essor

essor

nom, masculin, /esɔʁ/ ou /ɛsɔʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action de l'oiseau qui s'élance pour prendre son vol. Être à l'essor, se dit d'un oiseau qui vole loin de son nid pour ses différents besoins. Terme de fauconnerie. Monter d'essor, se dit du vol de l'oiseau lorsqu'il monte à perte de vue pour trouver un air plus frais. Par extension. Prendre l'essor, s'est dit aussi pour s'en aller à la hâte. Fig. Prendre l'essor s'est dit pour s'écarter de son sujet.

    Avant que la nitée Se trouvât assez forte encor Pour voler et prendre l'essor — La Fontaine (1621-1695)

    Déjà prenait l'essor pour se sauver dans les montagnes cet aigle.... — Fléchier (1632-1710)

  2. Fig. Mouvement moral, comparé à l'essor de l'oiseau, par lequel un homme, un esprit, une âme se portent aux choses élevées, étendues. Donner l'essor à son génie, à son imagination, à sa plume, lui donner libre carrière. En un sens plus restreint, il se dit d'une personne qui se dégage d'une contrainte, d'une sujétion, d'une infériorité. Ce jeune homme a pris tout à coup l'essor.

    Leur esprit prend l'essor où leur langue les guide — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Et quand je me demande un titre légitime D'où prendre quelque gloire et chercher quelque estime, Je vois pour tout appui de mes plus hauts essors Le néant que je suis et le rien d'où je sors — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Succès qu'obtient un livre, une idée. Essor s'est dit pour publication.

    N'espérons plus que la haine pardonne à mes chansons leur trop rapide essor — Béranger (1780-1857)

    Si l'on peut pardonner l'essor d'un mauvais livre, Ce n'est qu'aux malheureux qui composent pour vivre — Molière (1622-1673)

  4. Développement qui a quelque chose de rapide comme le vol de l'oiseau. Essor des sciences, des arts, de l'industrie.

  5. Terme des fouriéristes. Essor harmonique, marche que suivraient les passions individuelles dans une société réglée selon les principes de cette école. Essor subversif, la marche que suivent les passions dans les sociétés mal organisées qui contrarient la nature de l'homme.

Étymologie : Voy. ESSORER.

Historique : XVe s. Sans estre mis à l'essor de largesse XVIe s. Les ames donc tirent la penitence De leurs vieux maulx ; les unes hault pendues Sont parmy l'air à l'essor estendues ; Aucunes sont dedans la mer plongées Nous sommes en un royaume auquel, pour la facilité de nos rois, les choses viennent aisément à l'essor [au désordre] J'apprehende bien que nous laissions les choses presentes et asseurées pour nous jetter à l'essor [à l'aventure]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action d’un oiseau qui part librement pour s’élever dans les airs. Un aigle qui prend son essor, qui prend l’essor. Un essor rapide.

  2. Il se dit figurément de l’Action de débuter en quelque chose avec énergie, avec hardiesse et liberté. Favoriser l’essor du talent. Les arts, l’industrie prirent bientôt leur essor.

  3. Il se dit aussi figurément d’une Personne qui, après avoir été dans la contrainte, s’en tire tout d’un coup et se remet en liberté. On tenait ce jeune homme dans une trop grande contrainte, il a pris son essor.

  4. Fig., Donner l’essor à son esprit, à sa plume, Donner à sa pensée son libre développement. On dit aussi Donner l’essor à son génie, à son imagination.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • essors — pluriel — /esɔʁ/ ou /ɛsɔʁ/
  • essor — singulier — /esɔʁ/ ou /ɛsɔʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée essor#25851.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.