éther

éther

nom, masculin, /etɛʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Selon les anciens, substance très subtile au-dessus de la sphère de l'air, qui pouvait s'allumer par le frottement des sphères supérieures, et était ainsi la matière du feu. Esprit hypothétique animant le monde entier.

    Que Junon soit l'air, que Jupiter soit l'éther — Chateaubriand (1768-1848)

    Pythagore tenait que le monde était animé et intelligent ; que l'âme de cette grosse machine était l'éther, d'où sont tirées toutes les âmes particulières — Fénelon (1651-1715)

  2. Chez les modernes, l'air le plus pur et le plus dilaté, celui qui est dans les régions supérieures de l'atmosphère. Par extension, les espaces célestes.

    D'un feu religieux le saint poëte épris Cherche leur pur éther et plane sur leur cime [des montagnes] — André Chénier (1762-1794)

    L'harmonieux éther, dans ses vagues d'azur, Enveloppe les monts d'un fluide plus pur — Lamartine (1790-1869)

  3. Terme de physique. Fluide hypothétique, invisible et impondérable, éminemment élastique, que beaucoup de physiciens modernes ont admis pour expliquer les phénomènes de la lumière et de la chaleur et qu'ils supposent remplir les vides des corps et les espaces intermédiaires aux corps. Les ondulations de l'éther.

  4. Terme de chimie. Liquides très volatils qu'on obtient par la distillation d'un acide mêlé avec de l'alcool. Le mot éther a été introduit dans le langage chimique par Frobenius, en 1730, pour désigner ce liquide, déjà connu auparavant, qu'il appela ainsi probablement par allusion à sa légèreté et à sa volatilité. Éther nitrique. Éther sulfurique. Respirer de l'éther. Éther minéral fossile, s'est dit quelquefois du naphte.

Étymologie : Provenç. ether ; espagn. eter ; ital. etere ; du latin æther ; grec, αἰθὴρ, de αἴθειν, brûler.

Historique : XVIe s. Ceux du plus haut estage ressemblent à l'ether et plus haute region voisine du ciel, sereine, claire, nette et paisible De toutes pars où vous jettez les yeux, L'air se fait calme, et l'aether gracieux

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Substance très subtile que l’on supposait remplir la plus haute région de l’air.

  2. Il se dit couramment au figuré de la Partie la plus subtile et la plus élevée de l’atmosphère.

  3. Il s’est dit spécialement, en termes de Physique, d’un Fluide invisible, impondérable, éminemment élastique, que les physiciens supposaient être répandu partout et servir de milieu de transmission à la lumière, à la chaleur, à l’électricité, etc. Les ondulations de l’éther.

  4. Il se dit, en termes de Chimie, d’une Liqueur spiritueuse très volatile qu’on obtient par la distillation d’un acide mêlé avec de l’alcool. On distingue les éthers sels et les éthers oxydes. L’éther acétique est un éther sel. L’éther sulfurique est un éther oxyde. Un flacon d’éther. Respirer de l’éther pour calmer une souffrance. L’éther est un poison. L’éther excite ou insensibilise.

  5. En termes de Thérapeutique, Sirop d’éther, perles d’éther, Remèdes qui contiennent de l’éther sulfurique.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • éthers — pluriel — /etɛʁ/
  • éther — singulier — /etɛʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée éther#67100.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.