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faiblesse

faiblesse

nom, féminin · /fɛblɛsə/

Usage : fréquent (23 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Manque de force physique.

    À cause de sa faiblesse physique, il peine à monter les escaliers.

    « D'un moment de repos ma faiblesse a besoin »Casimir Delavigne (1793-1843)

  2. Manque de force morale, qui rend indulgent ou facilement influençable.

    Sa faiblesse envers ses enfants l'empêche de les punir.

    « Combattez-vous vos sens ? domptez-vous vos faiblesses ? »Boileau (1636-1711)

    « Me voilà sans défense en proie à vos appas, Ma belle enfant ; mon cœur a beaucoup de faiblesse, Un coup d'œil m'assassine ou tout au moins me blesse »Boursault (1638-1701)

  3. Malaise bref qui fait perdre ses forces, parfois connaissance : il a eu une faiblesse en sortant du métro.

    Elle a eu une faiblesse en pleine chaleur et s'est assise sur un banc.

    Synonyme : malaise.

  4. Défaut, insuffisance dans une œuvre, un raisonnement ou une réalisation.

    La faiblesse de l'argumentation n'a convaincu personne.

    « Songe que la colère, l'envie, l'indignation, la pitié sont des faiblesses indignes d'un philosophe »Diderot (1713-1784)

    « Quelle folie que celle d'un jeune homme qui croit à la fidélité d'une femme déjà célèbre par ses faiblesses, et à qui l'attrait du plaisir a fait oublier la pudeur ! »Marmontel (1723-1799)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : avoir une faiblesse pour · dans un moment de faiblesse

Grammaire et formes (2)
  • faiblesses : pluriel · /fɛblɛsə/
  • faiblesse : singulier · /fɛblɛsə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 12 sens

s. f.

  1. Manque de force. La faiblesse du corps.

    Je ne sais ce que j'ai : je suis sans fièvre, je tousse moins, je dors très bien ; mais ma faiblesse est extrêmeMme de Maintenon (1635-1719)

    Elle [l'âme] ne doit plus se regarder elle-même, ni s'arrêter à la disproportion qu'elle trouve entre sa faiblesse et les difficultés de la voie où Dieu l'appelleMassillon (1663-1742)

  2. Il se dit des facultés intellectuelles. Faiblesse de jugement. La faiblesse de sa mémoire.

  3. Manque de puissance, de ressources.

    La faiblesse des petits États n'autorise point à méconnaître leurs droits

  4. Défaillance, évanouissement.

    Je vous vois prêt, monsieur, à tomber en faiblesseMolière (1622-1673)

    Voilà une faiblesse qui prend à M. de Chaulnes avec le frissonMme de Sévigné (1626-1696)

  5. Fig. Manque de talent, de capacité. Cet orateur a été d'une faiblesse extrême dans la discussion. Il se dit, dans un sens analogue, des productions de l'art et de l'esprit. La faiblesse du style. La faiblesse d'un raisonnement, d'un argument, leur insuffisance à prouver ce qui est en question.

    Molière sentit d'ailleurs la faiblesse de cette petite comédie, et ne la fit point imprimerVoltaire (1694-1778)

    Il a fallu que longtemps après il soit venu un homme supérieur, pour que les Français qui ne jugent des arts que par comparaison, sentissent combien la plupart des airs détachés et des symphonies de Lulli ont de faiblesseVoltaire (1694-1778)

  6. Manque de force morale. On dit de même faiblesse de caractère, d'âme, d'esprit, de cœur, de courage, de résolution.

    Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse ; Je fuis l'ambition, mais je hais la faiblessePierre Corneille (1606-1684)

    C'est faiblesse d'attendre Le mal qu'on voit venir, sans vouloir s'en défendrePierre Corneille (1606-1684)

  7. Complaisance, inclination qui se laisse aller. Les faiblesses d'une mère pour ses enfants.

    Ah ! que vous savez bien ici contre moi-même, Perfide, vous servir de ma faiblesse extrême !Molière (1622-1673)

    Je ne veux dire aucune douceur à M. de Grignan ; je me sens une telle faiblesse pour lui que je me fais scrupule de toutMme de Sévigné (1626-1696)

  8. Défaut de raison, d'empire sur soi-même, et actes qui en sont la suite.

    Je vous prie de ne point parler de mes faiblesses, mais vous devez les aimer, et respecter mes larmes, puisqu'elles viennent d'un cœur tout à vousMme de Sévigné (1626-1696)

    J'honore votre force et votre philosophie, et je ne ferai confidence de mes faiblesses qu'à ceux qui n'ont pas plus de courage que moiMme de Sévigné (1626-1696)

  9. Faiblesse se dit en parlant d'une femme qui n'a pas résisté à la séduction.

    Quelle folie que celle d'un jeune homme qui croit à la fidélité d'une femme déjà célèbre par ses faiblesses, et à qui l'attrait du plaisir a fait oublier la pudeur !Marmontel (1723-1799)

  10. En parlant des choses, manque de solidité ou de force. La faiblesse d'une poutre, d'une digue, d'une corde. La faiblesse d'une place de guerre, d'un poste.

