épée
nom, féminin, /epe/
Définitions
Arme blanche formée d'une longue lame droite fixée à une poignée.
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Discipline sportive de l'escrime qui se pratique avec cette arme.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (22 sens)
Littré (1873)
s. f.
Chez les anciens, arme offensive semblable à un sabre droit, dont on frappait l'adversaire ; chez les modernes, arme offensive longue et aiguë que l'on porte suspendue au côté. Longue, courte épée. Se battre en duel à l'épée. Épée de Damoclès, voy. DAMOCLÈS. Il est brave comme son épée, se dit d'un homme très brave. Avoir l'épée sur la gorge, être saisi et menacé d'être tué ; et fig. Être vivement pressé. Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur, se disputer de choses qui ne sont pas en la puissance de ceux qui se les disputent. Un coup d'épée, un coup donné avec l'épée. Faire deux coups d'épée, s'est dit d'un échange de quelques bottes, d'un duel sans acharnement. Il a fait un beau coup d'épée, se dit ironiquement d'un homme qui a fait quelque sottise. Familièrement. Un coup d'épée dans l'eau, un effort sans résultat. Poursuivre, presser l'épée dans les reins, presser vivement à la guerre, dans une affaire, dans une discussion. Emporter une chose à la pointe de l'épée, l'obtenir par la voie des armes ; et fig. avec effort, de vive force. Poser l'épée, cesser la guerre. Rendre son épée, se déclarer vaincu, céder. Rendre l'épée à un officier, la remettre entre les mains d'un officier qui l'avait déposée pour passer en jugement et qui est honorablement acquitté. On lui a demandé son épée, on l'a arrêté (en parlant d'un officier). Briser son épée, quitter le service. Mettre son épée au service de l'étranger, prendre du service dans une armée étrangère. Fig. Se blesser de son épée, se faire du mal en voulant en faire aux autres. N'avoir que la cape et l'épée, se disait autrefois d'un gentilhomme, d'un cadet, qui n'avait point de fortune. Fig. Cela n'a que la cape et l'épée, ce mérite n'a que la cape et l'épée, cela est de peu de valeur, ce mérite est léger. Son épée ne tient pas dans le fourreau, au fourreau, se dit d'un homme toujours prêt à se battre. Son épée est trop courte, se dit de celui qui ne peut obtenir ce qu'il prétend, faute de force ou de crédit. Son épée est vierge, se dit de celui qui ne s'est jamais battu. Ils en sont aux épées et aux couteaux, ils sont en grande querelle. Traîneur d'épée, batteur de pavé qui porte une épée et ne va pas à la guerre. Chevalier de la petite épée, filou. Se faire blanc de son épée, voy. BLANC 1, avec l'explication qui montre qu'il ne faut pas dire, comme on dit quelquefois, faire blanc de son épée. Mettre, faire passer quelque chose du côté de l'épée, mettre quelque profit, quelques fonds à couvert, en réserve. Il se dit souvent, en mauvaise part, de quelque profit illicite, ou de quelque bien qu'on soustrait à ceux qui y auraient droit. Il abandonne ses biens à ses créanciers, mais il a mis quelque chose du côté de l'épée. Mourir d'une belle épée, d'une vilaine épée, éprouver un revers, quelque accident par une belle, par une vilaine cause, succomber sous un adversaire considérable ou sans considération. Se laisser dire quelque chose d'injurieux l'épée au côté, souffrir une injure sans rien dire.
[Il] met l'épée à la main, tourne le reste en fuite — Pierre Corneille (1606-1684)
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs épées — Pierre Corneille (1606-1684)
Épée de chevet, épée qu'on mettait sous son chevet pour se défendre en cas d'attaque nocturne. Fig. Épée de chevet, personne sur laquelle on compte, chose dont on fait un usage continuel. Épée à deux mains, épée à lame très longue et très forte dont on se servait au moyen âge. Épée d'État, glaive qui se porte devant les souverains d'Angleterre dans les cérémonies. Épée flamboyante, épée dont la lame semble jeter des flammes. Un ange armé d'une épée flamboyante. Terme de blason. Épée haute, épée dont la pointe est tournée vers le haut de l'écu. Épée garnie, épée dont la garde et le pommeau sont d'un autre émail que la lame.
Toujours parler d'argent ! voilà leur épée de chevet — Molière (1622-1673)
Plat d'épée, ou de l'épée, la partie plate de la lame. Donner des coups de plat d'épée.
L'état militaire. Les gens d'épée, les militaires.
À la fin j'ai quitté la robe pour l'épée — Pierre Corneille (1606-1684)
À son retour en France, il quitta l'épée et se mit dans l'état ecclésiastique, non point par ambition, mais par goût et pour jouir d'une vie paisible et réglée — Abbé d'Olivet (1682-1768)
Fig. Vaillance à la guerre. Il ne doit son élévation qu'à son épée.
Une noblesse fière aimait à soutenir ses droits par son épée.... — Montesquieu (1689-1755)
Celui qui est l'arme offensive, celui qui porte la guerre.
