faquin
nom, masculin, /fakɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873)
s. m.
Portefaix (sens propre, qui n'est plus du tout usité).
Un tas de faquins qui attendent sur le port ceux qui viennent par eau — Scarron (1610-1660)
Mannequin de bois ou de paille, propre à l'exercice de la lance ; ainsi nommé parce qu'on se servait autrefois de quelque gros faquin armé de toutes pièces contre lequel on courait.
Monseigneur, au sortir du sermon, alla courre la bague et les têtes, et fit courre aussi le faquin — Dangeau (1638-1720)
Fig. Un homme de néant, mélange de ridicule et de bassesse.
Je m'assure qu'à Rome les honnêtes gens louaient Annibal, et qu'il n'y avait que les faquins qui lui dissent des injures — Guez de Balzac (1597-1654)
Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse, Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, Et vous fasse de vous un éloge éclatant, Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant ? — Molière (1622-1673)
Étymologie : Espagn. faquin ; ital. facchino, portefaix. Faquin, récent dans le français, vient de l'italien ; et l'italien facchino est d'origine inconnue. Diez dit que, si on le trouvait dans l'ancien français, il représenterait l'ancien flamand vantkîn, jeune garçon ; mais jusqu'à présent on ne l'y a pas trouvé ; et le mot reste italien. Quant à l'arabe faqîr, pauvre, besoigneux, ni le sens ni la forme n'expliquent suffisamment facchino. Le latin fascis n'aurait pas donné un mot italien avec cc.
Historique : XVIe s. À Paris, en la rostisserie du petit chastelet, au devant de l'ouvroir d'un rostisseur, un faquin mangeoit son pain à la fumée du rost.... le rostisseur repliquoit que de fumée de son rost n'estoit tenu nourrir les faquins, et renioit, en cas qu'il ne le payast, qu'il lui osteroit ses crochets Baston porte paix, et le facquin faix
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Homme de peu de valeur, mal élevé et méprisable. C’est un faquin. Ce n’est qu’un faquin. On l’a traité comme un faquin. C’est un métier de faquin. Faquin fieffé. Il s’est dit d’un Mannequin de bois ou de paille contre lequel on courait avec une lance pour s’exercer.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- faquins — pluriel — /fakɛ̃/
- faquin — singulier — /fakɛ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée faquin#26779.