fantastique
adjectif, /fɑ̃tastikə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui n'existe qu'en fantaisie, en imagination.
L'imagination grossit les petits objets jusqu'à en remplir notre âme par une estimation fantastique ; et par une insolence téméraire elle amoindrit les grands jusqu'à sa mesure, comme en parlant de Dieu — Pascal (1623-1662)
Les Thémistocle, les Miltiade, les Aristide, les Phocion sont persécutés, tandis que Persée, Bacchus et d'autres personnages fantastiques ont des temples — Voltaire (1694-1778)
Qui n'a que l'apparence d'un être corporel. Vision fantastique. Contes fantastiques, se dit en général des contes de fées, des contes de revenants, et, en particulier, d'un genre de contes mis en vogue par l'allemand Hoffmann, où le surnaturel joue un grand rôle. Familièrement, on dit : c'est fantastique, à peu près comme : c'est fabuleux.
Il [Énée] saisit son fer par la garde : Monsieur Aeneas, prenez garde, Dit la sibylle ; ces vilains Sont corps fantastiques et vains Qui découpés ne peuvent être — Scarron (1610-1660)
L'âme sans Dieu est une âme sans vie, sans mouvement, sans lumière.... sa vie n'est plus qu'une vie imaginaire et fantastique ; et, semblable à ces cadavres qu'un esprit étranger anime, elle paraît vivre et agir, mais elle demeure dans la mort — Massillon (1663-1742)
Qui se laisse aller à sa fantaisie, à ses rêveries. Vieilli en ce sens.
Il [Ronsard] avait le cerveau fantastique et rétif — Mathurin Régnier (1573-1613)
S. m. Ce qui n'existe que dans l'imagination. Le fantastique, le genre des contes fantastiques.
L'illusion nous frappe autant que l'existence ; Et, par le sentiment suffisamment heureux, De l'amour seulement nous sommes amoureux ; Ainsi le fantastique a droit sur notre hommage, Et nos feux pour objet ne veulent qu'une image — Alexis Piron (1689-1773)
Étymologie : Provenç. fantastic ; esp. et ital. fantastico, du latin fantasticus, du grec φανταστιϰὸς (voy. FANTAISIE).
Historique : XIVe s. Choses fantastiques Estienne Marcou, home lunatic, ou, par aucuns intervalles ou decours, ainsi que fantastic ou insensible Je parle à toy, sot fantastique, Qui te dis et nomme en pratique Alchimiste et bon philosophe XVIe s. Envers ces fantastiques [rêveurs], ausquels rien ne plaist que nouvelleté, les tesmoignages de l'Escriture ne profitent point beaucoup Nul ne doutera que le corps de Jesus Christ ne soit fantastique ou fantosme, s'il a esté de ceste condition Je resigne cet appetit fantastique [bizarre] à Galba, qui ne s'addonnoit qu'aux chairs dures et vieilles La mule que tu m'a…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui tient de la fantaisie, de l’imagination, qui ne correspond point à la réalité. Un être fantastique. Substantivement, Le fantastique a été à la mode à l’époque du romantisme.
Contes fantastiques, Contes où l’on fait intervenir des esprits, des phénomènes inexplicables.
Il signifie encore Qui est invraisemblable à force de fantaisie. Ce que vous nous racontez là est fantastique. Projets fantastiques.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fantastiques — pluriel — /fɑ̃tastikə/
- fantastique — singulier — /fɑ̃tastikə/
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