épingle
nom, féminin · /epɛ̃ɡlə/
Usage : fréquent (12 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Petite tige métallique pointue munie d'une tête, servant à fixer un tissu.
Elle a fixé l'ourlet avec une épingle.
« J'aime à rêver, mais ne veux pas Qu'à coups d'épingle on me réveille »Jacques Delille (1738-1813)
« Le tout soutenu d'une propreté tirée à quatre épingles »Marivaux (1688-1763)
Bijou en forme de tige que l'on fixe à un vêtement.
Il a fixé une épingle en or sur sa cravate.
« Ah ! que vous êtes adroit, monsieur Dubois ! vous prétendez que, pour mes épingles, je me contente de ce petit surplus »Dancourt (1661-1725)
Virage en forme de U, si serré que la route revient presque en sens inverse, dont le tracé évoque une épingle à cheveux : aborder une épingle en montagne.
La route de montagne enchaîne les épingles jusqu'au col.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : être tiré à quatre épingles · monter en épingle · tirer son épingle du jeu
Grammaire et formes (2)
- épingles : pluriel · /epɛ̃ɡlə/
- épingle : singulier · /epɛ̃ɡlə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 7 sens
s. f.
Petite pointe métallique en fil de laiton garnie d'une tête, dont on se sert généralement pour la toilette. La pointe d'une épingle. Un quarteron d'épingles. S'enfoncer une épingle dans le doigt. Mettre une épingle sur sa manche, afin de se souvenir de quelque chose. Fig. et familièrement. Tirer son épingle du jeu, se dégager adroitement ou sans perte d'une mauvaise affaire ; locution qui vient d'un jeu de petites filles : elles mettent des épingles dans un rond, et, avec une balle qui, lancée contre le mur, revient vers le rond, elles essayent d'en faire sortir les épingles ; quand on fait sortir la mise, on dit qu'on retire son épingle du jeu. Être tiré à quatre épingles, être très paré, très ajusté. Discours tiré à quatre épingles, discours dont le style est affecté, sans naturel. Cela ne vaut pas une épingle, je n'en donnerais pas une épingle, je m'en soucie comme d'une épingle, j'en donnerais le choix pour une épingle ; toutes phrases qui se disent de choses qu'on regarde comme sans importance. On jetterait une épingle qu'elle ne tomberait pas à terre, se dit d'une foule très compacte. Fig. Coups d'épingles, petites offenses, petites contrariétés qu'on inflige à quelqu'un. Conspiration de l'épingle noire, conspiration qui se forma sous la Restauration et dans laquelle les conjurés avaient pris pour signe de ralliement une épingle noire.
Vous tirez sagement votre épingle du jeuMolière (1622-1673)
Je crois que le plus sûr est de ne me point mêler de tout cela et de tirer adroitement mon épingle du jeuDancourt (1661-1725)
Épingle à cheveux, épingle qui autrefois était droite, et qui est maintenant à deux branches ondulées dans le milieu ; elle est noire et sert aux femmes à retenir leurs cheveux.
Bijou, en forme d'épingle, qui se fixe au linge sur la poitrine et sur la cravate. Épingle de diamant.
Au plur. Don ou gratification qu'on accorde à une femme pour quelque service rendu. C'est pour les épingles des filles, se dit de ce qu'on ajoute, en payant une marchandise ou un ouvrage, au prix convenu. Don fait à une femme quand on conclut quelque marché avec son mari. Ce sont les épingles de madame. En quelques provinces, épingles se dit pour arrhes. En Bourgogne, quand on vend du vin, on demande des épingles.
Ah ! que vous êtes adroit, monsieur Dubois ! vous prétendez que, pour mes épingles, je me contente de ce petit surplusDancourt (1661-1725)
Terme de cuisine. Filet de glace qui se forme dans une crème ou dans une autre composition glacée.
Goutte de soudure qui perce dans l'intérieur du tuyau de plomb que l'on soude.
Petit morceau de bois fendu, pour attacher du linge ou des estampes sur une corde.
Étymologie : Champ. éplingue ; picard, épieule, épiule ; génev. épingue ; bas-latin, spindula, spinula ; du latin spinula, petite épine, d'après Diez. Scheler conteste cette étymologie, n'admettant pas l'intercalation d'un g ; l'allemand Spange, agrafe, avec ses diminutifs dialectiques, spangel, spengel, spingel, lui paraissent expliquer plus naturellement la forme épingle. L'ancien français espille et le picard épieule représentent non spinula, mais spiculum.
Historique : XIIIe s. Que nul mestre ne mestresse ne puisse acheter fil cher pour fere espingles, se ce n'est à ceus du dit mestier, sus peine de l'amande XVe s. Humbles furent, coies et simples, Ne sçurent que ce fut d'espingles, Ne d'orgueil ; car humilité Estoit en leur simplicité Un carteron de longues espingles à la façon d'Angleterre Mme d'Estampes prend de pension, pour ses espingles, cinq cens livres Et s'il chiet [tombe] à la dame une espille, il l'amassera, car elle se pourroit affoller ou blecer XVIe s. La moindre picqueure d'esplingue et passion de l'ame Mais, ne pouvant rien contre vent et mar…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens
n. f.
Petite tige de métal (laiton, cuivre, fer, acier, etc.) pointue par un bout, ayant une tête à l’autre. épingle blanche. Tête d’épingle. Pointe d’épingle. Piqûre d’épingle. Attacher avec une épingle. Il s’est enfoncé une épingle dans le doigt.
épingle à cheveux, Fil d’acier, replié par le milieu de manière à former deux branches et qui sert aux femmes à fixer leurs cheveux. épingle d’écaille, Petite fourche en écaille qui sert au même usage.
épingles anglaises ou de nourrice, épingles de sûreté, formées de deux branches dont l’une est terminée par un protège-pointe.
Fig. et fam., Tirer son épingle du jeu, Se dégager adroitement d’une affaire. Il s’était mis dans ce parti, mêlé à une fâcheuse intrigue, mais il a tiré son épingle du jeu.
Fam. et par exagération, Cela ne vaut pas une épingle, je n’en donnerais pas une épingle, se dit d’une Chose de très petite valeur. On dit de même, par indifférence ou par mépris, Je m’en soucie comme d’une épingle. On dit aussi. Ces deux choses se ressemblent tellement que j’en donnerais le choix pour une épingle.
Fam. et par exagération, Une épingle ne tomberait pas par terre, se dit d’un Endroit où la foule est très compacte.
Fam., être tiré à quatre épingles, être ajusté avec un soin extrême, et de manière à paraître craindre de déranger sa toilette.
Fig. et fam., Coups d’épingle, Piqûres d’épingle, Offenses légères, mais souvent répétées, faites à une personne.
Il se dit également d’une Espèce de bijou en forme d’épingle, qui porte souvent, au lieu de tête, quelque petite pierrerie ou quelque autre ornement, et qui sert principalement aux hommes pour fixer leur cravate ou aux femmes pour faire tenir leur chapeau. épingle de diamant. épingle d’or. Faire monter un camée, une médaille en épingle.
Il se disait au pluriel de Dons et gratifications que l’on ajoutait au prix d’un marché, d’un service rendu. Il a fallu payer telle somme et tant pour les épingles.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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