éperon

éperon

nom, masculin, /epəʁɔ̃/

Définitions

  1. Pièce de métal fixée au talon du cavalier pour stimuler sa monture.

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  2. Saillie rocheuse en pointe qui avance sur un relief.

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  3. Locution figurée : obtenir une reconnaissance ou faire ses preuves dans un domaine, souvent après un effort ou une première réussite.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Petite branche de métal qui s'adapte aux talons, et est armée à l'extrémité d'une espèce de roue en étoile dont les pointes servent à exciter le cheval. Anciennement. Chausser les éperons, faire chevalier ; locution qui vient de ce que, en armant le nouveau chevalier, on lui chaussait ses éperons. Familièrement. Gagner ses éperons, se distinguer à sa première affaire ; et fig. bien mériter par ses actes Fig. Cet homme a besoin d'éperon, il a besoin d'être excité, poussé. Il a plus besoin de bride que d'éperon, d'être retenu que d'être poussé. Chausser de près les éperons à quelqu'un, poursuivre de près quelqu'un qui s'enfuit. Les ennemis se retiraient, notre cavalerie leur chaussa les éperons. Locution qui vieillit. Donner un coup d'éperon jusqu'à un certain endroit, y courir, y aller en diligence. Ce cheval n'a ni bouche ni éperon, il a la bouche dure et n'est pas sensible à l'éperon. Et fig. Cet homme n'a ni bouche ni éperon, il est stupide, insensible. Terme de manége. Souffrir l'éperon, se dit d'un cheval peu sensible à cette manière de la conduire. Avoir l'éperon délicat et fin, fuir l'éperon, connaître l'éperon, s'attacher à l'éperon, se manier aisément avec l'éperon, expressions qui toutes désignent un cheval facile à conduire et à stimuler. Journée des éperons, bataille perdue par les Français à Guinegate [1513], ainsi nommée parce que les Français firent plus usage de leurs éperons que de leurs armes ; et la bataille de Courtray [1302], perdue par les Français, ainsi dite à cause de la grande quantité d'éperons que les Flamands vainqueurs prirent sur les chevaliers tués dans la bataille.

    Notre esprit assez souvent n'a pas moins besoin de bride que d'éperon — Boileau (1636-1711)

  2. Par analogie, ergot des coqs.

  3. Ergot que les chiens ont aux jambes de devant.

  4. Terme de botanique. Prolongement postérieur de la base du calice ou de la corolle de certaines fleurs. Terme de jardinage. Branches courtes, droites, parallèles à l'horizon. Éperon de la Vierge ou de chevalier, plante, pied d'alouette (delphinium consolida, L.).

  5. Terme d'anatomie. Petite saillie formée, dans l'intérieur des artères, par leur membrane interne, au niveau de chacune de leurs divisions. Terme d'entomologie. Certaines épines insérées à l'extrémité du tibia de quelques insectes.

  6. Partie de la proue d'un bâtiment terminée en pointe. Aujourd'hui les éperons des vaisseaux cuirassés sont des masses d'acier, à bord tranchant, qui occupent toute la hauteur de la proue.

    L'éperon, qu'on appelait rostrum, était à fleur d'eau ; c'était une poutre qui avançait, munie d'une pointe de cuivre et quelquefois de fer — Rollin (1661-1741)

    Leurs gros vaisseaux, portés sur les rochers des côtes voisines, brisés les uns contre les autres, entr'ouverts dans leurs flancs par les éperons des galères athéniennes, couvraient la mer de leurs débris — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  7. Terme de guerre. Fortification en angle saillant, qui se fait au milieu des courtines, sur les bords des rivières, etc. pour garantir une place.

  8. Tout ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l'eau. Terme de marine. Pointe de rocher qui rompt les lames à l'entrée d'un havre. Ouvrage de maçonnerie terminé en pointe et servant d'appui à un bâtiment, à une muraille. Terme de géologie. Saillie brusque que présente le contre-fort d'une chaîne de montagnes.

