étamine
nom, féminin, /etaminə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Terme de botanique. Organe sexuel mâle des végétaux, composé ordinairement du filet qui s'élève du centre de la fleur et de l'anthère qui termine le filet en forme de petite tête. Fig. Fausses étamines, les filets des fleurons stériles dans les composées.
Vaillant, à qui M. de Linné accordait le mérite d'avoir bien décrit le premier les étamines et les pistils et connu leur usage pour la fécondation des plantes — Condorcet (1743-1794)
Leurs mains [des nymphes] vont caressant sur sa joue enfantine De la jeunesse en fleur la première étamine — André Chénier (1762-1794)
Étymologie : Lat. stamina. filaments.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Petite étoffe légère. Terme de marine. Nom d'une étoffe de laine légère dont on se sert pour faire les pavillons.
Il est un art de donner d'heureux tours à l'étamine, à la plus simple toile — Gresset (1709-1777)
Camelots appelés burats, ou étamine d'Auvergne
Tissu très peu serré de crin, de laine, etc. Un blutoir fait d'étamine. Étamine de laine, de soie. Toute pièce d'étoffe qui sert à passer des liqueurs pour les filtrer.
Passer par l'étamine, être examiné sévèrement. Passer par l'étamine, être soumis à des épreuves. En un autre sens. Activement, passer par l'étamine, examiner. Il faut passer ces opinions par l'étamine.
Tout passait par son étamine — La Fontaine (1621-1695)
Tout ce qui s'offre à moi passe par l'étamine — Boileau (1636-1711)
Étymologie : Dérivé d'estame ; wallon, sitameinn ; provenc. estamenha ; catal. estamenya ; espagn. estameña ; ital. stamigna.
Historique : XIIe s. La couele [capuchon] e l'estamine out desus cel [eut sous ce vêtement] li ber, Mais de pans et de manches les out fait escurter ; Car ne voleit al siecle sa vie demustrer Guillaume lor seignor à Roen aporterent ; Du chief de son braier une clef deffermerent, Et cole et estamine et un froc en osterent XIIIe s. Ains ne cuevre pas le visage, Qu'il ne vuet pas tenir l'usage Des Sarrasins, qui d'estamines Cuevrent les vis as Sarrasines XIVe s. Et toutesvoies fist il tant vers l'abbé que il enporta une coule et une estamine XVe s. Se estamine n'avez, sacs ou bluteaux Il jeunera ces jours là …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Petite étoffe mince, qui n’est pas croisée. étamine de laine, de soie. Robe d’étamine. Voile d’étamine.
Il se dit également d’un Tissu peu serré, fait de crin, de soie ou de fil, qui sert à passer le plus délié de la farine, ou quelque poudre; et, en général, de Toute pièce d’étoffe qui sert à passer des liqueurs pour les filtrer. étamine grossière, fine. Un blutoir fait d’étamine de soie. Passer une poudre à l’étamine. Fig. et fam., Passer par l’étamine, Examiner sévèrement les actes d’une personne, les mérites d’un ouvrage.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- étamines — pluriel — /etaminə/
- étamine — singulier — /etaminə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée étamine#67052.