évertuer (s')
verbe
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)
Littré (1873)
v. réfl.
Faire vertu, faire effort pour arriver à quelque chose de louable ; s'efforcer de. Avec un nom de chose pour sujet.
Il n'est pas digne d'un chrétien de ne s'évertuer contre la mort qu'au moment qu'elle se présente pour l'enlever — Bossuet (1627-1704)
Ma constance contre elle à regret s'évertue — Pierre Corneille (1606-1684)
Il se dit aussi de tout effort. Absolument. Se remuer, donner signe d'activité.
L'alarme vient trop tard, en vain on s'évertue — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Il laisse la tortue, Elle part, elle s'évertue — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : É- pour es- préfixe, et vertu ; provenç. esvertudar.
Historique : XIe s. [Il] Met sei sur piet, quanqu'il pot, s'esvertue XIIIe s. Pour l'amor la pucele [il] s'esvertue et esforce ; Les escus froisse et fent com s'il fussent d'escorce Adonc d'amis me resovint ; Esvertuer lors me convint Amors li entre ou cuer, et li sans li remue ; De desirrier fremist et d'espoir s'esvertue Dans Pierres li ermites à la barbe canue Del ferir sor les Turcs durement s'esvertue XVIe s. Eux qui sont soubmis à la royauté, doyvent esvertuer toutes leurs forces pour faire service à leur souverain
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ÉVERTUER (S').