  11. Il se dit de ce qui est peu considérable en son genre. Malgré la faiblesse du nombre ils voulurent combattre. La faiblesse de nos connaissances.

    La faiblesse de sa voix [d'Isocrate], jointe à une timidité naturelle, l'avait empêché de se produire en public et de monter, comme les autres, sur la tribune aux haranguesRollin (1661-1741)

    L'expédition de l'amiral Anson est une preuve de ce que peut un homme intelligent et ferme malgré la faiblesse des préparatifs et la grandeur des dangersVoltaire (1694-1778)

  12. La faiblesse d'un poids, d'une mesure, d'une monnaie, condition d'un poids, d'une mesure, d'une monnaie qui sont un peu au-dessous de la valeur légale.

Étymologie : Faible ; Berry, faibleté ; provenç. febleza ; anc. catal. feblea. L'ancien français avait aussi foibleté, qui est resté dans certains patois.

Historique : XIIIe s. Et il ala tout chancelant pour la feblesce de sa maladie, et prist le dey [dé] et les tables et les geta en la mer Grant peché firent cil qui lui loerent [conseillèrent] l'alée, à la grande flebesce là où son corps estoit XIVe s. S'il [les ligaments des vertèbres] estoient poi, il ne pourroient le chief soustenir pour leur feblesce XVIe s. Il lui prit une foiblesse, dont elle se pasma incontinent et perdit la parole entierement

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens

n. f.

  1. Manque de force, de vigueur. Il n’a plus de fièvre, mais il lui est resté une grande faiblesse. Faiblesse de jambes. Faiblesse de vue. Faiblesse de voix. Faiblesse de reins. La faiblesse du pouls. J’ai pitié de sa faiblesse. On le dit également en parlant de l’Intelligence. Faiblesse du jugement, de mémoire, de conception. La faiblesse de notre intelligence, de nos facultés.

  2. Il signifie aussi Défaillance, évanouissement, syncope. Il lui a pris une faiblesse. Il eut une longue faiblesse. Il a de fréquentes faiblesses. Tomber en faiblesse. Revenir d’une faiblesse.

  3. Il signifie encore Manque de puissance, de ressources. La faiblesse humaine. La faiblesse de l’ennemi n’était qu’apparente. La faiblesse des petits états.

  4. Il signifie de même figurément Manque de talent. Cet orateur a été d’une grande faiblesse dans la dernière discussion. On l’applique également, dans ce sens, aux Productions de l’art ou de l’esprit. Tous ces tableaux sont d’une extrême faiblesse. Ce passage est d’une faiblesse qui étonne chez un si grand écrivain. Faiblesse d’exécution. Faiblesse de style.

  5. Il signifie encore figurément Manque de force morale qui dispose à trop d’indulgence, ou qui rend facile à troubler, à émouvoir. Ce père est d’une faiblesse inexcusable. Il a montré dans cette occasion beaucoup de faiblesse. Ils traitent son indulgence de faiblesse. Allons, point de faiblesse. Il a la faiblesse de croire tout ce qu’on lui dit. Il eut la faiblesse de n’oser répondre. Surmonter sa faiblesse. On dit dans le même sens Faiblesse de caractère. Faiblesse d’âme. Faiblesse d’esprit. Faiblesse de coeur.

  6. Avoir de la faiblesse pour quelqu’un, Ne pas pouvoir, ne pas savoir lui résister. Ce maître a beaucoup trop de faiblesse pour ses élèves. Il faut excuser la faiblesse d’une mère pour ses enfants.

  7. Il se dit quelquefois d’un Défaut de raison, d’empire sur soi-même, et des Fautes qui en sont la suite. Les faiblesses de l’humanité. Il y a des faiblesses qui sont bien pardonnables. Les faiblesses du coeur. La curiosité est une faiblesse commune à bien des gens.

  8. Il se dit particulièrement en parlant d’une Femme qui n’a pas résisté à la séduction. Cette première faiblesse la perdit de réputation. Elle sut faire oublier ses faiblesses.

  9. Il se dit aussi du Manque ou du peu de grosseur, d’épaisseur, de force, de solidité de certaines choses. La faiblesse d’une poutre, d’un pilier, d’un support.

  10. Il se dit encore figurément, tant au sens physique qu’au sens moral, en parlant d’une Chose peu considérable en son genre. Malgré la faiblesse du nombre, ils voulurent combattre. La faiblesse de ses ressources, de son revenu. La faiblesse de cette résistance étonna l’ennemi. La faiblesse de nos connaissances. La faiblesse d’un raisonnement, d’un argument, d’une preuve. La faiblesse de son zèle, de son amitié.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée faiblesse#26639.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.