évanouir (s') · évanouir (s’)

évanouir (s')

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

v. réfl.

  1. Disparaître sans laisser de traces. Par extension. Avec suppression du pronom personnel, quand certains verbes, voir, sentir, faire, etc. précèdent. Faire évanouir, dissiper, détruire. Cette nouvelle a fait évanouir toutes nos espérances. Terme d'algèbre. Faire évanouir une inconnue, la supprimer à l'aide d'une opération dans une équation. Ainsi x+y=a, x-y=b ; en ajoutant ces deux équations, il vient 2x=a+b ; y s'est évanoui.

    Là périssent et s'évanouissent toutes les idoles, et celles qu'on adorait sur des autels, et celles que chacun servait dans son cœur — Bossuet (1627-1704)

    Dans les pays de commerce, l'argent qui s'est tout à fait évanoui revient, parce que les États qui l'ont reçu le doivent — Montesquieu (1689-1755)

  2. Perdre connaissance, tomber en faiblesse. À cette nouvelle elle s'est évanouie. Faire évanouir, causer une faiblesse, une perte de connaissance. L'hémorragie l'a fait évanouir.

Étymologie : Provenç. esvanuir ; ital. svanire ; de es - préfixe, et le lat. vanescere, disparaître, de vanus, vain (voy. ce mot), avec intercalation de la voyelle u, ou (comme dans épanouir), voyelle dont la nature est douteuse ; on trouve dans du Cange evanuare en un texte du XIIIe siècle. L'ancien français avait aussi envanir : XIIe s. E me volent vers vus mesler et mal tenir, E l'amur et la pais defaire e envanir ; XIIIe s. Li sainz s'en va e s'envani

Historique : XIIe s. E, ço dit, [les deux anges] s'esvanoïrent Li duz esvanoïz del sanc Qui li isseit parmi le flanc .... XIIIe s. Ensinc ont bien entendu li message ce que Merlins leur a dit, et il se tornent autre part por parler ansamble, et cil s'esvanoist, et, quand cil se retornent por parler à lui, si l'orent perdu Quand il urent fini lur diz, De mes oiz [yeux] sunt il evaniz Quant jel vi, tant m'en esjoï, Qu'à poi ne m'en esvanoï XIVe s. Celle delettacion est aussi comme evanuie et absorbée, et ne la sent l'en pas Le pacient s'esvanoïst et est descoulouré XVe s. Ne demoura guere que la rougeur s'ev…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ÉVANOUIR (S').

évanouir (s’)

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (3 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

v. pron.

  1. Tomber en faiblesse, perdre connaissance. Cette femme s’évanouit en apprenant la mort de son mari. Elle s’est évanouie à cette nouvelle.

  2. Il signifie aussi, en parlant des Choses. Disparaître sans laisser de traces. Ce météore n’a fait que paraître un moment et s’est évanoui. Tous les grands biens qui étaient dans cette famille se sont évanouis. Mon bonheur s’est évanoui comme un songe. Une gloire évanouie.

  3. En termes d’Algèbre, Faire évanouir une inconnue, La faire disparaître d’une équation.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée ÉVANOUIR (S’).

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.