extase
nom, féminin, /ɛkstazə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme de la vie mystique. Élévation extraordinaire de l'esprit, dans la contemplation des choses divines, qui détache une personne des objets sensibles jusqu'à rompre la communication de ses sens avec tout ce qui l'environne.
Ce songe de Salomon était une extase où l'esprit de ce grand roi, séparé des sens et uni à Dieu, jouissait de la véritable intelligence — Bossuet (1627-1704)
Par les ravissements, les transports et les extases où son corps demeurait suspendu et immobile — Fléchier (1632-1710)
Par extension, vive admiration, volupté intime qui absorbe tout autre sentiment.
La joie de Psyché fut grande, si l'on doit appeler joie ce qui est proprement extase ; encore ce mot est-il faible, et n'exprime pas la moindre partie du plaisir que reçut la belle — La Fontaine (1621-1695)
Vous avez voyagé à la suite d'Alexandre et vous n'êtes point en extase d'admiration — Voltaire (1694-1778)
Terme de médecine. Affection du cerveau dans laquelle l'exaltation de certaines idées, absorbant l'attention, suspend les sensations, arrête les mouvements volontaires, et même ralentit quelquefois l'action vitale. L'extase diffère de la catalepsie, en ce que, dans la catalepsie, les fonctions intellectuelles sont complétement suspendues, tandis que dans l'extase elles sont seulement détournées.
Distraction, prétexte (sens aujourd'hui inusité).
Les princes n'en peuvent jamais sauver leur réputation par les mêmes extases qui en préservent les subalternes — Cardinal de Retz (1613-1679)
Étymologie : Provenç. extazis, exthasis ; espagn. extasis ; ital. estasi ; du grec ἔϰτασις, transport, de ἐξ, hors, et στάσις, base, fondement, de même radical que le latin stare, être debout (voy. STABLE).
Historique : XIVe s. Cavernes ou fosses dont vent issoit tel que il perturboit les sens des approchans et les mettoit aussi comme en extasie XVIe s. De quoy ces princes rioient si fort, qu'ils en tomboient en spasme et estaze
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Ravissement d’esprit qui, par une contemplation intense, transporte un être hors de la vie des sens. Longue extase. être en extase. Avoir des extases. être ravi en extase. Tomber en extase. Dans l’extase, l’âme a le sentiment qu’elle communique avec l’être infini et parfait.
En termes de Médecine, il signifie Vive exaltation qui suspend la sensibilité et la volonté.
Il se dit figurément d’une Vive admiration, d’un plaisir extrême qui absorbe tout autre sentiment. Quand il vit de si belles choses, il fut en extase. Il la contemplait avec extase. Cette musique le plongea dans une extase délicieuse.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- extases — pluriel — /ɛkstazə/
- extase — singulier — /ɛkstazə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée extase#26406.