équipage
nom, masculin, /ekipaʒə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Terme de marine. Ce qui sert à équiper un navire, mais réduit par l'usage à signifier uniquement le personnel de bord pour la manœuvre et le service du vaisseau. Le bâtiment a péri, mais on a sauvé l'équipage. Rôle où sont inscrits tous les hommes embarqués.
Par extension, toutes les choses nécessaires pour certaines entreprises ou opérations. Équipage de chasse. En bon équipage, bien disposé, bien préparé. Équipage de construction, les chariots, chèvres, grues, échafauds, échelles, etc. nécessaires pour construire un édifice. Équipage de roulier, de conducteur, etc. l'ensemble des objets qui servent au roulier pour le transport, d'un lieu à un autre, des marchandises dont il se charge.
Ce seigneur était grand chasseur et avait fait venir au Mans son équipage — Scarron (1610-1660)
Tant à nous voir marcher en si bon équipage, Les plus épouvantés reprenaient de courage — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de mécanique. Équipage de pompe, toutes les pièces qui servent au mouvement d'une pompe.
Ensemble des machines et des outils servant à la construction des divers ouvrages qu'on fabrique dans un atelier. Ensemble de toutes les lames de lisses qui servent au tissage d'une étoffe.
Train, suite de chevaux, de voitures, de valets, etc. Faire l'équipage de quelqu'un, préparer ce qui est nécessaire à un militaire qui va faire campagne. L'équipage de Jean de Paris, un équipage magnifique. Un équipage de bohême, équipage délabré.
Il marche sans suite et sans équipage — Fléchier (1632-1710)
Le vénérable pontife, Innocent XI, chassé de son siége et errant comme l'arche d'Israël de contrée en contrée dans un équipage peu convenable à sa dignité — Massillon (1663-1742)
Équipage de guerre, les fourgons, chevaux, harnais, tentes et autres appareils. Équipage de l'artillerie. Équipage des vivres. Équipage de pont, le matériel nécessaire pour jeter un pont militaire. L'armée avait deux équipages de pont.
On ne concevait pas comment la tête de cette colonne [l'armée française sortant de Moscou] pourrait traîner et soutenir dans une si longue route une aussi lourde masse d'équipages — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Voiture de maître et ce qui en dépend. Avoir équipage, avoir voiture et chevaux. Équipage au lieu de voiture, langage révolutionnaire, dit Mme de Genlis, Mém. t. v, p. 91. Équipage implique toujours voiture et chevaux, et l'on ne dira pas : Montez dans mon équipage.
Un équipage modeste, il est vrai, mais propre et surtout fort commode — Bourdaloue (1632-1704)
Quel est l'égarement de certains particuliers qui, riches du négoce de leur père, se moulent sur les princes pour leur garde-robe et leurs équipages ! — La Bruyère (1645-1696)
Tout ce qu'il faut pour mettre une personne en état de s'acquitter d'un certain office.
Tout ce que la grandeur a de vains équipages — Malherbe (1555-1628)
Elle est prête à partir sans plus grand équipage — Pierre Corneille (1606-1684)
Familièrement. Manière dont une personne est vêtue. Fig. Mettre en piteux équipage, gâter de toute façon.
Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement — La Fontaine (1621-1695)
Qu'est-ce que c'est donc, mon mari, que cet équipage-là ? — Molière (1622-1673)
Étymologie : Équiper (voy. à ÉQUIPER la série des sens).
Historique : XVIe s. Ilz luy aiderent à mettre sus son esquipage pour faire voile Il s'en alla en telle equippage dansant jusques au beau milieu de l'assemblée du peuple J'ay veu qu'ayans mangé à la suitte de ce chef la moitié de nos equipages, la promesse d'une bataille nous faisoit encores partager le reste Il fallut r'envoyer querir equipage nouveau pour faire une seconde batterie Chaires à demis baings avec tout leur equipage
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
T. de Marine — Réunion de ceux qui montent un bâtiment pour en faire le service et la manoeuvre. L’équipage d’un navire marchand, d’un navire de guerre. Le vaisseau a péri, mais on a sauvé l’équipage. Ce vaisseau a six cents hommes d’équipage. Renforcer les équipages. Les hommes, les gens de l’équipage.
Il se dit aussi de Toutes les choses nécessaires pour certaines entreprises ou opérations, pour divers exercices. équipage de guerre. Les équipages de l’armée. équipage de siège. équipage de chasse.
Il se dit souvent, dans un sens plus restreint, de la Voiture de luxe ou de commodité d’un particulier.
Il se disait autrefois du Train, de la suite, chevaux, mulets, carrosses, valets, etc., d’un riche personnage. Les équipages du prince. Un nombreux équipage. Son équipage est parti, est arrivé.
Il se dit quelquefois, familièrement et ironiquement, de la Manière dont une personne est vêtue, de l’aspect général qu’elle présente. Vous voilà dans un bel équipage.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- équipages — pluriel — /ekipaʒə/
- équipage — singulier — /ekipaʒə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée équipage#66920.