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éternel

éternel

adjectif · /etɛʁnɛl/

Usage : fréquent (38 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui n'a ni commencement ni fin, qui existe de tout temps.

    Pour les croyants, Dieu est éternel.

    « La passion voit tout éternel ; mais la nature humaine veut que tout finisse »Diderot (1713-1784)

  2. Qui dure toujours, sans jamais cesser.

    Ils se sont juré un amour éternel.

    Synonymes : perpétuel, impérissable.

  3. Familier. Familièrement, qui semble se répéter sans fin, lassant à force de durer.

    Je ne supporte plus ses éternelles plaintes.

    Synonymes : perpétuel, incessant, interminable.

    « Claude même lassé de ma plainte éternelle »Jean Racine (1639-1699)

    « Mais, baron éternel, ce n'est pas sur un regard équivoque, sur une simple civilité que je suis assuré qu'on m'aime »Louis de Boissy (1694-1758)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : l'éternel féminin · la Ville éternelle · neiges éternelles · repos éternel

Grammaire et formes (4)
  • éternelles : pluriel féminin · /etɛʁnɛlə/
  • éternels : pluriel masculin · /etɛʁnɛl/
  • éternelle : singulier féminin · /etɛʁnɛlə/
  • éternel : singulier masculin · /etɛʁnɛl/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 5 sens

adj.

  1. Qui n'a pas eu de commencement et n'aura point de fin. Des philosophes ont cru le monde éternel. Dieu est éternel. Le Père éternel. Le Verbe éternel. Une vérité éternelle, une vérité immuable.

    Les ordres éternels D'un Dieu qui vous demande au pied de ses autelsVoltaire (1694-1778)

    Quel sang a demandé l'éternelle justice ?Voltaire (1694-1778)

  2. Qui n'aura point de fin. Le bonheur éternel du paradis. La ville éternelle, Rome. Poétiquement. Le sommeil éternel, la mort.

    Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?Jean Racine (1639-1699)

    D'un éternel oubli ne tirez pas les mortsVoltaire (1694-1778)

  3. Par extension, dont on ne peut prévoir la fin, fixer le terme. Un éternel adieu, adieu que se font des personnes qui ne doivent plus se revoir. V. Hugo a donné un comparatif à éternel. Mais si la Grèce est sans prestiges, Tu savais des lieux solennels Où sont de plus sacrés vestiges, Des monuments plus éternels, Odes, IV, 6.

    D'une éternelle paix Hermione est le gageJean Racine (1639-1699)

    Un obstacle éternel rompt notre intelligenceJean Racine (1639-1699)

  4. Par exagération, qui semble ne devoir pas finir, qui fatigue, qui ennuie. Un causeur éternel, un bavard infatigable. Un homme éternel, un homme qui fatigue. Par plaisanterie. Une personne éternelle, une personne dont on attend l'héritage et qui tarde à mourir.

    Claude même lassé de ma plainte éternelleJean Racine (1639-1699)

    Tous mes moments ne sont qu'un éternel passage De la crainte à l'espoir, de l'espoir à la rageJean Racine (1639-1699)

  5. S. m. Dieu. En cet emploi on met un É majuscule.

    Il les reçoit comme des hôtes que l'Éternel lui envoieOlivier Patru (1604-1681)

    L'Éternel est son nom, le monde est son ouvrageJean Racine (1639-1699)

Étymologie : Provenç. et espagn. eternal ; ital. eternale ; du bas-latin æternalis, d'æternus, contracté pour æviternus, de ævum, âge, durée infinie (grec, αἰών), et du suffixe ternus qui s'applique au temps, comme dans hesternus, sempiternus.

Historique : XIIe s. Saches que tu es hom mortaus [mortel], E il est veirs Deus eternaus XVIe s. Tu y verras les œuvres magnifiques De l'Eternel Pour voir ces monts couverts d'une neige eternelle

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens

adj.

  1. Qui n’a point vu de commencement et n’aura jamais de fin. Il n’y a que Dieu qui soit éternel. Le Père éternel. Le verbe éternel. La sagesse éternelle.

  2. Il est quelquefois nom masculin et se dit seulement de Dieu. L’éternel soit béni. La loi de l’éternel.

  3. Une vérité éternelle, Une vérité immuable et nécessaire.

  4. Il signifie aussi Qui n’aura jamais de fin, quoiqu’il ait eu un commencement. La vie éternelle. La gloire éternelle. La damnation éternelle. Les peines éternelles.

  5. Il signifie encore, par exagération, Qui doit durer si longtemps, qu’on n’en sait point la fin. C’est une guerre éternelle. Un procès éternel. Des haines éternelles. Des amours éternelles. Une reconnaissance éternelle. Un éternel oubli. On a appelé Rome la Ville éternelle.

  6. Un éternel adieu, Dernier adieu, adieu adressé à une personne, à une chose que l’on ne doit jamais plus revoir.

  7. Il s’applique également aux Choses qui sont dites, qui sont répétées trop souvent. Ses discours éternels. Ses éternelles récriminations fatiguent tout le monde.

  8. Fam., Un bavard éternel, Un homme qui parle trop.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée éternel#67090.

éternel

nom, masculin

Usage : d'usage courant (6.00 occurrences par million, Lexique 3.83).

Grammaire et formes (2)
  • éternels : pluriel
  • éternel : singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée éternel#168628.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.