    Une assez haute portion de tour gothique avec l'éperon qui la soutient — Diderot (1713-1784)

  9. Fig. et familièrement. Rides qui se forment au coin de l'œil des vieillards.

  10. Terme d'eaux et forêts. Instrument pour repiquer en glands les clairières des bois.

  11. Anciennement, couper les éperons, dégrader un chevalier.

  12. Ordre de l'Éperon, ordre institué en 1266 par le roi de Naples. Ordre de l'Éperon d'or, ordre institué en 1559 à Rome par les papes, pour récompenser le mérite civil.

Étymologie : Wallon, sporon ; provenç. espero ; espagn. esperon, espolon ; portug. espora, esporão ; ital. sperone, sprone ; de l'anc. h. -allem. sporo au nominatif, sporon à l'accusatif ; gaélique, spor. Le radical spor tient peut-être au sanscrit sphar, agiter.

Historique : XIe s. Esperuns d'or [il] ad en ses piez fermez XIIe s. Et [il] li chaussa son premier esperon XIIIe s. Li Barrois le saisit par le col, et feri cheval des esporons, et le traist par force de bras des archons Se j'estoie montés sor mon ceval et le feroie [piquais] des esperons parmi enfans ou par presse de gent XVe s. Monterent à cheval, et au fraper des esperons entrerent en la ville de Courtray ; car il n'y avoit deffense, nul contredit XVIe s. Je ne pouvois fournir de rennes [rênes] pour les premiers ; ces derniers ont usé mes esperons Ils poursuivirent leur victoire en tuant jusques dans l…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Petite branche de fer ou d’autre métal, qui s’adapte aux talons, dont la pointe ou les pointes servent à piquer le cheval afin de modifier son mouvement. Branche d’éperon. Molette d’éperon. Ce cheval est tendre, est sensible à l’éperon. Dur à l’éperon. Enfoncer l’éperon. Donner de l’éperon. Chausser les éperons. Déchausser les éperons.

  2. Gagner ses éperons, Faire ses premières armes avec distinction. Cela se dit, au propre, des anciens chevaliers; et on le dit au figuré de Quelqu’un qui a bien mérité, qui justifie d’une manière brillante les avantages, les récompenses qu’il obtient.

  3. Fig., Ce cheval n’a ni bouche ni éperon. Voyez

  4. BOUCHE.

  5. Fig. et fam., N’avoir ni bouche ni éperon. Voyez

  6. BOUCHE.

  7. Fig. et fam., Il a plus besoin de bride que d’éperon. Voyez

  8. BRIDE.

  9. Par analogie, on donne souvent, dans la longue didactique, le nom d’éperon à ce qui en rappelle la forme, par exemple à l’Ergot que certains animaux, tels que les coqs, ont derrière la patte vers le bas, et que les chiens ont derrière les pattes de devant; à la Pointe d’acier dont on arme le coq de combat; à cette Partie de la proue d’un bâtiment qui se termine en pointe et qui a plus ou moins de saillie en avant. L’éperon supportait la figure qui donnait son nom au vaisseau. L’éperon des galères antiques était armé de fer; à une Sorte de fortification en angle saillant, qu’on élève, ou au milieu des courtines, ou au-devant des portes, pour les défendre; à Tout ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l’eau, devant les piles des ponts, ou sur les bords des rivières; à Certains ouvrages de maçonnerie terminés en pointe, faits en dehors d’un bâtiment ou d’une muraille, pour les soutenir; en termes de Botanique, à une Pointe, à un prolongement en cornet, que l’on remarque à la base du calice, de la corolle ou des pétales de certaines fleurs. La fleur de la linaire, du pied d’alouette est terminée en éperon. Le calice de la capucine, les pétales de la violette ont un éperon. Il se dit aussi, en termes de Topographie, de la Partie d’un contrefort, d’une chaîne de collines ou de montagnes qui se termine en pointe.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • éperons — pluriel — /epəʁɔ̃/
  • éperon — singulier — /epəʁɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée éperon#66635.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.