envers
nom, masculin · /ɑ̃vɛʁ/
Usage : fréquent (17 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Côté caché d'une chose, opposé à celui destiné à être vu : l'envers d'un tissu, d'une médaille.
L'envers de ce tissu est plus rugueux que l'endroit.
« Le docteur, l'ayant regardé depuis la tête jusqu'aux pieds, lui dit pour toute raison : Prenez garde, monsieur de la Fontaine, vous avez mis un de vos bas à l'envers ; et cela était vrai, en effet »Abbé d'Olivet (1682-1768)
« On a dit de la traduction qu'elle était comme l'envers de la tapisserie, cela suppose une industrie bien grossière et bien maladroite »Marmontel (1723-1799)
Aspect peu reluisant ou opposé d'une situation, par extension : l'envers du décor.
Ce film dévoile l'envers de la vie d'artiste.
Synonyme : revers.
« Voilà l'envers tout juste de ce que nous pensons »Mme de Sévigné (1626-1696)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : envers et contre tout · l'envers du décor
Grammaire et formes (1)
- envers : forme de base · /ɑ̃vɛʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 2 · 5 sens
s. m.
Le côté opposé à l'endroit, le côté qui ne doit pas être exposé à la vue. L'envers de cette étoffe est presque aussi beau que l'endroit. Étoffe à deux envers, étoffe qui n'a ni envers ni endroit. On dit plus souvent aujourd'hui qu'une étoffe n'a pas d'envers. Fig. Gens à deux envers, gens doubles et trompeurs.
On a dit de la traduction qu'elle était comme l'envers de la tapisserie, cela suppose une industrie bien grossière et bien maladroiteMarmontel (1723-1799)
Serges de Beauvais à poil et à deux envers,
L'envers d'une feuille d'arbre, le côté qui regarde le sol. Faire voir la feuille à l'envers, voy. FEUILLE.
Fig. Le contraire.
Vous serez toujours.... Un envers du bon sens, un jugement à gaucheMolière (1622-1673)
Voilà l'envers tout juste de ce que nous pensonsMme de Sévigné (1626-1696)
A l'envers, loc. adv. qui se dit lorsque l'envers se met ou se prend par erreur pour l'endroit. Mettre son manteau, sa chemise à l'envers. Relais à l'envers, voy. RELAIS.
Le docteur, l'ayant regardé depuis la tête jusqu'aux pieds, lui dit pour toute raison : Prenez garde, monsieur de la Fontaine, vous avez mis un de vos bas à l'envers ; et cela était vrai, en effetAbbé d'Olivet (1682-1768)
Ce qui était dessus, le fripier le met à l'enversMontesquieu (1689-1755)
Fig. Dans un état de désordre et de ruine. Ses affaires sont à l'envers. Avoir la tête, la raison à l'envers, être tout à fait étranger au bon sens, à la raison.
En vain contre le roi vous opposez vos armes ; Sa majesté brillante avec de si doux charmes Peut mettre en un moment vos desseins à l'enversPierre Corneille (1606-1684)
Pour te peindre ce grand revers Qui trompa notre espoir frivole Et mit nos projets à l'enversChaulieu (1639-1720)
Étymologie : Lat. inversus, retourné, de in, et versus, tourné (voy. VERSION).
Historique : XIe s. L'un gist sur l'autre et envers et adenz [sur le dos et sur les dents] XIIIe s. .... Que nus ne puisse fere cote ne gambaison de tele [toile] dont l'envers et l'endroit ne soit de tele noeve, et dedenz de coton et de plois de toiles Si ont chanté salmes et vers Moult hautement à deus envers, Les antiennes moult noblement XIVe s. Son jacque [jaquette] qui estoit de clochettes garnis, [il lui] Fist tantost despoillier, et puis fu revestis à l'envers, à la fin qu'il ne fust pas choisis [reconnu] XVe s. Et en disant ceste parole, il cheut à l'envers [Charles VIII] XVIe s. Bref on y fait tan…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
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