faction

faction

nom, féminin, /faksjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de faire, au sens propre qui ne subsiste plus que dans un terme d'alchimie : faction de l'œuvre divin, accomplissement, perfection, achèvement du grand œuvre. Terme de droit romain. Faction de testament, capacité de faire un testament ou de recevoir par testament, et, en général, d'intervenir dans un testament.

  2. Il se disait, dans la latinité, pour société de gens qui faisaient la même chose ; de là le nom donné aux différentes troupes de concurrents aux jeux du cirque. Les factions du cirque.

  3. Parti remuant et séditieux dans un État, dans un corps (sens qui dérive facilement du sens d'association).

    Lorsque deux factions divisent un empire — Pierre Corneille (1606-1684)

    Comme la faction d'Annibal était alors la plus puissante, on n'eut aucun égard aux remontrances d'Hannon — Rollin (1661-1741)

  4. La garde que fait un soldat en un poste (sens qui dérive du sens d'action de guerre, d'expédition, qu'a eu faction). Entrer en faction. Faire sa faction. Faction d'une heure. Sa faction est de telle à telle heure. Relever de faction, retirer un soldat du poste où il avait été placé pour faire la garde. Fig. et familièrement. Attente prolongée. Je n'aime pas à faire faction dans la rue.

    Il me dit.... Qu'il avait tant servi, tant fait la faction — Mathurin Régnier (1573-1613)

    La mort lui fut nuit et jour toujours présente ; car il ne connaissait plus le sommeil.... jamais il ne fut si attentif : Je suis, disait-il, en faction — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Lat. factionem, proprement pouvoir de faire, de facere, faire.

Historique : XIVe s. Faction n'est autre chose que aucune aliance privée si come est conspiration ou conjuration ou machination Faction ou operation de melodies XVIe s. Limoux, ville du Languedoc, divisée par la Garonne, l'estoit aussi par les deux factions Lui et les siens à son exemple ne faisoient plus aucunes factions [gardes] Le soldat qui estoit en faction à la porte En toutes les factions, prises des villes et generallement toutes entreprises qui s'offrirent, il fut toujours des premiers À la guerre, avant aller aux factions, chascun s'assaye de son costé de gaigner la bonne grace des dieux Ayant fa…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. militaire

  2. Le guet que font successivement les soldats d’un poste. être en faction. être de faction. C’est mon tour de faction. être relevé de faction.

  3. Il se dit, par extension, à propos de Toute personne qui se tient dans un endroit pour guetter ou attendre quelqu’un ou quelque chose. Je me suis mis en faction devant sa porte.

  4. Il signifie aussi Parti politique ou civil qui cherche à provoquer des troubles. Il y avait deux factions dans cet état, dans cette ville. Ils sont divisés, partagés en plusieurs factions. La faction qui lui était opposée. Se mettre à la tête d’une faction. Un état déchiré par les factions.

  5. Il se dit en général, sans emporter une idée de méfiance et sans intention péjorative, d’un Groupement dans une assemblée. Au Conclave, la faction de la France prévalut.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • factions — pluriel — /faksjɔ̃/
  • faction — singulier — /faksjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée faction#26589.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.