estoc
nom, masculin, /ɛstɔk/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Terme d'eaux et forêts. Souche. Couper un arbre à blanc estoc, le couper au pied sur la souche. Faire une coupe à blanc estoc, la faire sans laisser de baliveaux. Fig. Être réduit à blanc estoc, être entièrement ruiné.
Terme de palais. Souche considérée métaphoriquement comme l'origine d'une famille. Être de bon estoc. Les biens qui viennent de son estoc. Terme de pratique ancienne. Biens de côté estoc et ligne, biens propres de ligne Fig. Cela ne vient pas de son estoc, cela ne lui vient pas naturellement. Dites-vous cela de votre estoc ? Dites-vous cela de vous-même ?
Je lui [à son fils, Charles de Sévigné] mande de venir ici, je voudrais le marier à une petite fille qui est un peu juive de son estoc, mais les millions nous paraissent de bonne maison — Mme de Sévigné (1626-1696)
Cette fabrication se fait dans les hôtels des monnaies, par des officiers en titre et d'estoc et de ligne, c'est-à-dire de père en fils
Estoc volant, bâton ferré que l'on pouvait cacher sous ses habits. Brin d'estoc, bâton ferré en pointe par les deux bouts.
Par extension, ancienne épée droite et fort longue. Grande épée d'argent doré, bénite par le pape et accordée comme marque de considération.
La pique dans le poing et l'estoc sur le flanc — Mathurin Régnier (1573-1613)
La pointe d'une épée. Coup d'estoc. Frapper d'estoc et de taille. Fig. D'estoc et de taille, de quelque manière que ce soit.
N'importe, parlons-en et d'estoc et de taille, Comme oculaire témoin — Molière (1622-1673)
Vase aplati sur lequel le faïencier empile la terre molle. Instrument avec lequel il arrondit les vases sur le tour.
Si la pièce est délicate, il l'égalise avec une espèce de lame de bois appelée estoc,
Terme d'argot de jeu. Faire l'estoc, faire passer dessous la carte de dessus sans qu'on s'en aperçoive.
Étymologie : Wallon, stock, tronc d'arbre ; génev. et lorrain, estoc, esprit, imagination ; provenç. estoc ; espagn. et portug. estoque ; ital. stocco ; de l'allem. Stock, bâton ; mot qui se trouve aussi dans le celtique : gaélique, stoc, bâton. En Normandie, les forestiers prononcent blanc étoc. Brin d'estoc est une altération (voy. BRIN) de l'allemand Spring stock, bâton qui aide à sauter, à franchir ; on aurait dû au moins écrire brind-estoc.
Historique : XIIe s. Bon ente en bon estoc deit bien fructifier XIIIe s. Renart, qui moult estoit soutis [subtil], Sur un estoc [tronc d'arbre] s'estoit asis Il n'estoit nus vivans qui peust savoir le premier estoc dont li heritage vint Ferir de pointe, que les Franczeis appellent ferir d'estoc XIVe s. Selon ce que il sont plus près ou plus loing de la premiere racine ou souche, ou estoc Lors assalent païens : chil [ceux-ci] qui ont lons bastons Les frapoient d'estoc, parmi les haubergons XVe s. Or m'est avis que c'est grand ennui de piteusement penser et aussi considerer que ces grands bourgeois et nobles…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
épée longue et étroite qui ne servait qu’à percer.
Il se dit encore de la Pointe d’une épée, d’un sabre, dans cette phrase familière, Frapper d’estoc et de taille, Frapper de la pointe et du tranchant.
En termes d’Eaux et Forêts, il signifie Tronc d’arbre. Couper un arbre à blanc estoc, Le couper à fleur de terre jusqu’à la souche. On dit aussi Couper une forêt, faire une coupe à blanc estoc, En couper tout le bois, sans y laisser de baliveaux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- estocs — pluriel — /ɛstɔk/
- estoc — singulier — /ɛstɔk/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée estoc#25912.