ergot
nom, masculin, /ɛʁɡo/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Ongle pointu, éperon qui est à la partie postérieure du pied de certains oiseaux. Les ergots d'un coq. Un coq qui monte sur ses ergots. Fig. et familièrement. Se lever, monter sur ses ergots, le prendre sur un ton fier et menaçant. Être sur ses ergots, être d'une humeur fière et impérieuse.
Le P. le Vassor attrapa les poules [des moines], leur coupa le bec et les ergots avec un couperet et les jeta aux moines par-dessus la haie — Saint-Simon (1675-1755)
Cet ergot [l'ergot naissant coupé à un jeune coq], qui n'est pas plus gros qu'un grain de chènevis, quand on l'insère dans la duplicature de la crête coupée, y prend racine et croît en six mois de demi-pouce ; au bout de quatre ans, il devient une corne de trois à quatre pouces de longueur — Charles Bonnet (1720-1793)
Terme de vétérinaire. Tubercule corné, placé en arrière de la région du boulet, chez les mammifères monodactyles et didactyles. L'ergot n'est que la trace des doigts manquant à ces animaux. Terme de vénerie. Ongles de surcroît d'un chien. Par plaisanterie.
Et puis Jupin, chargé de laine, Commençait à manquer d'haleine, Et n'allait plus que d'un gigot, Ayant une épine à l'ergot — Scarron (1610-1660)
Terme de jardinier. Portion de branche morte qui reste sur les arbres fruitiers et qu'on doit retrancher.
Terme de botanique. Ergot de blé, ergot de seigle, corps droit ou courbe et allongé de 1 à 4 centimètres, rarement plus, occupant la place du grain de blé ou de seigle. L'ergot de seigle est formé par une espèce de champignon de l'ordre des tuberculariées, la sphacelidie ergot de M. Fée ; il est très vénéneux.
Le seigle dégénéré ou altéré, et qu'on nomme blé cornu ou ergot, n'est bon qu'à jeter, il cause des maladies funestes,
Terme d'anatomie. Ergot de Morand, petite éminence recourbée qui est dans la cavité digitale des ventricules latéraux du cerveau.
Étymologie : Berry, argot, arigot ; génev. argot ; champ. artot. Origine inconnue. Le mot est très ancien sous la forme d'argot.
Historique : XIIe s. [De morts] En fu si junchée la place, Qu'en sanc i sunt desqu'as argoz XVIe s. Les coqs bataillent du bec et des argots Subtilz renards et grands mangeurs d'images, Pour hault monter, contrefont les bigots, Puis, quand ils sont huchez sur leurs argots, Au monde font de merveilleux dommages
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Espèce de petit ongle pointu, que quelques animaux ont à la patte. Les ergots d’un coq, d’un chien.
Fig., Se dresser sur ses ergots, se tenir sur ses ergots, monter sur ses ergots, Prendre une attitude hautaine et agressive.
Il se dit, par analogie, d’une Petite branche morte d’un arbre fruitier.
Il est aussi le nom d’une Maladie qui attaque le blé, le seigle et qui rend dangereux le pain qu’on fait de ce grain ainsi gâté.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- ergots — pluriel — /ɛʁɡo/
- ergot — singulier — /ɛʁɡo/
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