étranger

étranger

adjectif, /etʁɑ̃ʒe/

Définitions

  1. Qui appartient à une autre nation ou en provient.

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  2. Qui ne fait pas partie d'un groupe, d'une famille ou d'un ensemble donné.

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  3. Qui n'a pas de rapport avec une chose ou qui n'y est pas mêlé.

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  4. Qui est inconnu de quelqu'un ou ne lui est pas familier.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (14 sens) — Académie 1935 (17 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport aux autres pays. Les coutumes, les mœurs étrangères. Les langues étrangères. Affaires étrangères, relations d'un État avec les gouvernements étrangers. Ministre des affaires étrangères, le ministre chargé de diriger les affaires étrangères. On dit de même le ministère, le département des affaires étrangères. Être étranger dans son pays, ne pas en connaître les usages. Par extension. Être étranger dans sa famille, ne savoir pas les affaires de sa maison. N'être étranger nulle part, avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, pour être bien vu, bien accueilli partout. Terme de peinture. Lumière étrangère, lumière différente de la principale, et ménagée artistement pour le bon effet du tableau.

    Rome par une loi que rien ne peut changer N'admet avec son sang aucun sang étranger — Jean Racine (1639-1699)

    La Grèce me reproche une mère étrangère — Jean Racine (1639-1699)

  2. Qui n'appartient pas à. Avec quoi on n'a pas de rapport. Qui ne concerne pas.

    On écarte tout cet attirail qui t'est étranger, pour pénétrer jusqu'à toi qui n'es qu'un fat — La Bruyère (1645-1696)

    Que d'imitateurs votre rang n'a-t-il pas donnés à vos désordres ! ....que de crimes étrangers sur lesquels on ne s'avise pas même d'entrer en scrupule ! — Massillon (1663-1742)

  3. En parlant des personnes, qui n'est pas parent.

    Et les fils de ce roi, Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi — Jean Racine (1639-1699)

    Il fut assassiné par des mains étrangères — Voltaire (1694-1778)

  4. Qui ne se mêle point d'une chose, qui n'y a point de part, qui n'y prend point de part. Il n'est pas étranger à cette émeute. Absolument. Être étranger à une science, à un art, n'en avoir aucune notion. Être étranger à une compagnie, n'en pas faire partie. Être étranger à toute humanité, n'avoir aucun sentiment d'humanité.

    Je ne suis pas assez étranger aux affaires publiques pour ignorer.... — Raynal (1713-1796)

    Si la reine étrangère à la publique ivresse — Népomucène Lemercier (1771-1840)

  5. Qui n'a point de liaison, d'intimité avec.

    Nous sommes devenus absolument étrangers l'un à l'autre — Mme de Genlis (1746-1830)

  6. Qui n'a aucun rapport, aucune conformité avec l'objet dont on parle. Une dissertation étrangère au sujet. Des citations étrangères à la cause. Qui n'est pas naturel ou propre à une personne ou à une chose. Se montrer sous des dehors étrangers.

    Cette voie est basse, indigne et étrangère — Pascal (1623-1662)

    Tout est étranger dans l'humeur, les mœurs et les manières de la plupart des hommes — La Bruyère (1645-1696)

  7. En parlant des choses, ignoré de. Cette science lui est tout à fait étrangère. Ignoré, en parlant des sentiments. La bienveillance lui est étrangère. La haine lui est étrangère. Absolument.

    Avez-vous quelque notion de physique et d'histoire naturelle ? Rien de tout cela ne m'est étranger — Mme de Genlis (1746-1830)

    Tout autre sentiment nous doit être étranger — Voltaire (1694-1778)

  8. Qui est inconnu. Les traits de cet homme ne me sont pas étrangers.

    Ma voix ne t'est pas étrangère — Jean Racine (1639-1699)

  9. Terme de chimie. Qui n'est pas de même nature que le corps auquel il est uni, allié. Des métaux purifiés de tout corps étranger. Terme de chirurgie. Corps étranger, toute chose qui se trouve engagée contre nature dans les parties vivantes. Une balle, une esquille sont des corps étrangers qui compliquent souvent les plaies.

  10. S. m. Un peuple étranger.

    L'étranger est en fuite et le Juif est soumis — Jean Racine (1639-1699)

    L'étranger envahit la France Et je maudis tous ses succès — Béranger (1780-1857)

  11. Les pays étrangers. Vivre à l'étranger. Les ouvrages français qui s'impriment à l'étranger. Passer à l'étranger, s'expatrier. Ce que nous disons l'étranger, se disait, au XVIIIe siècle, le pays étranger.