Qui fut tantôt le bouclier, et tantôt l'épée de son pays — Fléchier (1632-1710)
Une bonne épée, un bon tireur, un homme qui se bat bravement.
C'était la plus rude épée de France — Antoine Hamilton (1646-1720)
Nœud d'épée, nœud de rubans dont les hommes en habit de parure garnissaient autrefois la garde de leur épée.
Terme d'escrime. Le fort de l'épée, la partie de la lame la plus proche de la garde. Le mi-fort de l'épée, le milieu de la lame. Le faible de l'épée, l'extrémité de la lame.
Terme de manége. La main de l'épée, se disait de la main droite. Épée ou épée romaine, marque en forme d'épi, qui vient sur l'encolure de certains chevaux, près de la crinière.
Terme de cordier. Morceau de bois en forme de coutelas qui sert à battre la sangle. Grande alêne de bourrelier.
Chacun des deux montants d'un avant-train de charrue.
Terme de pêche. Instrument qui sert à prendre les poissons en les piquant, et qui a du rapport avec la foine.
Épée de mer, espadon, scie de mer, espèce de dauphin.
Terme d'alchimie. Épée des philosophes, le feu.
Étymologie : Provenç. espaza, espada ; catal. espasa ; espagn. et port. espada ; ital. spada ; du latin spatha, large épée, ainsi dite par assimilation avec spatha, outil de tisserand. Cependant, comme le celtique a spad, bêche (irland. et angl. spade), et spadaim, abattre, tuer. et que Diodore, v, 30, dit que spatha est le nom d'une longue épée des Gaulois, certains étymologistes ont pensé que spatha, dans le sens d'épée, était celtique, et ne s'était trouvé que par hasard conforme avec le latin spatha, outil de tisserand.
Historique : Xe s. Ad une spede [il] li roveret [commanda] tolir lo chief [tête] XIe s. [Il] ceint Murglies s'espée à son costed Quant le vit Guenes, mist la main à l'espée XIIe s. Car nos espées bones sont et tranchant Fous, fait-il, tuz dis fustes et estes, et serez, Quant vus l'espée traite de sur le rei venez ; S'il trait sur vus la sue, coment vus defendrez ? Cos [coup] d'espée garist et sainne Mult tost, des que mires [le médecin] i painne ; Et la plaie d'amors anpire, Quant ele est plus pres de son mire XIIIe s. Deus espées sunt, par lesqueles toz li pueples doit estre governés esperituelment et tem…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Arme offensive et défensive composée d’une lame affilée et d’une poignée et que les officiers portent au côté dans un fourreau. Longue épée. épée de combat. La garde, la pointe, la lame, le fil, le plat d’une épée. Se battre à l’épée. Mettre une épée à son côté. Mettre l’épée à la main. Mettre l’épée au vent. Tirer l’épée. Recevoir des coups de plat d’épée. Remettre l’épée dans le fourreau, au fourreau. Il lui donna de l’épée dans le ventre. Il lui passa son épée au travers du corps. Il lui enfonca l’épée jusqu’à la garde. Un grand coup d’épée. Un beau coup d’épée. Il le poursuivit l’épée dans les reins.
Fig., L’épée de Damoclès, Un péril imminent, de tous les instants, par allusion à l’épée nue que Denys le Tyran fit suspendre sur la tête d’un de ses courtisans, Damoclès, placé sur le siège royal à un festin.
Fig., Poursuivre, presser quelqu’un l’épée dans les reins, Le presser vivement de conclure, d’achever une affaire; ou Le presser, dans la dispute, par de si fortes raisons qu’il ne sait que répondre.
Fig., Emporter une chose à la pointe de l’épée, L’emporter d’une façon vive, rapide et brillante.
Fig. et fam., N’avoir que la cape et l’épée. Homme de cape et d’épée. Roman de cape et d’épée. Voyez
CAPE.
Fig. et fam., Il a fait un beau coup d’épée, se dit ironiquement de Quelqu’un qui a fait une sottise remarquable.
Fig., C’est un coup d’épée dans l’eau. Voyez
COUP.
Fig., C’est une bonne, une rude épée, il est brave comme l’épée qu’il porte, brave comme son épée, C’est un homme qui manie bien l’épée, qui se bat vaillamment.
Fig. et fam., Son épée ne tient pas au fourreau, se dit d’un Homme querelleur qui est toujours prêt à mettre l’épée à la main.
Fig., Se faire blanc de son épée, Se prévaloir de son courage, de son crédit, etc., pour garantir le succès d’une affaire. Par extension et corruption, on dit aujourd’hui dans un sens différent Faire blanc de son épée pour Témoigner trop d’assurance, promettre, garantir ce qu’on n’est pas certain de faire.
Prov. et fig., L’épée use le fourreau. Voyez
FOURREAU.
Tirer l’épée hors du fourreau. Voyez
FOURREAU.
Fig., C’est son épée de chevet. Voyez
CHEVET.
Prov., à vaillant homme courte épée, Quand on est courageux, toute arme est bonne pour se défendre.
Fig., Son épée est trop courte, Son crédit, son autorité ne s’étend pas loin.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- épées — pluriel — /epe/
- épée — singulier — /epe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée épée#66881.