envers

envers

adjectif

Grammaire et formes (1)
  • envers — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée envers#135377.

envers

préposition, /ɑ̃vɛʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

prép.

  1. À l'égard de, pour. Compatissant envers les pauvres. Ingrat envers ses bienfaiteurs.

    Il est bon d'être charitable ; Mais envers qui ? c'est là le point — La Fontaine (1621-1695)

    L'humanité envers les peuples est le premier devoir des grands — Massillon (1663-1742)

  2. Auprès de. Cet emploi d'envers vieillit.

    Je perdrai mon crédit envers sa majesté — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je vois qu'envers mon frère on tâche à me noircir — Molière (1622-1673)

  3. Envers et contre tous, loc. adv. qui terminait les formules des anciens serments de foi et hommage, et qui signifiait contre tout le monde. Par extension.

    Je serai défendu par elle [la cabale] envers et contre tous — Molière (1622-1673)

    Dispose de ma griffe et sois en assurance ; Envers et contre tous je te protégerai — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : En 1, et vers, prépos. (voy. ce mot) ; wallon, ivier', èvier' ; picard, à mn'envers, à mon égard ; provenç. enves ; ital. inverso. Le sens propre est du côté de, en allant vers.

Historique : XIe s. E qui dreit jugement refuserad seit forfait envers celi ki dreit ço est à aveir Envers le rei s'est Guenes aprismet [approché] XIIe s. Envers Espaigne [il] a son cheval torné Droites lor lances [ils] portent envers le ciel Car je ne sui si forz ne si hardiz, Qu'envers amor [je] me peüsse contendre [avoir querelle] Pleüst à Dieu qu'amor feïst ainsi Envers tous ceus qui en lui ont fiance ! Puis lui dites coment Guiteclins de Sassogne envers nous entreprent Felenie n'ad en mei, ne crime envers tei XIIIe s. [Je] Vous defens qu'envers moi n'aiez pensée amere XVe s. Trop estoit noble femme en…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

préposition

  1. à l’égard de. Charitable envers les pauvres. Pieux envers Dieu. Ingrat envers son bienfaiteur. Traître envers sa patrie.

  2. Il signifiait aussi En face de. Il n’est plus employé dans ce sens que dans les locutions Servir, aider, défendre quelqu’un ou soutenir quelque chose envers et contre tous.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • envers — forme de base — /ɑ̃vɛʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée envers#25572.

envers

nom, masculin, /ɑ̃vɛʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Le côté opposé à l'endroit, le côté qui ne doit pas être exposé à la vue. L'envers de cette étoffe est presque aussi beau que l'endroit. Étoffe à deux envers, étoffe qui n'a ni envers ni endroit. On dit plus souvent aujourd'hui qu'une étoffe n'a pas d'envers. Fig. Gens à deux envers, gens doubles et trompeurs.

    On a dit de la traduction qu'elle était comme l'envers de la tapisserie, cela suppose une industrie bien grossière et bien maladroite — Marmontel (1723-1799)

    Serges de Beauvais à poil et à deux envers,

  2. L'envers d'une feuille d'arbre, le côté qui regarde le sol. Faire voir la feuille à l'envers, voy. FEUILLE.

  3. Fig. Le contraire.

    Vous serez toujours.... Un envers du bon sens, un jugement à gauche — Molière (1622-1673)

    Voilà l'envers tout juste de ce que nous pensons — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. A l'envers, loc. adv. qui se dit lorsque l'envers se met ou se prend par erreur pour l'endroit. Mettre son manteau, sa chemise à l'envers. Relais à l'envers, voy. RELAIS.

    Le docteur, l'ayant regardé depuis la tête jusqu'aux pieds, lui dit pour toute raison : Prenez garde, monsieur de la Fontaine, vous avez mis un de vos bas à l'envers ; et cela était vrai, en effet — Abbé d'Olivet (1682-1768)

    Ce qui était dessus, le fripier le met à l'envers — Montesquieu (1689-1755)

  5. Fig. Dans un état de désordre et de ruine. Ses affaires sont à l'envers. Avoir la tête, la raison à l'envers, être tout à fait étranger au bon sens, à la raison.

    En vain contre le roi vous opposez vos armes ; Sa majesté brillante avec de si doux charmes Peut mettre en un moment vos desseins à l'envers — Pierre Corneille (1606-1684)

    Pour te peindre ce grand revers Qui trompa notre espoir frivole Et mit nos projets à l'envers — Chaulieu (1639-1720)

Étymologie : Lat. inversus, retourné, de in, et versus, tourné (voy. VERSION).

Historique : XIe s. L'un gist sur l'autre et envers et adenz [sur le dos et sur les dents] XIIIe s. .... Que nus ne puisse fere cote ne gambaison de tele [toile] dont l'envers et l'endroit ne soit de tele noeve, et dedenz de coton et de plois de toiles Si ont chanté salmes et vers Moult hautement à deus envers, Les antiennes moult noblement XIVe s. Son jacque [jaquette] qui estoit de clochettes garnis, [il lui] Fist tantost despoillier, et puis fu revestis à l'envers, à la fin qu'il ne fust pas choisis [reconnu] XVe s. Et en disant ceste parole, il cheut à l'envers [Charles VIII] XVIe s. Bref on y fait tan…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (1)
  • envers — forme de base — /ɑ̃vɛʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée envers#25571.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.