    S'il était possible qu'elle [l'Encyclopédie] s'imprimât dans le pays étranger, en continuant, comme de raison, à se faire à Paris.... — D'Alembert (1717-1783)

  12. Caractère d'étranger.

    Quoiqu'avec beaucoup d'étranger dans ses expressions et dans son accent, il [Law] s'exprimait en fort bons termes — Saint-Simon (1675-1755)

  13. Ce qui est étranger, non naturel.

    Par l'addition de l'étranger et du superflu, vous effacez souvent le propre et l'essentiel — Guez de Balzac (1597-1654)

  14. S. m. et f. Étranger, étrangère, une personne qui n'est pas du pays où elle se trouve. Celui, celle qui n'est pas d'une famille. Il a légué presque tout son bien à des étrangers. Il ne faut pas que les étrangers voient les papiers ni sachent les secrets de notre famille.

    Songez qu'un même jour leur ravira leur mère Et rendra l'espérance au fils de l'étrangère — Jean Racine (1639-1699)

    Huit ans déjà passés, une impie étrangère.... — Jean Racine (1639-1699)

Étymologie : Nivernais, étranzé ; bourguig. étraingé ; provenç. estrangier, estranher ; catal. estranger ; espagn. extrangero ; portug. estrangeiro ; ital. straniere ; du latin fictif extranearius, d'extraneus, (voy. ÉTRANGE).

Historique : XVe s. Tuit estrangier l'ament et ameront [Paris] ; Car pour deduit, et pour estre jolis, Jamais cité tele ne trouveront ; Rien ne se puet comparer à Paris XVIe s. Ces exemples estrangiers ne sont pas estranges si nous considerons.... Par ce moyen ne pouvoient les Lacedemoniens achepter marchandises estrangeres Banni de son pays, estranger en province estrange Mais comment voudriez-vous la France abandonner, Quand tous les estrangers y veulent sejourner ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est d’une autre nation, qui appartient, qui a rapport à une autre nation. Coutumes, lois étrangères. Les gouvernements étrangers. La guerre civile et la guerre étrangère. Langue étrangère. Accent étranger. Pays étrangers. Il a l’air étranger. Les puissances étrangères. Les ministres étrangers résidant à Paris. Les nations étrangères. Un peuple étranger.

  2. Ministre des Affaires étrangères, Ministre qui entretient les relations de l’état avec les gouvernements étrangers. On dit dans un sens analogue Le ministère, le département des Affaires étrangères.

  3. Fig., être étranger dans son pays, Ne point en connaître les usages, ou Ignorer ce qui s’y passe, n’y prendre aucun intérêt, ou bien encore, dans un autre sens, être exclu, être tenu à l’écart de toute influence ou de la vie générale. N’être étranger nulle part, Avoir ce qu’il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, ou pour être bien vu, bien accueilli partout. Cet homme sait presque toutes les langues de l’Europe, il n’est étranger nulle part. Avec une telle célébrité, on n’est étranger nulle part.

  4. Dans cette acception, il s’emploie souvent comme nom et se dit d’une Personne qui n’est pas du pays où elle se trouve. C’est un étranger. Il a épousé une étrangère. Accueillir les étrangers. Les étrangers sont bien reçus en France.

  5. Il s’emploie aussi comme nom masculin pour désigner les Pays étrangers. Faire passer des marchandises à l’étranger. Les ouvrages français qui s’impriment à l’étranger. S’établir à l’étranger, S’expatrier. Vivre à l’étranger. Venir de l’étranger.

  6. Il désigne aussi Celui, celle qui n’est pas d’une famille, d’une société, etc. Il a donné son bien à un étranger pour l’ôter à ses parents. Il est brouillé avec toute sa famille et ne voit que des étrangers. Nous voulons rester entre nous, ne laissez entrer aucun étranger.

  7. ÉTRANGER signifie par extension Qui ne se mêle point d’une chose, d’une affaire, qui n’y a point de part. Je suis tout à fait étranger à cela, à cette affaire, à cette intrigue. Il resta toujours étranger à ce qui se passait, aux mesures qui furent prises. Je me gardai bien de prendre part à cette orageuse discussion et, quoique présent, j’y restai tout à fait étranger.

