erre
nom, féminin, /ɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Train, allure. Il n'est usité que dans ces locutions : aller grand'erre ; aller belle erre.
Aucuns à coups de pierre Poursuivirent le dieu qui s'enfuit à grand'erre — La Fontaine (1621-1695)
Car comme l'on m'a fait tantôt courir grand'erre — Thomas Corneille (1625-1709)
Terme de marine. Vitesse acquise par le navire. Ce bâtiment n'ayant plus assez d'erre, le gouvernail ne fonctionne pas. Diminuer l'erre d'un vaisseau.
Au plur. Terme de chasse. Traces et routes d'un cerf. Les erres sont rompues, les traces sont effacées. On dit qu'un cerf est de hautes erres lorsqu'il fait de longues fuites, ou quand il y a plusieurs heures qu'il est passé. Fig. Suivre les erres, aller sur les erres de quelqu'un, l'imiter dans sa conduite ; adopter ses opinions, ses sentiments. Reprendre, suivre les premières erres, les dernières erres, reprendre une affaire où on l'avait laissée. Les erres, parties de devant d'une bête à quatre pieds, en y comprenant les épaules.
Étymologie : Lat. iter, chemin ; ce que montre l'ancienne orthographe eire, et aussi oire, et le provençal edrar, voyager, qui représente iterare, au sens non latin de voyager.
Historique : XIIe s. Endementres [pendant ce temps] ad fait tut sun eire [voyage] aprester XIIIe s. Le jor qu'el devra l'erre prendre [venir] XVe s. Il n'est pas bon de trop enquerre Ne s'empechier es faiz des cours ; S'on m'assault, pour avoir secours, Vers nonchaloir iray grant erre Le mareschal appresta son erre au plus tost qu'il put XVIe s. Bajazet se sauvoit belle erre sur une jument arabesque, si.... Mais quoi ? je vole un peu trop hault, Et m'esloigne trop de mes errès Montauban demeura donc jusques à la paix en cet estat, où nous la lairrons pour conduire le duc de Montpensier et Burie joint à lui…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Train allure. Il n’est usité que dans ces phrases, qui même ont vieilli, Aller grand-erre, Aller bon train, aller vite.
En termes de Marine, il signifie Vitesse acquise d’un bâtiment. Amortir, diminuer l’erre d’un vaisseau. Ce bâtiment n’a plus d’erre, Il est arrêté, il ne marche plus. Ce bâtiment a repris son erre.
ERRES, au pluriel, se dit, en termes de Chasse, des Traces ou voies du cerf. Les erres sont rompues, Les traces sont effacées. Les hautes erres se dit quand il y a un certain temps qu’un cerf est passé.
Fig. et fam., Suivre les erres, marcher sur les erres, aller sur les erres de quelqu’un, Tenir la même conduite que lui, l’imiter.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- erres — pluriel — /ɛʁə/
- erre — singulier — /ɛʁə/
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