étincelle
nom, féminin, /etɛ̃sɛlə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Parcelle en ignition et lumineuse qui se détache d'un corps qui brûle ou d'un corps qu'on a choqué. Faire jaillir une étincelle, des étincelles. Fig. L'étincelle divine qui anime l'homme, l'âme, l'intelligence.
Comme un feu mal éteint qui sort de temps en temps de dessous la cendre et qui repousse de vives étincelles — Fénelon (1651-1715)
Comme une vieille forêt qu'une étincelle de feu a embrasée — Fénelon (1651-1715)
Fig. Ce qui est comparé à une étincelle qui met le feu.
Et des embrasements d'une guerre immortelle Étouffer sous vos pieds la première étincelle — Voltaire (1694-1778)
Cet amour, dites-vous, qui vous toucha pour elle Fut d'un feu passager la légère étincelle — Voltaire (1694-1778)
Ce qui est comparé à une étincelle qui jette une courte et vive lumière.
C'était un grand butin, s'il fût resté aux vaincus une étincelle de courage — Vaugelas (1585-1650)
Le cardinal Richelieu avait de la naissance ; sa jeunesse jeta des étincelles de son mérite — Cardinal de Retz (1613-1679)
Terme de physique. Étincelle électrique, trait de lumière et de feu qui part soudain d'un corps électrisé, quand un autre s'en approche.
Étymologie : Provenç. scintilla, cintilla ; espagn. centella ; ital. scintilla ; du latin scintilla. Le français estincelle est, par métathèse, pour escintele. Le XVIe siècle reprenait parfois la forme latine et disait scintille.
Historique : XIIe s. Son douz regart, qui vient d'une estencelle Mon cuer en moi ferir E li parent vienent à mei et demandent mun fiz, qu'il l'ocient pur sun frere qu'il ad mort ; e volent esteindre la stencele qui remese m'est, que remembrance ne seit de mun marid Toute ma terre iert mise en estencele [sera brûlée] XIIIe s. El limon ot assez de belles Florettes d'or et estincelles [paillettes] XVIe s. Ces œuvres-là il reputa fient [fumier], Qui luy sembloyent auparavant si belles, Mais ce n'estoient que vaines estincelles Petite estincelle luit en tenebres Quant meurt l'estincelle, elle luit tant plus cle…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Parcelle incandescente. étincelle de feu. Quand on bat des cailloux avec un briquet, il en sort des étincelles. On a éteint ce grand feu, il n’en reste pas une étincelle. Une petite étincelle peut causer un grand embrasement.
En termes de Physique, étincelle électrique, Trait de feu qui jaillit des corps électrisés. L’éclair n’est qu’une étincelle électrique.
Il se dit figurément surtout en parlant de l’Esprit, de l’âme. Il n’y a pas une étincelle d’esprit dans cet ouvrage. Il n’a pas la moindre étincelle de génie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- étincelles — pluriel — /etɛ̃sɛlə/
- étincelle — singulier — /etɛ̃sɛlə/
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