étoffé · étoffe

étoffé

adjectif, /etofe/ ou /etɔfe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Garni d'étoffe Chapeau bien étoffé. Lit bien étoffé.

    Je donnerais donc à madame la baronne un bon grand carrosse bien étoffé — Lesage (1668-1747)

  2. Fig. Un homme bien étoffé, bien vêtu. Maison bien étoffée, bien meublée.

    On n'y voyait point d'ameublements magnifiques ; mais rien n'y sentait l'épargne, et tout y était bien étoffé — Lesage (1668-1747)

    Malgré mon petit habit violet.... j'avais l'air si peu étoffé qu'il ne me crut pas difficile à gagner — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Qui a du corps, de l'embonpoint. Se dit d'un cheval de forte construction, qui a de l'embonpoint.

    Une belle demoiselle plus grande que Mme M.... de deux doigts, plus jeune, plus étoffée — Voltaire (1694-1778)

    Les chevaux arabes sont les plus beaux que l'on connaisse en Europe ; ils sont plus grands et plus étoffés que les barbes — Buffon (1707-1788)

  4. Qui a des qualités de force et d'ampleur.

    Pour cette fois le dépit fut mon Apollon, et jamais musique plus étoffée ne sortit de mes mains — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Une belle voix de basse, étoffée et mordante, qui remplissait l'oreille et tonnait au cœur — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • étoffées — pluriel féminin — /etɔfe/ ou /etofe/
  • étoffés — pluriel masculin — /etɔfe/ ou /etofe/
  • étoffée — singulier féminin — /etɔfe/ ou /etofe/
  • étoffé — singulier masculin — /etɔfe/ ou /etofe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée étoffé#67156.

étoffe

nom, féminin, /etɔfə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Nom général des tissus de soie, de laine et d'autres matières dont on fait des habits et des ameublements. Fig. Ne pas épargner, ne pas plaindre l'étoffe, employer une plus grande quantité de matière qu'il ne fallait. En un sens contraire, rogner sur l'étoffe. Tailler en pleine étoffe, se donner ses coudées franches, prendre autant qu'on veut, faire ce qu'on veut. Terme de peinture. Se dit des vêtements d'un portrait et de ceux des figures d'un tableau de genre. Draperie se dit pour les tableaux d'histoire.

    Il était fort obligeant, fort officieux ; et, comme il se connaissait fort en étoffes, il en allait choisir de tous côtés, les faisait apporter chez lui et en donnait à ses amis pour de l'argent — Molière (1622-1673)

    L'étoffe me sembla si belle que j'en ai voulu lever un habit pour moi — Molière (1622-1673)

  2. Se dit de toutes les matières qui entrent dans la fabrication des chapeaux. Terme de mégissier. Solution de sel marin et d'alun, dans laquelle on fait chauffer les peaux jusqu'à ce qu'elles en soient bien imprégnées.

  3. Morceau d'acier commun dont les couteliers forment les parties non tranchantes de leurs ouvrages. Mélange d'étain et de plomb dont les facteurs d'orgues font des tuyaux. Composition à l'usage des potiers d'étain.

  4. Fig. Matière, matériaux, sujet.

    L'étoffe me manque quelquefois pour remplir mes lettres — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Ce que vous me mandez est l'étoffe de dix épigrammes — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Valeur et qualités des personnes et des choses. Il y a en lui l'étoffe d'un grand écrivain, il est capable de devenir grand écrivain. Absolument. Ce qu'il faut pour atteindre à un certain point. Se dit de la condition, de la naissance. Être de mince étoffe, être d'une condition ou d'une valeur fort médiocre.

    J'ai bien un avis d'autre étoffe — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Le barbon rapporte quantités d'histoires de pareille étoffe sur la foi de Callisthène — Guez de Balzac (1597-1654)

  6. Au plur. Terme d'imprimerie. Proprement, le matériel d'une imprimerie, et, par une extension naturelle, l'intérêt que l'imprimeur en doit tirer et qu'il calcule en dehors des prix de composition, de mise en pages et de tirage, etc.

Étymologie : Wallon, sitoff, stof ; bourguig. estofle ; espagn. et portug. estofa ; ital. stoffa, s. f. et stoffo, s. m. ; angl. stuff ; allem. Stoff ; du latin stupa, étoupe (voy. ce mot), changé par la prononciation allemande en stupfa, stuffa, stoff, stuff, et sous cette forme entré dans les langues romanes. Le gaélique stubh paraît être non propre au celtique, mais emprunté à l'anglais stuff.

Historique : XIIIe s. Nus [nul] du mestier devant dit ne puet ne ne doit ouvrer ymage ne crucefiz, ne nule autre chose appartenant à sainte Yglise, se il ne le fait de sa propre estoffe, ou il ne le font il un ouvrier à l'autre Nus cordier ne puet ne ne doit nule corde faire de quelque maniere que ele soit, que ele ne soit faite tout de une estoffe XIVe s. Et tu n'as sçavoir, ny estoffe, Ne theorique ne science De l'art, ne de moy congnoissance C'estoient toute gent d'estoffe soufisant, Qui esprouvé avoient esté en combattant XVe s. ....Se departirent de l'ost environ trois cents lances de bonnes gens d'es…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Tissu de soie, de laine, de coton, etc., dont on fait des habits, dont on recouvre des meubles, etc. étoffe à fleurs. étoffe moelleuse. Fournir l’étoffe pour un costume, une robe, un chapeau.

  2. Par extension, On n’a pas épargné, on n’a pas plaint l’étoffe, On a employé une grande quantité de matière, ou on a employé plus de matière qu’il ne fallait.

  3. Fig., Il n’y avait pas là l’étoffe d’un livre. Il n’y a pas dans cette aventure l’étoffe d’un roman, l’étoffe d’une comédie tout entière. Il se dit aussi des Personnes. Il y a en lui l’étoffe d’un chef. Ce sont gens de même étoffe. On peut faire de ce jeune homme quelque chose de bon, il y a de l’étoffe, Il a des dispositions heureuses et qui n’ont besoin que d’être cultivées. Dans le sens contraire, on dit On ne fera jamais rien de ce jeune homme, il n’y a point d’étoffe.

  4. Au pluriel, en termes de Typographie, il se dit de Ce que l’imprimeur fait payer, à raison de tant pour cent, au-delà des frais d’impression, afin de se couvrir des dépenses qui entrent dans ses frais généraux. Payer les étoffes. On m’a compté tant pour les étoffes.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • étoffes — pluriel — /etɔfə/
  • étoffe — singulier — /etɔfə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée étoffe#67153.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.