espérance
nom, féminin, /ɛspeʁɑ̃sə/ ou /ɛspɛʁɑ̃sə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Attente d'un bien qu'on désire, et qu'on entrevoit comme probable. Par antiphrase. De grande espérance, qui fait concevoir une haute idée d'un mérite futur. Par extension. En espérance, en perspective, en comptant qu'une chose se fera. Dans l'espérance, en espérant.... Je suis venu, dans l'espérance de vous trouver. Être sans espérance, se dit d'un malade qu'on n'espère plus conserver. Les médecins l'ont condamné, il est sans espérance. Être sans espérance, se dit aussi des personnes qui n'espèrent plus conserver un malade. Notre ami ne passera pas la journée, nous sommes sans espérance. Au plur. Espérances signifie ce que l'on attend au décès de quelque parent. Elle a dix mille écus de rente et des espérances.
Mon orgueil à ce bruit prendrait quelque espérance — Pierre Corneille (1606-1684)
Il mettait l'espérance du succès dans les troupes — Bossuet (1627-1704)
Se dit pour la personne ou la chose sur laquelle se fonde l'espérance.
Voilà donc votre roi, votre unique espérance — Jean Racine (1639-1699)
.... Notre écolier Qui, grimpant sans égard sur un arbre fruitier, Gâtait jusqu'aux boutons, douce et frêle espérance — La Fontaine (1621-1695)
Celle des trois vertus théologales par laquelle nous espérons posséder Dieu.
Jeu de l'espérance, espèce de jeu de dés.
Étymologie : Espérant, part. présent d'espérer ; provenç. esperansa ; espagn. esperanza ; ital. speranza.
Historique : XIe s. Qui de morir nen orent esperance [ne s'attendaient pas à mourir] XIIe s. Que tout [j'] i met mon cuer et m'esperance Mis Deus [mon Dieu], ma force, en lui est ma speranche ; il est mis escudz e ma salveted XIIIe s. .... et n'avoient esperanche que jamais fussent delivrés L'esperance où tu m'as mis par la promesse de l'avenement ton fil XVe s. J'ai esperance que ceux qui le liront.... Folle esperance deçoit l'homme XVIe s. L'esperance qu'ils concevoient, que....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action d’espérer ou Résultat de cette action. Espérance prochaine. Espérance éloignée. Espérance trompeuse. Vaine espérance. Espérance bien fondée, mal fondée. Fausse espérance. Avoir l’espérance que... Concevoir des espérances. Ce jeune homme donne de grandes espérances. Il a surpassé, il a passé, il a rempli, il a trompé nos espérances. Il a répondu à nos espérances. Il a été au-delà de nos espérances. Il se flatte, on l’amuse de cette espérance. Se repaître, se nourrir d’espérances. Vivre d’espérance. Mettre son espérance en Dieu. Il est déchu de ses espérances. Perdre toute espérance.
Il se prend quelquefois pour la Personne ou la chose sur laquelle on fonde son espérance. Vous êtes toute mon espérance. C’est là ma seule espérance.
ESPÉRANCES, au pluriel, se dit spécialement des Biens qu’on attend d’un héritage.
ESPÉRANCE désigne aussi l’Une des trois vertus théologales, celle par laquelle nous espérons posséder Dieu, par les mérites de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- espérances — pluriel — /ɛspeʁɑ̃sə/ ou /ɛspɛʁɑ̃sə/
- espérance — singulier — /ɛspeʁɑ̃sə/ ou /ɛspɛʁɑ̃sə/
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