équerre

équerre

nom, féminin, /ekɛʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Instrument de mathématique ou de construction, servant à tracer des angles droits. Équerre à épaulement, celle dont une branche est trois fois plus épaisse que l'autre. Double équerre, règle au bout de laquelle s'emboîte une autre règle, de manière à former avec la première deux angles droits. Triple équerre, instrument de gnomonique formé de trois règles. Équerre à onglet, équerre ayant un rebord saillant et épais. Équerre d'arpenteur, instrument de cuivre, à pinnules fendues, pour tracer, sur le terrain, des perpendiculaires à une ligne tracée d'avance et mesurée.

    Notre assassin [un mauvais médecin] renonce à son art inhumain, Et, désormais la règle et l'équerre à la main, Laissant de Galien la science suspecte, De méchant médecin devient bon architecte — Boileau (1636-1711)

  2. Fausse équerre, équerre qui, s'ouvrant et se fermant à charnière, sert, dans plusieurs arts, à mesurer les angles quelconques formés par deux surfaces adjacentes. Fausse équerre, l'angle formé par les faces contiguës d'un bâtiment, d'une pièce de bois, etc. lorsque cet angle n'est pas un angle droit.

  3. Terme d'arts géométriques. Ce qui est à angle droit, ce qui a la forme d'une équerre. Mettre d'équerre. Disposer en équerre.

    Un livre sur tous sens doit se trouver d'équerre, En tête, en queue, au dos, aux mors, à la gouttière — LESNÉ

  4. Pièce de fer plat, en forme de T ou d'L, pour consolider différents assemblages. Terme de serrurerie. Petite pièce qui retient le pêne du demi-tour.

  5. Coude fait à un tuyau de conduite pour l'eau.

  6. Terme d'astronomie. Petite constellation australe.

Étymologie : Wallon, skuer, s. m. ; provenç. escaire, scayre, s. m. ; ital. squadro ; du latin fictif exquadrare, de ex, et quadrare, rendre carré, parce que cet instrument sert à dresser certaines pièces au moyen d'angles droits.

Historique : XIIe s. Li reis cumandad que l'um preist pierres grandes e de gentil grein e de bone quarriere, e que tuz fussent taillié à esquire, pur metre al fundement del temple XIIIe s. ....Sans compas ou sans esquierre XIVe s. L'aloe qui vole par ondées et plie son vol par esquierres XVe s. De geometrie, qui est l'art et science des mesures et des ecquerres, [Charles V] s'entendoit souffisamment et bien le monstroit XVIe s. Nous avons le compas, la reigle, l'escarre, le plomb, le niveau, la sauterelle [fausse équerre] L'angle droict est nommé d'aucuns angle de l'esquierre ; l'ouvert, angle hors d'esqui…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Instrument qui sert à tracer un angle droit et qui est principalement à l’usage des mathématiciens, des géomètres, des charpentiers, des menuisiers, des maçons, etc. Fait à l’équerre. Poser l’équerre. Dresser à l’équerre.

  2. Il se dit aussi de Ce qui est à angle droit, de ce qui a la forme d’une équerre. Ce bâtiment n’est pas d’équerre. Bâti à fausse équerre. Mettre d’équerre. Disposer en équerre.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • équerres — pluriel — /ekɛʁə/
  • équerre — singulier — /ekɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée équerre#66896.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.