étrivière
nom, féminin, /etʁivjɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Courroie à laquelle est suspendu l'étrier. Coup d'étrivière, coup donné avec l'étrivière. Ce cheval ne marche qu'à coups d'étrivières. Fig. Allonger l'étrivière, susciter une difficulté nouvelle, un nouveau retard.
On peut lui donner cent coups d'étrivières — Voltaire (1694-1778)
Au plur. Coups d'étrivières. Recevoir les étrivières. Fig.
Il me fera donner les étrivières si je ne le salue — Pascal (1623-1662)
Les fouets hâtifs sont déployés, Qui de cent diverses manières Donnent à l'air les étrivières — Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)
Fig. Tout mauvais traitement qui humilie ou déshonore. Il ne s'en est tiré qu'avec les étrivières. S'en tirer avec les étrivières, se dit aussi des entreprises où l'on reçoit quelque dommage, des affaires où l'on perd de l'argent.
Monsieur de l'épée royale, vous aurez au premier jour, les étrivières de ma façon — Dancourt (1661-1725)
Étymologie : Anc. franç. estrif, étrier (voy. ÉTRIER) ; provenç. estrubieira ; espagn. estribadera ; portug. estribeira.
Historique : XIIe s. Li chevax venoit trestoz seus [seul] ; S'ot de sanc tainte l'estriviere XIIIe s. Li lormier de Paris pueent taillier et faire taillier leur renes, leur chenetes, leur poitriaus, leur estrivieres et toutes les choses qui à leur mestier apartienent Toutes manieres de genz autres que chevaliers ne se deivent combatre à pié, en bliaus ou en cotes rouges et chauces rouges à estrivieres, sanz soliers XVIe s. Or si quelqu'un estrivoit, assavoir s'il y a eu un Platon, je vous prie, ne l'estimeroit-on pas digne d'estre chastié de bonnes estrivieres ? Ses vers sont faicts à estriviere, Fort cour…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Courroie qui sert à porter les étriers. Raccourcir une étrivière. Il s’est fait des étrivières de corde. Donner des coups d’étrivière.
Il se dit souvent, au pluriel, des Coups qu’on donne avec cette courroie, et alors on l’emploie presque toujours absolument. Donner les étrivières. Il a eu les étrivières. Menacer quelqu’un des étrivières.
Il se dit de même, figurément et familièrement, de Tout mauvais traitement qui humilie. Il s’est laissé donner les étrivières. Il est vieux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- étrivières — pluriel — /etʁivjɛʁə/
- étrivière — singulier — /etʁivjɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée étrivière#67218.