fatal
adjectif, /fatal/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui porte avec soi une destinée irrévocable. Le tison fatal de Méléagre. En ce sens, aujourd'hui, fatal ne s'emploie que absolument ; mais, au XVIIe siècle, il comportait la préposition à et un complément. Terme d'antiquité romaine. Livre fatal, livre sibyllin, recueil de prédictions.
Vint enfin le moment du festin fatal de la reine [Esther], dont le favori [Aman] s'était tant enorgueilli — Bossuet (1627-1704)
Il [Hippolyte] a pour tout le sexe une haine fatale — Jean Racine (1639-1699)
Marqué par le destin. L'instant fatal. L'heure fatale, l'heure de la mort. La barque fatale, la barque dans laquelle le polythéisme raconte que les âmes des morts traversaient l'Achéron pour entrer dans les enfers.
Et par d'heureux exploits forçant la destinée, Trouveront d'Ilion la fatale journée — Jean Racine (1639-1699)
Tant de précautions contre mon jour fatal Me rendraient méprisable et me défendraient mal — Voltaire (1694-1778)
Qui entraîne avec soi quelque suite importante, en bien ou en mal. Le moment fatal qui doit me rendre à jamais heureux ou malheureux.
Qui devait.... De ce fatal accouplement Célébrer l'heureuse journée — Malherbe (1555-1628)
Qui produit du mal, des malheurs. Le coup fatal, le coup qui donne la mort.
Mais le voici ce bras à Rome si fatal — Pierre Corneille (1606-1684)
Le moindre amusement [retard] vous peut être fatal — Molière (1622-1673)
Terme de commerce. Terme fatal, le terme après lequel tout délai expire.
Étymologie : Lat. fatalis, de fatum, destin, proprement ce qui est dit, prononcé, de fari, dire (voy. FABLE).
Historique : XVIe s. Comme les lieux sont fataux Les ans climateriques seroient fataux Le jour de la Pentecoste fut deux fois fatal au roy Henri III, eleu roi de Pologne ce jourlà en 1573, et devenu roi de France le mesme jour
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qu’on ne peut éviter, qui doit arriver inévitablement, qui est fixé d’une manière irrévocable. C’était fatal. Loi fatale. Quand l’heure fatale est arrivée, a sonné. Rien ne peut reculer ce terme fatal, le terme fatal de notre vie. Son pluriel masculin Fatals est peu usité.
Poétiq., La barque fatale, La barque dans laquelle les poètes grecs et romains ont supposé que les âmes des morts traversaient l’Achéron pour entrer dans les enfers.
Il signifie aussi Qui entraîne avec soi quelque suite d’événements importants, qui décide de quelque chose en bien ou en mal. En ces fatales conjonctures. Voici l’instant fatal. Le moment fatal qui doit me rendre à jamais heureux ou malheureux.
Il signifie encore Qui produit de grands malheurs, qui a des suites désastreuses. Ambition fatale. Amour fatal du repos. La bataille de Pharsale fut fatale à la république romaine. Sa beauté lui devint fatale. Cela peut causer au malade une révolution qui lui serait fatale. Cet événement porta le coup le plus fatal, une atteinte fatale à son crédit.
Absolument, Coup fatal, Coup par lequel on donne la mort à quelqu’un. Il lui porta le coup fatal.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- fatales — pluriel féminin — /fatalə/
- fatals — pluriel masculin — /fatal/
- fatale — singulier féminin — /fatalə/
- fatal — singulier masculin — /fatal/
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