estimé · estime

estimé

adjectif, /ɛstime/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Qui jouit de l'estime. Estimé de tout le monde.

  2. Réputé, cru.

    Pithée, estimé sage entre tous les humains — Jean Racine (1639-1699)

    Il suffit, pour être estimé savant, de savoir ce que les autres ne savent pas, quand même on ignorerait les vérités les plus nécessaires et les plus belles — Malebranche (1638-1715)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • estimées — pluriel féminin — /ɛstime/
  • estimés — pluriel masculin — /ɛstime/
  • estimée — singulier féminin — /ɛstime/
  • estimé — singulier masculin — /ɛstime/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée estimé#25905.

estime

nom, féminin, /ɛstimə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Sentiment qui attache du prix à quelqu'un ou à quelque chose. Estime de soi-même, la juste opinion de soi que donne une bonne conscience. La source de toutes ses consolations est dans l'estime de lui-même. Faire estime, estimer, faire cas. Voltaire a critiqué cette locution ; mais elle est suffisamment justifiée par l'usage et par l'analogie (comparez FAIRE CAS). Être perdu d'estime et de réputation, passer pour un homme sans probité et sans honneur. Être en grande estime, jouir d'une grande réputation.

    Nous avons une si grande idée de l'âme de l'homme que nous ne pouvons souffrir d'en être méprisés, et de n'être pas dans l'estime d'une âme ; et toute la félicité des hommes consiste dans cette estime — Pascal (1623-1662)

    Il est important de se conserver dans l'estime de son confesseur — Pascal (1623-1662)

  2. Estime au sens passif, pour l'estime qu'on inspire, bonne réputation, gloire. Mettre en estime, mettre en réputation, rendre digne d'estime. Voltaire a critiqué cet emploi d'estime ; sa critique, qui n'est pas valable contre le XVIIe siècle, prouve facilement qu'au XVIIIe cet emploi était en désuétude. Mais, à présent, rien n'empêche d'utiliser cette acception, qui, du reste, appartient aussi au XVIe siècle.

    Mon estime ne dépend point de vous — Vaugelas (1585-1650)

    Ainsi vous me rendrez l'innocence et l'estime, Lorsque vous punirez la cause de mon crime — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Opinion, jugement, appréciation.

    J'ai mal connu César ; mais puisqu'en son estime Un si rare service est un énorme crime.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    C'est de mon jugement avoir mauvaise estime, Que douter si j'approuve un choix si légitime — Molière (1622-1673)

  4. Évaluation approximative, surtout en termes de mer.

    Le tailleur [un homme dont on avait démoli la maison pendant son absence] les suit [les arbres] à l'estime, puis croise et ne trouve plus sa maison — Saint-Simon (1675-1755)

    Les déterminations astronomiques de plusieurs points qui n'étaient connus auparavant que par des estimes — Condorcet (1743-1794)

Étymologie : Voy. ESTIMER ; wallon, astème, astome, supputation ; provenç. et espagn. estima ; italien, stima.

Historique : XVe s. Et y mourut trente ou quarante gentilshommes d'estime XVIe s. On ne fait pas moins de tort à l'homme en lui ostant sa bonne estime [réputation] qu'en le despouillant de sa substance Tout ce que les œuvres ont de valeur et estime, elles l'ont au regard de l'obeissance que nous rendons à Dieu, laquelle seule il regarde Nous devons avoir en estime leur exemple L'ouvraige, par estime de tous, excedoyt en prix la matiere Xenagoras ne prit pas ceste mesure à la volée, ny par estime seulement, ains seion les regles de l'art Desquels fonds ils font quatre ou cinq prix appellés estimes ; mettans…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Opinion favorable que l’on a de quelqu’un, fondée sur la connaissance de son mérite, de ses bonnes qualités, de ses vertus. Avoir, sentir, concevoir, prendre de l’estime, beaucoup d’estime, bien de l’estime pour quelqu’un. Il a l’estime de ses confrères, l’estime générale. J’ai pour lui une estime particulière, la plus haute estime. Je l’ai en grande estime. Honorer quelqu’un de son estime. Acquérir l’estime publique. Il a l’estime et l’affection de tous les gens de bien. Estime de soi- même. On dit de même J’ai beaucoup d’estime pour son mérite, sa conduite inspire beaucoup d’estime.

  2. Il se dit aussi du Cas que l’on fait de certaines choses. Les sciences étaient en grande estime chez ce peuple. On dit ironiquement Un succès d’estime.

  3. En termes de Marine, il se dit du Calcul approximatif que le pilote fait tous les jours de la distance parcourue par le navire, afin de juger à peu près du lieu où l’on est et du chemin qu’on a fait. Ce pilote s’est trompe dans son estime. L’estime qu’il avait faite ne s’est pas trouvée juste. Naviguer à l’estime. On dit aussi ESTIMATION. Il se dit dans ce sens dans le langage courant. à mon estime.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • estimes — pluriel — /ɛstimə/
  • estime — singulier — /ɛstimə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée estime#25903.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.