  8. être étranger à une science, à un art, etc., N’en avoir aucune notion, aucune connaissance. Les personnes les plus étrangères à la peinture sentent les beautés de ce tableau. Cet homme est absolument étranger à la musique, à la science, etc.

  9. être étranger à toute humanité, N’avoir aucun sentiment d’humanité.

  10. être étranger à une compagnie, à une famille, etc., N’en pas faire partie. Les personnes étrangères à l’association, à la famille.

  11. Devenir étranger à une personne, Cesser d’avoir des rapports avec elle. Nous sommes devenus absolument étrangers l’un à l’autre.

  12. Il se dit également d’une Chose, d’une science, d’un art, que l’on ne connaît pas ou auxquels on est indifférent. Ces considérations me sont tout à fait étrangères. La musique, la chimie lui est entièrement étrangère.

  13. Ses traits ne me sont pas étrangers, Je crois avoir déjà vu cette personne.

  14. Il se dit encore de Ce qui n’a aucun rapport ou aucune conformité avec la chose dont il s’agit. Un fait étranger à la cause. Une dissertation étrangère au sujet.

  15. ÉTRANGER se dit aussi de Ce qui n’est pas naturel ou propre à une personne, à une chose. Une femme qui emprunte des charmes étrangers. Il se targue d’un mérite qui lui est étranger.

  16. Il se dit pareillement des Choses qui ne sont pas de même nature que le corps auquel elles sont unies, alliées. De l’argent combiné avec des substances, des matières étrangères.

  17. En termes de Chirurgie et de Médecine, Corps étranger, Toute chose qui se trouve accidentellement dans le corps de l’homme ou de l’animal, comme des morceaux de bois, de plomb, de linge, de drap, etc. Pour guérir cette blessure, il faut en retirer ce corps étranger. Cette plaie ne se fermera pas tant qu’il y restera un corps étranger.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • étrangères — pluriel féminin — /etʁɑ̃ʒɛʁə/
  • étrangers — pluriel masculin — /etʁɑ̃ʒe/
  • étrangère — singulier féminin — /etʁɑ̃ʒɛʁə/
  • étranger — singulier masculin — /etʁɑ̃ʒe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée étranger#67193.

étranger

nom, masculin, /etʁɑ̃ʒe/

Voir aussi : forme féminine étrangère

Grammaire et formes (2)
  • étrangers — pluriel — /etʁɑ̃ʒe/
  • étranger — singulier — /etʁɑ̃ʒe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée étranger#67192.

étranger

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)

Littré (1873) — entrée 2

v. a.

  1. Faire éloigner d'un lieu, désaccoutumer d'y venir, en parlant d'animaux. Étranger le gibier, les loups d'un pays.

  2. Fig. et familièrement. Écarter, éloigner, en parlant des personnes.

    Ils se séparèrent, Monsieur outré, mais n'osant éclater, et le roi très piqué, mais ne voulant pas étranger Monsieur — Saint-Simon (1675-1755)

    Courtebonne, au lieu de se laisser étranger et sa femme, sut plaire et en tirer les meilleurs partis — Saint-Simon (1675-1755)

  3. S'étranger, v. réfl. S'éloigner, s'écarter. Le gibier s'est étrangé de cette plaine. Sauf l'usage technique pour la chasse, ce verbe vieillit, et c'est dommage.

Étymologie : Du latin extraneare, d'extraneus (voy. ÉTRANGE), prov. estranhar ; catal. estranyar ; esp. extrañar ; port. estranhar ; ital. stranare, straniare.

Historique : XIIIe s. Pens i [penses-y] de bon cuer orendroit Conment nos puissons estrangier [éloigner] Renart, qui bien quide mengier Nos gelines et noz chapons Car bien est drois que s'en estrange, Et die : trop m'avés meffait, Vengier m'estuet de ce meffait Contes, dus, roys et princes sunt si en leur dangier [sous l'empire des Franciscains], Que qui de leurs hostiex les vouldroit estrangier, Je cuit qu'il le vouldroient par raison chalengier, Et prover par usaige qu'en ne les puet [peut] changier XVIe s. .... Pour tel mal estranger [chasser], Besoin luy est d'eslongner la personne, à qui son cœur enam…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ÉTRANGER#sens2.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.