errant

errant

adjectif, /ɛʁɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (4 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

adj.

  1. Qui voyage au hasard. Usité seulement dans ces locutions-ci : Le Juif errant, personnage imaginaire que l'on suppose condamné à voyager incessamment jusqu'à la fin du monde, pour avoir outragé Jésus-Christ lors de la passion ; c'est la représentation légendaire du peuple hébreu depuis la dispersion ; Chevalier errant, chevalier qui courait le monde à la recherche d'aventures. Fig. et familièrement. C'est un chevalier errant, c'est un homme qui change souvent de demeure, qui voyage sans cesse.

Étymologie : Non pas le verbe actuel errer, qui vient du latin errare, mais l'ancien verbe errer, qui vient d'itinerare (voy. ERRE et aussi ERRER à l'étymologie). Voyager même au hasard n'est pas la même chose que errer ; et dans cet emploi d'errant l'idée de voyager existe.

Historique : XIIe s. Moult se vont entresaluant Li remanant et li errant XVIe s. Le chevalier errant Quant aucune personne tient et occupe aucun chemin public et errant [par où l'on passe, passant], par sa coulpe empesché....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui erre, qui n'est pas fixé. Peuples errants. Hordes errantes. Fig. Mener une vie errante, vivre au hasard, sans but. Étoiles errantes, les planètes, par opposition aux étoiles fixes.

    La vie errante que je mène depuis quarante ans et plus, m'ayant donné occasion de voir et de visiter, plusieurs fois et de plusieurs façons, la plus grande partie des provinces de ce royaume.... — Vauban (1633-1707)

    Dans maint auteur de science profonde, J'ai lu qu'on perd à trop courir le monde ; Très rarement en devient-on meilleur ; Un sort errant ne conduit qu'à l'erreur — Gresset (1709-1777)

  2. Poétiquement. Qui flotte.

    Et mon âme déjà sur mes lèvres errante — Jean Racine (1639-1699)

  3. Par extension, qui ne se fixe pas. Imagination errante.

    Et ainsi que mon corps, mon esprit est errant — Mathurin Régnier (1573-1613)

    De nos désirs errants rien n'arrête le cours ; Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours — Saint-Évremond (1614-1703)

  4. Qui se trompe, qui erre dans la doctrine, dans la religion. S. m. plur. Ceux qui errent dans la foi.

    Ceux qui se laisseraient tromper ne seraient qu'un troupeau errant — Bossuet (1627-1704)

    Il [St Louis] tâcha de les ramener comme errants, il les dompta comme rebelles — Fléchier (1632-1710)

Étymologie : Errer.

Historique : XVIe s. Les calamités des errants au desert

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

Participe présent

  1. de l’ancien verbe français Errer, voyager. Qui ne cesse de voyager. Juif errant. Chevalier errant. Voyez JUIF , CHEVALIER.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • errantes — pluriel féminin — /ɛʁɑ̃tə/
  • errants — pluriel masculin — /ɛʁɑ̃/
  • errante — singulier féminin — /ɛʁɑ̃tə/
  • errant — singulier masculin — /ɛʁɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée errant#25633.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.