épargné · épargne

épargné

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Mis en réserve par l'économie. Une somme importante épargnée peu à peu.

    Il fit à la reine des funérailles très magnifiques où rien ne fut épargné — Rollin (1661-1741)

  2. À qui on a fait grâce.

    Oui, jusqu'à ce moment le traître est épargné — Voltaire (1694-1778)

    Marius épargné par le Cimbre qui ne peut se résoudre à tuer ce grand homme — Mme de Staël (1766-1817)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • épargnées — pluriel féminin
  • épargnés — pluriel masculin
  • épargnée — singulier féminin
  • épargné — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée épargné#101755.

épargne

nom, féminin, /epaʁɲə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Administration des dépenses telle qu'elles soient moindres que les recettes. Il a amassé de grands biens par son épargne. L'épargne de bouche, la diminution de dépense sur la nourriture. Aller à l'épargne, chercher à épargner. Fig. Il va à l'épargne des mots, il affecte de la concision dans son style.

    L'épargne est nécessaire à qui veut s'agrandir — Thomas Corneille (1625-1709)

    Peut-on rien voir de plus cruel que cette rigoureuse épargne qu'on exerce sur nous, que cette sécheresse étrange où l'on nous fait languir ? — Molière (1622-1673)

  2. La somme même que l'on a économisée. Les épargnes des domestiques. Terme d'économie politique. Portion des produits qui est réservée pour être employée à la production. Caisse d'épargne et de prévoyance, ou, simplement, caisse d'épargne, établissement de bienfaisance où les plus petites sommes sont reçues et portent intérêt, à partir d'un franc.

    Il n'est point difficile de sentir que toute épargne dans la main d'œuvre, loin de diminuer les moyens de travail pour le peuple, tend au contraire à multiplier ces moyens mêmes, en augmentant pour tous les hommes la masse des objets de consommation, et par conséquent celle de leurs jouissances et de leurs richesses — Condorcet (1743-1794)

    C'est l'accumulation des épargnes qui forme les capitaux — J. B. SAY

  3. Ancien nom du trésor royal. Il s'est dit, par extension, dans l'ancien langage élevé ou poétique, du trésor de tout souverain.

    Quelques officiers qui sont au trésor royal ont été à même temps et officiers de l'épargne et officiers du trésor royal, parce que, lors de leur premier établissement, on disait l'épargne, et aujourd'hui l'on dit le trésor royal — Vaugelas (1585-1650)

    Mon épargne [c'est Auguste qui parle] depuis en sa faveur ouverte — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Fig. Il se dit de tout ce qu'on économise comme on fait pour l'argent. L'épargne du temps.

    La nature est d'une épargne extraordinaire.... cette épargne néanmoins s'accorde avec une magnificence surprenante — Fontenelle (1657-1757)

    Médecin n'employant qu'avec une sage épargne les ressources de l'art, et n'ajoutant qu'à regret aux dangers et aux douleurs de la maladie les dangers et l'incommodité des remèdes — Condorcet (1743-1794)

  5. Poire d'épargne, ou, simplement, épargne, sorte de poire, dite aussi beauprésent, belle cueillette, qui vient de bonne heure et est juteuse.

  6. Terme de gravure. Taille d'épargne, taille en épargne, sorte de taille qui se fait lorsque, enlevant le fond, les traits qui doivent paraître sont ceux qu'on épargne, qu'on laisse en relief.

  7. Terme de doreur. Mélange de blanc d'Espagne, de sucre et de gomme, dont on couvre les parties qui doivent être brunies.

Étymologie : Voy. ÉPARGNER.

Historique : XIIIe s. Maint ribaus.... despendent en la taverne Tout lor gaaing et lor espergne, Puis revont porter les fardiaus XVe s. 3. Comme qui en compassion n'avoient donné espargne à nulluy, que justement de nulluy ne devoient recevoir ni pitié ni merci XVIe s. Duquel pasté ayant mangé deux ou trois leçhes à l'espargne [parcimonieusement] avec ceux qui dinerent quand lui Il estoit malcontent de l'estroitte espargne de son pere Il se trouva tant d'or et tant d'argent ès coffres de l'espargne [trésor public] qu'il suffit à tous autres affaires

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. économie dans la dépense. Il a amassé une petite aisance par son épargne.

  2. Il se dit de la Chose même qu’on a épargnée, économisée. Son épargne monte à tant cette année. L’épargne française.

  3. La petite épargne, L’ensemble des économies faites par les petites gens. Cet emprunt a été couvert par la petite épargne. Ce désastre financier a surtout atteint la petite épargne.

  4. Caisse d’épargne et de prévoyance, ou simplement Caisse d’épargne, établissement public où les particuliers peuvent déposer des sommes modiques, pour en retirer un intérêt.

  5. Il se dit aussi en parlant du Temps et de toute autre chose qu’on ménage. L’épargne des forces. Il n’y a pas de plus utile épargne que celle du temps. On dit plus souvent aujourd’hui ÉCONOMIE.

  6. Il se dit, en parlant des OEuvres d’art, d’un Espace réservé en blanc. Gravure en épargne.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • épargnes — pluriel — /epaʁɲə/
  • épargne — singulier — /epaʁɲə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée épargne#66594.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.