et · -et

et

conjonction de coordination, /e/ ou /ɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens)

Littré (1873)

conj.

  1. Il sert à lier entre elles les parties semblables du discours. Corneille et Racine. Bon et sage. Le riche et le pauvre. Ordinairement, les mots joints par et se suivent ; mais on peut quelquefois les séparer, soit dans le style familier, soit dans le style élevé.

    Le sage est ménager du temps et des paroles — La Fontaine (1621-1695)

    Les esprits justes, et qui aiment à faire des images — La Bruyère (1645-1696)

  2. Après les noms d'heure, de mesure, quand il y a une fraction, on met et : midi et demi, midi et un quart ; minuit et trois quarts ; deux heures et un quart ; une aune et un tiers. On peut aussi supprimer et, excepté quand la fraction est demi : minuit un quart ; midi trois quart ; une aune un tiers, etc.

  3. Dans les noms de nombre composés, et se met généralement devant un quoiqu'il ne se mette pas devant deux, trois, quatre, etc. vingt et un, trente et un, etc. Il n'y a d'exception que pour cent et quatre-vingt : quatre-vingt-un, cent-un. Et se met aussi devant onze après soixante. Soixante et onze.

  4. Et répété sert à donner plus de force à la phrase.

    Quel carnage de toutes parts ! On égorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœur et le frère Et la fille et la mère, Le fils dans les bras de son père — Jean Racine (1639-1699)

    Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort Vont tous également des douleurs à la mort — Voltaire (1694-1778)

  5. Et s'emploie au commencement des phrases qui en suivent d'autres sans liaison immédiate, dans le style biblique ou poétique. Et Jésus se rendit sur la montagne des Oliviers. Et fût-il, c'est-à-dire quand même il serait ; et fussiez-vous, c'est-à-dire quand même vous seriez. Il faut les combattre, et fussent-ils trois contre un. Et de suivi d'un infinitif se met quelquefois à la fin d'un récit pour signifier que l'événement se termina par l'action que l'infinitif exprime. Ainsi parla-t-il ; et chacun de rire. De nos jours on a quelquefois commencé une pièce de vers par et, ce qui donne l'air au poëte de continuer des réflexions dont le commencement n'aurait pas été communiqué à l'auditeur ou au lecteur.

    Et voilà que tout d'un coup.... Et véritablement on ne saurait nier que.... Et vous prononcerez un arrêt si cruel ! — Jean Racine (1639-1699)

    Et je puis voir répandre un sang si précieux ! Et je laisse avec lui périr tous ses aïeux ! — Jean Racine (1639-1699)

  6. Et caetera, et les autres choses, et le reste, et tout ce qui s'ensuit. Par abréviation on écrit etc. S. m. Le signe qui représente cette expression. Un et caetera. Des et caetera. Dieu nous garde d'un quiproquo d'apothicaire, et d'un et caetera de notaire, parce que les quiproquos d'apothicaires empoisonnent et que les et caetera de notaires engendrent les procès.

    Que lui-même [le juge] il chante après boire, La liberté, la gloire, et caetera — Béranger (1780-1857)

Étymologie : Provenç. et ; espagn. et ital. e ; du latin et.

Historique : IXe s. Pro Deo amur et pro christian poblo Xe s. E si distrent [et ils dirent ainsi] XIe s. Il en apelet e ses dux e ses contes XIIe s. Sis [si les] acouplons deux et deux as chevaus XIIIe s. Dame, ce respont Berte, et je les amerai ....Si tost qu'il eut lavé [qu'il se fut lavé], Et no François en ont le messagier mené À ardoir [elle] fut jugée, et par droit jugement [et ce fut justice] XVe s. Je ne vis oncques deux meilleures dames ni de plus noble condition, ni ne verrai jamais, et vesquisse mille ans Nostre maistre et bienfaiteur et prince digne La plupart des gens taschent à leur complaire…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (1)
  • et — forme de base — /e/ ou /ɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée et#25948.

-et

catégorie non déterminée

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1877 (1 sens)

Littré — Supplément (1877)

suffixe

  1. Suffixe diminutif, qui, d'après Chevallet, Origines de la langue franç. t. II, p. 393, serait la représentation du participe passif atus : pauperatus, pauvret ; mais ces participes ont partout ailleurs une autre forme et un autre sens.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Littré — Supplément, 1877, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée -ET, -ETTE.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.