envoler (s') · envoler (s’)

envoler (s')

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873)

v. réfl.

  1. Partir en volant. Les perdrix se sont envolées trop tôt. Avec ellipse du pronom personnel. Le moindre bruit fera envoler cet oiseau. Familièrement. Il n'y a plus que le nid, les oiseaux se sont envolés, se dit lorsque certaines personnes, s'étant retirées dans un endroit où l'on espérait les surprendre, ne s'y trouvent plus. On dit aussi plus brièvement : Les oiseaux se sont envolés, ou sont envolés. Fig.

    [L'honneur] S'en va trouver sa sœur [l'Équité], et dès ce même jour Avec elle s'envole au céleste séjour — Boileau (1636-1711)

    L'aigle des légions que je retiens encore Demande à s'envoler vers les mers du Bosphore — Voltaire (1694-1778)

  2. Par extension, il se dit des choses légères que le vent emporte. Tous les papiers s'envolèrent par la chambre aussitôt que la fenêtre fut ouverte.

  3. L'âme s'envole, se dit pour exprimer que l'on meurt. L'âme s'envole, se dit aussi d'une personne dont le cœur suit quelqu'un.

    La nuit assiégea ses prunelles, Et son âme étendant les ailes Fut toute prête à s'envoler — Malherbe (1555-1628)

    Sa lumière s'éteint et son âme s'envole — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Disparaître, s'effacer, s'écouler. Le temps, l'occasion s'envole, c'est-à-dire passe rapidement. Familièrement. Notre déjeuner s'est envolé.

    On fait beaucoup de bruit et puis on se console ; Sur les ailes du temps la tristesse s'envole — La Fontaine (1621-1695)

    L'Alcyon fuit devant Éole, Éole le fuit à son tour ; Mais, sitôt que l'amour s'envole, Il ne connaît plus de retour — Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)

Étymologie : En 2, et voler, v. n. On voit que envoler a quelquefois un sens actif, ce qui fait comprendre comment voler a pris le sens de dérober, en latin furari.

Historique : XIIIe s. Atant bati ses ailes et s'en vola Les dous deduiz, les dous besiers, Et les très douces acolées, Qui s'en ierent sitost volées XIVe s. Et ainsi comme il s'envola, Tous li beaux arbrisseaux crola, Si qu'adonc la froide rousée Est seur mon visage avalée XVIe s. Helas ! tu es trop belle, et tu dois prendre garde Qu'un Dieu si grand tresor ne puisse desirer, Qu'il ne t'envole au ciel pour la terre empirer Des dames sans retour s'envole la beauté Puis la mort vient qui nous en-vole

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ENVOLER (S').

envoler (s’)

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (4 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

v. pron.

  1. Prendre son vol, quitter un lieu en volant. Les oiseaux étaient déjà drus, ils se sont envolés. Une mouche qui s’envole. Le moindre bruit fait envoler les moineaux.

  2. Il se dit quelquefois, par analogie, des Choses légères que le vent emporte. La fenêtre s’ouvrit brusquement, et tous les papiers s’envolèrent par la chambre.

  3. Fig., Il n’y a plus que le nid, les oiseaux s’en sont envolés, les oiseaux sont envolés se dit lorsqu’on cherche une personne ou une chose dans un endroit où elle n’est plus.

  4. Fig., Le temps s’envole, l’occasion s’envole, Le temps, l’occasion passe rapidement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée ENVOLER (S’).

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.