fanal

fanal

nom, masculin, /fanal/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Feu qu'on allume durant la nuit au sommet des tours, à l'entrée des ports, le long des plages maritimes. Par extension. Fig.

    Chercher sans boussole un fanal presque inaccessible — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Astre inutile à l'homme [la lune], en toi tout est mystère ; Tu n'es pas son fanal, et tes molles lueurs Ne savent pas mûrir les fruits de ses sueurs — Lamartine (1790-1869)

  2. Grosse lanterne dont on se sert à bord des vaisseaux.

    Au XVIIe siècle, les officiers généraux portaient trois fanaux à l'arrière, auxquels l'amiral en ajoutait un fixé à la grande hune ; alors tous les vaisseaux avaient un fanal derrière — Auguste Jal (1795-1873)

    En 1685, j'eus ordre d'aller à Rochefort armer le Bourbon [vaisseau de 3e rang] et de le mener avec quatre autres vaisseaux à Belle-Ile, pour y joindre M. de Preuilly ; je ne l'y trouvai point ; on me rapporta pourtant qu'il trouvait à redire qu'il y eût trois fanaux au Bourbon, et j'en fis ôter deux dès que je sus qu'ils blessaient sa délicatesse

  3. Il s'est dit, par extension, pour lanterne, réverbère. Faire fanal, allumer le fanal, ou marcher devant avec le fanal pour guider.

    Aujourd'hui les spectacles journaliers, la foule des chars dorés, les milliers de fanaux qui éclairent pendant la nuit les grandes villes, forment un plus beau spectacle et annoncent plus d'abondance que les plus brillantes cérémonies des monarques du XVIe siècle — Voltaire (1694-1778)

    Ces fanaux que Louis XIV établit le premier dans Paris, qui ne sont pas même encore connus à Rome, éclairèrent pendant la nuit la ville de Pétersbourg — Voltaire (1694-1778)

  4. Fig. Ce qui sert de guide, de lumière intellectuelle.

    Ces grandes vérités devinrent autant de fanaux à l'aide desquels on se dirigea dans les recherches scientifiques

Étymologie : Bas-lat. fanale, fanarium ; ital. fanale ; du grec φανὸς, brillant ; comparez falot 1.

Historique : XVIe s. Flodoart, qui vivoit en ce tempslà, duquel j'use en tout ce discours comme d'un fanal pour me conduire dans les obscurités de cette histoire

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sorte de grosse lanterne. Mettre le fanal au grand mât.

  2. Il se dit aussi des Feux qu’on allume durant la nuit sur des tours, à l’entrée des ports et le long des plages maritimes, pour indiquer aux bâtiments la route qu’ils doivent tenir. Voyez

  3. PHARE.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • fanaux — pluriel — /fano/
  • fanal — singulier — /fanal/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fanal#26723.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.