esclave

esclave

adjectif

Grammaire et formes (2)
  • esclaves — pluriel
  • esclave — singulier

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esclave

nom, /ɛsklavə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m. et f.

  1. Celui, celle qui est sous la puissance absolue d'un maître, par achat, par héritage ou par la guerre. Délivrer, racheter des esclaves. Platon vendu comme esclave. Le trafic des esclaves à la côte d'Afrique. Terme de droit romain. Esclaves de la peine, ceux qui étaient condamnés à travailler dans les mines, ou à combattre des animaux féroces pour divertir le peuple. Par extension. Fig.

    On trouve la sainteté dans les emplois les plus bas, et un esclave s'élève à la perfection dans le service d'un maître mortel, pourvu qu'il y sache regarder l'ordre de Dieu — Bossuet (1627-1704)

    De mon rang descendue, à mille autres égale, Ou la première esclave enfin de ma rivale — Jean Racine (1639-1699)

  2. Celui qui est soumis à une domination étrangère, à un gouvernement despotique. En esclave, à la façon des esclaves, servilement.

    Fut-il jamais au joug esclaves plus soumis ? — Jean Racine (1639-1699)

    Quand l'esclave imprudent pour ses maîtres combat, Tout son sang prodigué se répand sans éclat — Casimir Delavigne (1793-1843)

  3. Dominé par, assujetti à. Être esclave de sa parole, tenir religieusement la promesse qu'on a faite. Être esclave de son devoir, l'accomplir scrupuleusement.

    Vous seriez devenu, pour avoir tout dompté, Esclave des grandeurs où vous êtes monté — Pierre Corneille (1606-1684)

    Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne.... Pour vivre des enfers esclave infortunée — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Qui est volontairement asservi aux volontés de quelqu'un. Dans le langage de la galanterie, amant et serviteur d'une dame.

    Tous les hommes vivants sont ici-bas esclaves ; Mais, suivant ce qu'ils sont, ils diffèrent d'entraves — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu ? — La Bruyère (1645-1696)

  5. Qui n'a aucun moment de libre. Cet emploi le rend esclave. Les domestiques sont esclaves dans cette maison.

  6. Adj. Les nègres esclaves. Fig. Avoir une âme esclave, avoir une âme vile et basse. Par extension. Qui obéit comme ferait un esclave.

    Ô malheureuse et respectable reine, comment vous retrouvé-je en ce lieu écarté, vêtue en esclave et accompagnée d'autres femmes esclaves qui cherchent un basilic pour le faire cuire dans de l'eau rose par ordonnance du médecin ? — Voltaire (1694-1778)

    Sylla peut en effet quitter sa dictature ; Mais il peut faire aussi des consuls à son choix, De qui la pourpre esclave agira sous ses lois — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Provenç. esclau, s. m. ; esclava, s. f. ; espagn. esclavo ; portug. escravo ; ital. schiavo ; allem. Sclave ; angl. slave ; de slavus ou sclavus, Slave, nom de peuple, qui fut employé pour désigner un serf après les guerres qu'Othon le Grand et ses successeurs firent aux peuples slaves et dans lesquelles une partie de ces peuples furent emmenés en captivité, distribués aux guerriers de l'empire d'Allemagne et réduits en servitude. Un très grand nombre de Slaves étant devenus serfs, le mot de slave fut employé pour synonyme de serf. Les premiers exemples de l'usage de slavus en cette significat

Historique : XIIe s. Qui estoit franc est devenu esclave XIIIe s. Et qui cele rançon ne porroit paer, si seroit esclas Quant Seif Eddin ot les mil esclaz L'on se peut clamer par l'assise de esclaf ou de esclave qui est mesel [lépreux] ou meselle, ou qui cheit dou mauvais mau [épilepsie] XIVe s. Le royaume de Rome estoit abandonné non pas seulement à gens estranges et pelerines, mes encores à serfs et à esclaves Voulons que lesdits Cathelans qui vouldront venir en nostre dit royaume le puissent faire seurement et sauvement avec leurs femmes, enfans, serviteurs, esclaux [valets], esclaves, bagues, joyaulx

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. des deux genres

  1. Celui, celle qui par sa naissance n’est pas de condition libre ou que la violence a mis sous la puissance absolue d’un maître. Un jeune, une jeune esclave. Esclave turc. Esclave chrétien. Vendre, acheter, délivrer, racheter des esclaves. Affranchir un esclave. Chez les Romains, le maître avait droit de vie et de mort sur ses esclaves. Les Grecs traitaient plus humainement les esclaves que les Romains.

  2. Il se dit figurément de Ceux qui par flatterie, par intérêt, se mettent dans la dépendance de quelqu’un et suivent aveuglément ses volontés. Il est esclave de tous ceux qui peuvent contribuer à sa fortune. Avoir une âme d’esclave, Avoir une âme vile et basse. On dit aussi adjectivement Avoir une âme esclave.

  3. Fig., être esclave, être tellement attaché au service de quelqu’un, ou à quelque emploi, qu’on ne peut s’éloigner, ni faire autre chose. On est esclave auprès de ce maître-là. On est esclave, tout à fait esclave dans cet emploi.

  4. Fig., être esclave de la faveur, être esclave de ses intérêts, de ses passions, Faire tout pour la faveur, pour ses intérêts, pour satisfaire ses passions.

  5. Il peut se prendre aussi en bonne part. être esclave de son devoir, Se soumettre scrupuleusement à toutes les obligations d’une fonction, d’une charge.

  6. être esclave de sa parole, Tenir religieusement ce qu’on promet.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • esclaves — pluriel — /ɛsklavə/
  • esclave — singulier — /ɛsklavə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée esclave#25727.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.