faubourg

faubourg

nom, masculin, /fobuʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Quartier d'une ville situé en dehors de son enceinte. La ville et les faubourgs, tout le monde. Assembler la ville et les faubourgs, exciter un grand concours de monde. Fig. Le dehors.

    Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière d'Oise ; nous pouvons voir de nos faubourgs la fumée des villages qu'ils [les ennemis] nous brûlent — Voiture (1597-1648)

    J'aurai pour confidents la ville et les faubourgs — Destouches (1680-1754)

  2. Dans certaines grandes villes, quartier qui primitivement était un des faubourgs. À Paris, le faubourg Saint-Antoine, le faubourg Saint-Germain. Autrefois à Paris, quand on disait le faubourg, cela voulait dire le faubourg Saint-Germain. Aujourd'hui le faubourg Saint-Germain se nomme quelquefois le noble faubourg, parce que beaucoup de familles appartenant à la noblesse y ont des hôtels. Dans Mme de Sévigné, le faubourg est ordinairement le faubourg Saint-Jacques, où se retiraient les gens dans la dévotion, les jansénistes, etc.

    Il entra [à Paris] par le faubourg Saint-Marceau et crut être dans le plus vilain village de la Westphalie — Voltaire (1694-1778)

    Ces faubourgs aujourd'hui si pompeux et si grands, Que la main de la paix tient ouverts en tous temps, D'une immense cité superbes avenues, Où nos palais dorés se perdent dans les nues, Étaient de longs hameaux de remparts entourés, Par un fossé profond de Paris séparés — Voltaire (1694-1778)

  3. La population des faubourgs de Paris. Soulever les faubourgs.

Étymologie : Picard, forbou, forbourg ; bourguig. faubor ; wallon, fâborg ; bas-lat. foris burgum ; de foris, hors, et burgus, bourg. Cette étymologie est certaine pour toutes les formes où l'r se trouve : forborc, horsborc, forbou, etc. Mais faut-il aussi y rattacher fauxbourg, faubourg, fâborg ? Si on considère ces textes, on voit que fauxbourg est relativement récent ; et dans le bas-latin même, du Cange ne cite falsus burgus que dans une pièce de 1380 ; sans doute on peut concevoir que des fors-bourgs aient été aussi appelés des faux bourgs, des bourgs faux ; cependant, tant qu'on n'aura pas apporté de

Historique : XIIIe s. À toz ceus qui justice et juridiction ont dedens la ville et dedens les forbourgs de Paris Il revint en fourbourc d'Isle [à Laon] XIVe s. Que les maisons des horsborcs soient abatues XVe s. Les Anglois vinrent loger ès faubourgs de Rennes Prenez les champs ou les faulbourgs [choisissez, décidez] XVIe s. Pendant que nous n'en sommes qu'aux faubourgs [de la vieillesse] Le feu s'avance peu à peu, et a desjà consumé les fauxbourgs de la chrestienté Les Fidenates coururent et fourragerent les premiers son païs jusques aux faulxbourgs de Rome Faubourgs sont toutes les maisons hors l'enceint…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. La partie d’une ville qui est au-delà de ses portes et de son enceinte. La ville et les faubourgs.

  2. Il se dit aussi des Quartiers d’une ville qui n’étaient anciennement que des faubourgs. Le faubourg Saint-Germain, le faubourg Saint- Antoine, à Paris.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • faubourgs — pluriel — /fobuʁ/
  • faubourg — singulier — /fobuʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée faubourg#26888.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.