Il confessa l…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Qualité d’une chose fausse, ce qui rend une chose fausse. La fausseté d’une monnaie, d’un manuscrit, d’un tableau. La fausseté des allégations. La fausseté du compte. Fausseté d’écriture, de date. La fausseté de cette nouvelle a été reconnue. La fausseté d’un raisonnement, d’une pensée.

  2. Il signifie aussi Chose fausse. Il m’a dit une fausseté, cent faussetés. Une fausseté reconnue, avérée. C’est une fausseté manifeste.

  3. Il signifie encore Duplicité, hypocrisie. Accusé de fausseté. Il est d’une grande fausseté. Sa fausseté sera démasquée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • faussetés — pluriel — /fosəte/
  • fausseté — singulier — /fosəte/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fausseté#26928.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.