évêque
nom, masculin, /evɛkə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Prélat chargé de la direction spirituelle d'une circonscription territoriale qui fut réglée dans l'origine sur les diocèses de l'administration romaine et qui comprend un certain nombre de paroisses. Nommer, préconiser un évêque. Les évêques ont le titre de Monseigneur. Évêque in partibus infidelium, ou, simplement et par abréviation, évêque in partibus, évêque dont le diocèse est dans les pays des infidèles, et qui, par conséquent, n'a point de siége effectif. Disputer, se débattre de la chape à l'évêque, voy. CHAPE.
Le chapitre où il est dit que, si un pape parlant d'un évêque l'appelle son fils au lieu de l'appeler son frère, au préjudice de la société qui est entre lui et tous les évêques du monde dans l'épiscopat, l'acte où se trouve une telle expression soit nul — Pascal (1623-1662)
Les évêques, écrivant à Louis, frère de Charles le Chauve, lui disaient : Ayez soin de vos terres, afin que vous ne soyez pas obligé de voyager sans cesse par les maisons des ecclésiastiques, et de fatiguer leurs serfs par des voitures — Montesquieu (1689-1755)
Quelques communions protestantes ont gardé l'épiscopat, par exemple l'Église anglicane.
Car que peuvent des évêques qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire et la révérence qu'on doit à la succession, en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs jusqu'à la source même de leur sacre, c'est-à-dire jusqu'au pape saint Grégoire et au saint moine Augustin son disciple et le premier apôtre de la nation anglaise ? — Bossuet (1627-1704)
Évêque des champs, ou évêque de campagne qui donne la bénédiction par les pieds, ancienne locution pour dire pendu. Évêque d'Avranches, s'est dit pour penaud (on ignore d'où vient cette locution).
[Nous] Eussions été par ces méchants Faits au moins évêques des champs — Scarron (1610-1660)
[Il s'agit du diable qui voulait happer l'âme de Dagobert mourant, et passa près d'un saint] qui se mit en prières Pour que cette âme esquivât les chaudières Du faux glouton, qui reparaît bientôt Non pas alègre et gai comme tantôt, Mais traînant l'aile et la queue et la hanche, Penaud, maté, tout évêque d'Avranche — Alexis Piron (1689-1773)
Nom de plusieurs oiseaux d'Amérique, à plumage bleu, du genre du tangara.
Pierre d'évêque, sorte de quartz améthyste ; ainsi dite, parce qu'on fait avec cette pierre les chatons des anneaux pastoraux.
Bonnet d'évêque, nom, au théâtre, des petites loges du cintre, ainsi dites à cause de leur forme.
Détacher, découper, faire le bonnet d'évêque, se dit d'une manière de découper une dinde qui consiste à détacher les cuisses d'un seul morceau avec le croupion ; ce morceau, posé debout avec le croupion en l'air, a quelque ressemblance avec une mitre. Devenir d'évêque meunier, passer d'une bonne à une médiocre condition, déchoir. Quelques-uns croient qu'on disait primitivement d'évêque devenir aumônier, d'après certain conte que l'on rapporte, DE BRIEUX. (Il n'y a aucune trace de cette prétendue ancienne manière de dire.) Un chien regarde bien un évêque, voy. CHIEN. Le proverbe a dit autrefois : Évêque d'or, crosse de bois ; Mais tout au rebours il dit or [maintenant] : Évêque de bois, crosse d'or.
On le dépouilla de son riche bénéfice, pour le faire évêque de Zamora, petit diocèse de quatre mille écus de rente ; c'était en quelque sorte devenir d'évêque meunier — Lesage (1668-1747)
Étymologie : Provenç. evesques, avesque, vesque, bisbe ; espagn. obispo ; portug. bispo ; ital. vescovo ; du latin episcopus, de ἐπίσϰοπος, proprement surveillant, de ἐπὶ, sur, et σϰοπεῖν, examiner. L'ancien français disait evesque et vesque ; cette dernière forme provient du provençal, qui lui-même fait, bien que rarement, comme l'italien, le retranchement de la première syllabe du mot.
Historique : XIe s. Assez i ad evesques et abés XIIe s. En la terre le conte de Champaigne se croisa Garniers li vesques de Troies Le soudanc, qui estoit joene et legiers, s'enfui en la tour que il avoit fet faire, avec trois de ses evesques [imans] qui avoient mangié avec li XVIe s. Flambeau de la guerre civile Et porte-enseigne des mechants, Si tu n'es evesque de ville, Tu seras evesque des champs Qui m'ont, par le moyen du feu roi, fait de meunier devenir evesque
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Prélat chargé de la conduite d’un diocèse. Les évêques sont les successeurs des apôtres. évêque de telle ville. On l’a fait évêque. Nommer, préconiser, consacrer un évêque.
évêque in partibus infidelium, ou, plus ordinairement, évêque in partibus, évêque pourvu par le Pape d’un évêché dont le territoire est ou était au pouvoir des infidèles. On dit aujourd’hui évêque titulaire.
Prov. et pop., Un chien regarde bien un évêque, On ne doit pas s’offenser d’être regardé par un inférieur.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- évêques — pluriel — /evɛkə/
- évêque — singulier — /evɛkə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée évêque#67364.