étourdi
adjectif, /etuʁdi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) · 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873) — entrée 2
adj.
Qui agit sans réflexion, sans prendre garde à ce qu'il fait. Être étourdi comme un hanneton, comme le premier coup de matines, c'est-à-dire être fort étourdi. (locution tirée de ce que, quand on touche un hanneton volant, il tombe). Il n'a été ni fou ni étourdi, se dit de quelqu'un qui a su se tirer d'affaire dans quelque désordre, dans quelque embarras, qui a su profiter de quelque chose d'imprévu. Il se dit aussi des choses. Une action étourdie.
Et puis, il faut écrire avec tant de retenue, qu'étourdi comme je suis, je ne prends jamais la plume, que je ne tremble de peur d'en trop dire — Voiture (1597-1648)
Des enfants étourdis viennent les hommes vulgaires ; je ne connais pas d'observation plus générale et plus certaine que celle-là — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Substantivement. L'étourdi ne calcule rien. Voyez cette étourdie.
Il entra en étourdi dans la chambre où on lui avait dit qu'était M. de la Garouffière — Scarron (1610-1660)
À l'étourdie, loc. adv. Étourdiment.
Les barbares coururent sur lui à l'étourdie — Vaugelas (1585-1650)
Entre les pattes d'un lion Un rat sortit de terre assez à l'étourdie — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Étourdi 1 ; bourguig. étodi.
Historique : XIVe s. Là commença bataille d'estourdie façon ; Maint chevalier verserent adont jus de l'arçon XVe s. Si n'est ne chaud ne hastif pour leur courir sus à l'estourdie, ains attend lieu et temps convenable Lors viendrez-vous soubdainement à l'estourdy frapper sur eulx XVIe s. Les absurdes mouvements escervelez et estourdis de quoy l'amour a agité ces hommes graves Cette perte leur estoit advenue par la temerité et nonchalance estourdie de leur capitaine Bien vaillant homme de sa personne, mais au demourant estourdy et leger
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
part. passé
Qui a éprouvé un étourdissement. Il a été un peu étourdi du coup. Familièrement. Être un peu étourdi, avoir bu un verre de vin de trop. Avoir la tête étourdie de.... Être accablé de discours, de paroles, de demandes, etc.
Je n'ai pu soutenir la douche, j'en suis fâchée, car j'aime à suer ; mais j'en suis trop étouffée et trop étourdie — Mme de Sévigné (1626-1696)
De combien d'importuns j'ai la tête étourdie ! — Rotrou (1609-1650)
Il se dit parfois des parties du corps où il ne reste plus qu'un léger ressentiment de douleur.
Sa goutte l'a quitté, mais il a le pied encore tout étourdi, la main étourdie
Fig. Il est encore tout étourdi du bateau, se dit d'un homme qui n'est pas bien remis de quelque événement fâcheux.
Remets donc ton esprit de sa chute étourdi — Jean Mairet (1604-1686)
Et s'il donnait loisir à des cœurs si hardis De relever du coup dont ils sont étourdis — Pierre Corneille (1606-1684)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui agit sans réflexion. C’est un jeune homme bien étourdi. Substantivement, C’est un étourdi, un petit étourdi.
Fig., être étourdi comme un hanneton, être très étourdi.
à L’ÉTOURDIE
loc. adv.
à la manière d’un étourdi, inconsidérément. Cette affaire est importante, il ne faut pas y aller à l’étourdie. Agir à l’étourdie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- étourdies — pluriel féminin — /etuʁdi/
- étourdis — pluriel masculin — /etuʁdi/
- étourdie — singulier féminin — /etuʁdi/
- étourdi — singulier masculin — /etuʁdi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée étourdi#67183.